
- Quand planter des bulbes selon la saison de floraison
- Les printaniers, racinage avant les gels
- Les gélifs, après le redoux mesuré
- Les automnaux, fenêtre étroite d'août
- À quelle profondeur planter un bulbe
- La règle universelle
- Sol lourd ou sol sableux, ajustement par tiers
- En pot, profondeur réduite d'un tiers
- Dans quel sens planter un bulbe
- Les exceptions à connaître
- En cas de doute, planter de côté
- Bulbe, corme, tubercule, rhizome : reconnaître chaque organe
- Le bulbe vrai, écailles charnues sur plateau
- Le corme, tige condensée homogène
- Le tubercule, réserve sans plateau
- Le rhizome, tige rampante horizontale
- Préparer le sol et drainer pour éviter la pourriture
- Exposition lumineuse, plein soleil par défaut
- Engrais bulbes, pas d'azote dominant
- Densité au m² et distance entre bulbes par espèce
- Petits bulbes, plantation en tapis
- Bulbes moyens, équilibre lisible
- Grands bulbes, espacement aéré
- Tubercules estivaux, place pour le développement
- Bulbes gélifs : pourquoi attendre les Saints de glace
- Le dahlia, démarrage en intérieur dès mars
- Le glaïeul, plantation échelonnée
- Le bégonia tubéreux, démarrage humide
- Pourquoi vos bulbes ne refleurissent pas année 2
- Le mécanisme de la photosynthèse de réserves
- La durée et la couleur du feuillage
- Les hybrides Triomphe, épuisables par construction
- Naturaliser des bulbes en pelouse : narcisses et crocus
- Choisir les espèces botaniques
- Plantation aléatoire, jet à la volée
- Tonte différée de huit semaines
- Vivacité sur dix ans, sans engrais
- Bulbes en pot : profondeur, lasagne, drainage
- Profondeur en pot, ajustement par tiers
- La méthode lasagne, trois étages dans un pot
- Drainage non négociable
- Stocker des bulbes avant plantation : 5 à 10 °C, sec, ventilé
- Reconnaître un bulbe sain à conserver
- Conditionnement en cagette ouverte
- Cas spécial du tubercule de dahlia
- Lire un sachet de bulbes en jardinerie
- Mulots et campagnols : protéger ou choisir des espèces évitées
- Espèces sensibles à protéger
- Espèces répulsives par chimie
- Le panier grillagé, méthode mécanique
- La fritillaire impériale, protection par odeur
- Questions fréquentes
Un bulbe se plante à deux ou trois fois sa hauteur, pointe vers le haut, sur un lit drainant. Cette règle universelle, validée par la Royal Horticultural Society, couvre 95 % des bulbes vendus en jardinerie française1. Une tulipe (Tulipa) de 5 cm descend à 10 à 15 cm, plantée entre et , avant les premiers gels durables. Un dahlia (Dahlia), gélif, attend la mi-mai et 10 °C de sol mesurés à 10 cm de profondeur2.
Le bulbe est, en jardinerie française, le terme générique pour quatre organes botaniquement distincts : bulbe vrai, corme, tubercule, rhizome. Cette distinction, et la dizaine de règles physiologiques qui l'accompagnent, structure l'article. Aucun rite mystérieux, aucune lune favorable : de la physiologie, un thermomètre de sol, et un plantoir gradué.
Quand planter des bulbes selon la saison de floraison
Les printaniers se plantent à l'automne, les estivaux gélifs au printemps. Concrètement, tulipes, narcisses, jacinthes, crocus et muscaris descendent en terre entre et , six à dix semaines avant les gels permanents1. Dahlias, glaïeuls et bégonias tubéreux, eux, attendent que le sol dépasse 10 °C à 10 cm, soit la mi-mai en France métropolitaine2.
Les printaniers, racinage avant les gels
Tulipe, narcisse, jacinthe et crocus exigent une période de froid à 4-9 °C pendant 8 à 13 semaines pour fleurir : c'est la vernalisation4. Plantés en septembre, ils enracinent avant le gel ; plantés en janvier, ils fleurissent court et rabougri. La fenêtre optimale française tient en deux mois, octobre et novembre, où le sol reste meuble et frais.
Les gélifs, après le redoux mesuré
Dahlias, glaïeuls et bégonias gardent leur dormance tant que le sol reste froid. Sous 8 °C, ils pourrissent ; à 10-12 °C, ils démarrent en deux semaines. La règle française du , héritée des Saints de glace, n'est pas folklorique : elle correspond à la dernière probabilité statistique de gelée tardive en plaine, plus un délai de chauffage du sol — voir aussi que planter en mai pour le calendrier complet du mois.
Les automnaux, fenêtre étroite d'août
Colchique, crocus à safran (Crocus sativus) et sternbergia se plantent fin pour fleurir six semaines plus tard. Manquer la fenêtre, c'est sauter une année de floraison.
Une fois le calendrier posé, la question suivante n'est plus quand mais jusqu'où descendre dans la terre.
À quelle profondeur planter un bulbe
Le bulbe se plante à deux à trois fois sa hauteur, mesurée du plateau à la pointe1. Un bulbe de 5 cm descend donc à 10-15 cm de profondeur, un bulbe de 8 cm à 16-24 cm. Cette règle, validée par la Royal Horticultural Society britannique et la Société Nationale d'Horticulture de France, stabilise les racines, bloque les gels alternés, signale correctement la pousse à la lumière, et limite les remontées de mulots qui repèrent les bulbes plantés trop haut.
La règle universelle
Pour mesurer correctement, posez le bulbe à plat et notez sa hauteur, pointe comprise. Multipliez par 2,5 pour obtenir la profondeur du fond du trou. Une tulipe de 4 cm descend à 10 cm, un narcisse de 5 cm à 12-13 cm, une jacinthe de 5 cm à 12 cm, un lis de 7-8 cm à 18-20 cm. La règle marche pour 95 % des espèces vendues en jardinerie française.
Sol lourd ou sol sableux, ajustement par tiers
En sol argileux compact, réduire la profondeur d'environ 20 % : le bulbe respire mal en profondeur saturée, et les pousses peinent à émerger d'une croûte battante. En sol sableux drainant, augmenter de 20 % : la chaleur estivale pénètre plus loin et risque de griller le bulbe en dormance. Cette nuance vient de Brian Mathew, monographe britannique des bulbes5.
En pot, profondeur réduite d'un tiers
Le volume restreint d'un pot impose une profondeur réduite à deux fois la hauteur seulement, parfois 1,5 fois en plantation lasagne. Un bulbe planté trop profond en pot ne lève pas : la couche de drainage et les billes d'argile mangent les centimètres utiles.
| Espèce | Hauteur bulbe | Profondeur | Espacement |
|---|---|---|---|
| Tulipe (Tulipa) | 4-5 cm | 10-15 cm | 10-12 cm |
| Narcisse (Narcissus) | 5 cm | 10-15 cm | 10-15 cm |
| Jacinthe (Hyacinthus orientalis) | 5 cm | 10-12 cm | 10 cm |
| Crocus (Crocus) | 2-3 cm | 5-8 cm | 5-8 cm |
| Muscari (Muscari) | 2 cm | 5-8 cm | 5-7 cm |
| Lis (Lilium) | 7-8 cm | 15-20 cm | 20-30 cm |
| Dahlia (Dahlia) | tubercule | 8-10 cm | 50-80 cm |
| Glaïeul (Gladiolus) | 4-5 cm | 10-15 cm | 15-20 cm |
| Bégonia tubéreux (Begonia × tuberhybrida) | creux haut | 2-3 cm | 20-25 cm |
Une fois la profondeur posée, reste à orienter le bulbe, et là, l'erreur la plus courante n'est pas celle qu'on croit.
Dans quel sens planter un bulbe
La pointe vers le haut, le plateau vers le bas : règle vraie pour tous les bulbes tuniqués (tulipe, narcisse, jacinthe, crocus, muscari) et pour la plupart des bulbes écailleux (lis). Le plateau bulbaire est le seul tissu vivant véritable du bulbe au repos6. Il porte les racines : il doit donc regarder le sol.

Le géotropisme rattrape la moitié des erreurs : un bulbe planté de travers redresse sa pousse en deux à trois semaines. Mais à 15 cm de profondeur, l'effort consomme une part notable des réserves, et la fleur sort plus chétive. Mieux vaut donc placer correctement dès le départ.
Les exceptions à connaître
Le bégonia tubéreux fait exception : c'est un tubercule plat, et le creux se place vers le haut car les bourgeons partent du fond du creux. Confondre creux et bombé condamne la potée. Le tubercule de dahlia, lui, garde le collet (point d'attache de l'ancienne tige) vers le haut, et les yeux roses partent de cette zone.
En cas de doute, planter de côté
Pour les bulbes ronds sans pointe nette (anémones, renoncules), planter de côté : le bulbe se réorientera tout seul en deux semaines. La même méthode marche pour les vieux bulbes desséchés où l'apex est devenu illisible.
Bulbe, corme, tubercule, rhizome : reconnaître chaque organe
Le mot « bulbe » couvre, en jardinerie française, quatre organes botaniquement distincts. Seuls les bulbes vrais (tulipe, narcisse, jacinthe, lis) portent un plateau et des écailles. Le crocus et le glaïeul sont des cormes, le dahlia un tubercule, le muguet et l'iris des germanica des rhizomes7. La distinction change la profondeur d'enfouissement et le calendrier de division : un rhizome de muguet ne s'enterre pas comme un lis.

Le bulbe vrai, écailles charnues sur plateau
Tulipe, narcisse, jacinthe, lis, ail. Coupé en deux, on voit nettement les écailles superposées, comme un oignon. Chaque écaille stocke amidon et sucres, mobilisés au démarrage de la pousse. La tunique brune externe protège l'ensemble.
Le corme, tige condensée homogène
Crocus, glaïeul, colchique, freesia. Pas d'écailles : la coupe montre une chair homogène, souvent fibreuse. Le corme se renouvelle chaque année : le vieux corme se vide, un nouveau se forme au-dessus, et de petits cormillons (ou bulbilles, synonyme cayeu chez les liliacées) naissent autour.
Le tubercule, réserve sans plateau
Dahlia, bégonia, anémone, renoncule, pomme de terre. Aucun plateau, aucune écaille. Les bourgeons (« yeux ») apparaissent dispersés ; un tubercule sectionné repart à condition de garder un œil sur chaque morceau.
Le rhizome, tige rampante horizontale
Muguet, iris des jardins, canna, lis blanc (Lilium candidum) en partie. La tige souterraine progresse à plat sous quelques centimètres ; on plante donc à très faible profondeur, parfois à fleur de sol. Confondre rhizome et bulbe vrai, c'est enterrer un iris à 15 cm et perdre la floraison de l'année.
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Préparer le sol et drainer pour éviter la pourriture
Les bulbes pourrissent par le plateau quand l'eau stagne plus de 48 heures autour d'eux entre et . La SNHF recommande un lit de 2 à 3 cm de gravier ou sable de rivière au fond du trou en sol argileux, plus 30 % de sable mélangé à la terre rapportée3. Le drainage tue trois fois plus de bulbes que le froid en climat français tempéré.
Le mécanisme est physiologique : le plateau bulbaire vivant respire par les jeunes racines, et l'eau saturée bloque les échanges gazeux. Les bactéries anaérobies prennent alors le relais, et le plateau se transforme en boue brun-rosée en quelques jours. Un bulbe pourri ne se rattrape pas : on jette, on désinfecte le trou à l'eau bouillante, on plante un suivant ailleurs.
Exposition lumineuse, plein soleil par défaut
Tulipe, narcisse, jacinthe, crocus, muscari, lis, glaïeul et dahlia exigent 6 heures de soleil direct minimum. Le bégonia tubéreux fait exception et préfère la mi-ombre, comme le lis martagon (Lilium martagon) en sous-bois clair. La fritillaire impériale tolère la mi-ombre légère. Sous massif d'arbres caducs, la plantation marche pour les espèces printanières : elles fleurissent et constituent leurs réserves avant que les feuilles d'arbres n'occultent la lumière.
Engrais bulbes, pas d'azote dominant
Les bulbes refleurissent mieux avec un engrais NPK 5-10-10 ou 4-12-8 (faible azote, phosphore et potassium dominants), apporté à la plantation puis renouvelé après la floraison2. Un engrais riche en azote (NPK 15-5-5) développe le feuillage au détriment de la fleur et fragilise le plateau bulbaire. Le compost mûr et la corne broyée font des amendements adaptés ; éviter le fumier frais et les engrais coup de fouet « gazon ».
Une fois le sol prêt, la question pratique devient : combien de bulbes au mètre carré pour un effet de masse sans étouffement.
Densité au m² et distance entre bulbes par espèce
Pour un effet de masse lisible, il faut 60 à 70 muscaris au mètre carré, 25 à 35 tulipes, 15 à 20 jacinthes, 8 à 10 lis, 1 à 2 dahlias5. Densité trop faible, et le massif paraît clairsemé ; densité trop forte, et les bulbes s'étouffent en deux ou trois ans. Le calibre à l'achat conditionne aussi la floraison de l'année.

Petits bulbes, plantation en tapis
Crocus, muscari, scille de Sibérie, perce-neige. Densité élevée, 50 à 80 bulbes au mètre carré, en tapis sous arbres caducs ou en bordure. Espacement de 5-7 cm seulement : ils acceptent la promiscuité.
Bulbes moyens, équilibre lisible
Tulipe, narcisse, jacinthe. Densité 15 à 35 au mètre carré selon l'effet voulu et le calibre. Un calibre 12/+ tulipe (12 cm de circonférence) tient sa fleur la première année à 25 bulbes/m² ; un calibre 10/11 demande 35 bulbes/m² pour le même effet visuel.
Grands bulbes, espacement aéré
Lis, fritillaire impériale, allium. Densité 5 à 10 au mètre carré, espacement 20-30 cm. Le feuillage volumineux exige de l'air et de la lumière au sol.
Tubercules estivaux, place pour le développement
Dahlia, glaïeul, bégonia. Densité 1 à 5 au mètre carré. Un dahlia adulte forme un buisson de 80 cm à 1,2 m de large : prévoir 60-80 cm entre pieds.
| Espèce | Bulbes / m² | Espacement | Effet visuel |
|---|---|---|---|
| Muscari | 60-70 | 5-7 cm | tapis bleu |
| Crocus | 50-80 | 5-8 cm | nappe précoce |
| Tulipe | 25-35 | 10-12 cm | massif structuré |
| Narcisse | 20-30 | 10-15 cm | masse lumineuse |
| Jacinthe | 15-20 | 10 cm | parfum dense |
| Lis | 8-10 | 20-30 cm | verticales aérées |
| Allium | 5-8 | 25-30 cm | boules graphiques |
| Glaïeul | 15-20 | 15-20 cm | hampes échelonnées |
| Dahlia | 1-2 | 60-80 cm | buissons d'été |
Reste un cas saisonnier qui mérite un calendrier propre : les bulbes gélifs.
Bulbes gélifs : pourquoi attendre les Saints de glace
Dahlias, glaïeuls et bégonias tubéreux ne supportent ni le gel ni un sol froid. La règle française pose la plantation après le , repère des Saints de glace, quand le sol atteint 10 °C à 10 cm de profondeur2. Sous ce seuil, le tubercule reste en dormance forcée et finit par pourrir ; au-dessus, il démarre en deux semaines.

Le dahlia, démarrage en intérieur dès mars
Pour fleurir dès , démarrer le dahlia en pot sous serre froide ou véranda non chauffée à partir du . Replanter au jardin après les Saints de glace, avec son pain de terre intact. Cette méthode avance la floraison de trois à quatre semaines par rapport à une plantation directe en mai.
Le glaïeul, plantation échelonnée
Le glaïeul accepte une plantation échelonnée d'avril à juin, par lots successifs tous les 15 jours, comme on le fait au calendrier de semis du potager pour étaler les récoltes. La floraison s'étale alors de juillet à septembre, au lieu d'un pic concentré sur trois semaines. Profondeur 10-15 cm, espacement 15-20 cm.
Le bégonia tubéreux, démarrage humide
Bégonia tubéreux à creux vers le haut, sur un lit de tourbe humide à 18-20 °C dès . Repiquage au jardin ou en potée mi-mai, à mi-ombre, avec un sol acide humifère et frais.
Pourquoi vos bulbes ne refleurissent pas année 2
Quatre-vingt-dix pour cent des refloraisons manquées tiennent à une seule erreur : le feuillage coupé trop tôt. Viennent ensuite la plantation trop superficielle et le choix d'hybrides Triomphe ou Darwin, sélectionnés pour la beauté de leur première fleur, donc épuisables après deux saisons. Après la fleur, le feuillage doit jaunir naturellement pendant 6 à 8 semaines : c'est la photosynthèse qui recharge le plateau bulbaire en sucres pour la floraison de l'année suivante3. Couper le feuillage en juin, c'est tuer la fleur de mai prochain.

Le mécanisme de la photosynthèse de réserves
Pendant la floraison, le bulbe vide ses réserves d'amidon dans la fleur et la tige. Une fois la fleur fanée, les feuilles continuent leur travail pendant 40 à 60 jours, retransférant sucres et amidon vers le plateau. Cette phase, invisible mais essentielle, déclenche aussi l'dormance estivale et la formation des primordia floraux pour l'année suivante.
La durée et la couleur du feuillage
Concrètement, on coupe quand le feuillage est entièrement jaune ou brun, jamais avant. Pour la tulipe, comptez 8 semaines après la fin de la floraison ; pour le narcisse, 6 semaines ; pour la jacinthe, 6 à 7 semaines. Si le feuillage est inesthétique, masquer avec des vivaces couvre-sol ou des annuelles.
Les hybrides Triomphe, épuisables par construction
Les tulipes Triomphe et Darwin, sélectionnées pour la beauté de leur première fleur, s'épuisent en 2 à 3 ans même bien entretenues. C'est leur génétique horticole qui le veut. Pour une refloraison fiable sur 5 à 10 ans, choisir des espèces botaniques (Tulipa kaufmanniana, Tulipa greigii) ou des cultivars dits perennial, marqués comme tels par les producteurs néerlandais.
Naturaliser des bulbes en pelouse : narcisses et crocus
Pour une pelouse fleurie année après année sans intervention, planter des espèces botaniques, pas des hybrides : narcisse sauvage (Narcissus pseudonarcissus), crocus de Tommasini (Crocus tommasinianus), muscaris arménien (Muscari armeniacum) et scille de Sibérie2. Ces espèces se ressèment seules, forment des colonies stables sur 10-20 ans, et résistent aux tontes différées.

Choisir les espèces botaniques
La naturalisation pérenne en pelouse exige des espèces non sélectionnées pour la fleur unique : seules les formes botaniques se multiplient spontanément sur 10 à 50 ans sans intervention. Narcissus pseudonarcissus tient sur 50 ans documentés en parcs anglais ; Crocus tommasinianus double sa population tous les 3 à 4 ans par graines.
Plantation aléatoire, jet à la volée
Lancer les bulbes par poignées et planter là où ils tombent, à la profondeur réglementaire. L'aléa imite la dispersion naturelle et évite l'effet « parterre militaire ». Densité de 30 à 50 bulbes au mètre carré pour les petits, 15 à 20 pour les narcisses.
Tonte différée de huit semaines
Ne pas tondre la pelouse pendant 6 à 8 semaines après la fin de la floraison, le temps que le feuillage jaunisse complètement. La première tonte se fait haute (8-10 cm), suivie d'une seconde courte deux semaines plus tard.
Vivacité sur dix ans, sans engrais
Une colonie naturalisée n'a besoin ni d'engrais ni d'arrosage : la pelouse fournit, et la photosynthèse fait le reste. Un apport de compost mûr tous les 5 ans suffit à entretenir la fertilité.
Bulbes en pot : profondeur, lasagne, drainage
En pot, la profondeur descend à deux fois la hauteur seulement, et le drainage devient l'enjeu numéro un. Le contenant doit faire 25 cm minimum de diamètre, percé au fond, posé sur 3-5 cm de billes d'argile2. La technique « lasagne » empile trois espèces à floraisons décalées sur un seul pot, pour une floraison continue de février à mai.
Profondeur en pot, ajustement par tiers
Le volume restreint impose une compression : tulipe à 8 cm au lieu de 12, narcisse à 8 cm au lieu de 12-15. La couche de drainage et le terreau dégradent les centimètres utiles ; trop profond, la pousse n'émerge pas avant la fin du printemps.
La méthode lasagne, trois étages dans un pot
Empiler de bas en haut : lis ou tulipe tardive (étage profond, 15 cm), narcisse ou jacinthe (étage moyen, 10 cm), crocus ou muscari (étage haut, 5 cm). Chaque étage fleurit à son tour sans gêner les autres. La SNHF documente cette technique depuis les années 19903.
Drainage non négociable
Trou au fond du pot, 5 cm de billes d'argile ou pouzzolane, terreau bulbes (mélange terreau + sable + perlite, jamais terreau pur). En cas de pluies prolongées, soulever le pot sur cales pour éviter l'effet ventouse au sol.
Stocker des bulbes avant plantation : 5 à 10 °C, sec, ventilé
Un bulbe non planté immédiatement se conserve à 5 à 10 °C, sec, ventilé, dans un local sombre, pendant 4 à 8 semaines maximum2. Au-delà, la dormance se rompt et le bulbe démarre prématurément, gaspillant ses réserves. Cave fraîche, garage non chauffé, cellier exposé nord conviennent ; jamais le réfrigérateur (humidité excessive) ni le grenier (chaleur estivale).
Reconnaître un bulbe sain à conserver
Un bulbe stockable est ferme à la pression du pouce, sans tache molle, sans moisissure blanche ou bleue, avec sa tunique brune intacte pour les espèces tuniquées. Un bulbe léger ou creux indique une dessiccation interne avancée : il ne fleurira pas. Un bulbe avec moisissure visible contamine ses voisins en 10 jours.
Conditionnement en cagette ouverte
Disposer en monocouche dans une cagette en bois, recouvert de papier journal ou de copeaux secs. Aération essentielle : un sac plastique fermé condense l'humidité et déclenche la pourriture en 3 à 4 semaines. Inspecter chaque semaine, retirer tout bulbe douteux.
Cas spécial du tubercule de dahlia
Le tubercule de dahlia, plus fragile, demande un stockage en sciure de bois sèche ou tourbe légèrement humide à 5-7 °C, pendant 5 à 6 mois entre l'arrachage automnal et la replantation de mai. Vérifier mensuellement : un tubercule trop sec se ratatine et se réhydrate par trempage 2 heures avant plantation.
Lire un sachet de bulbes en jardinerie
Le bulbe vendu en sachet porte trois informations utiles. Le calibre (10/11, 12/+) indique la circonférence en centimètres : un calibre 12/+ tulipe fleurit la première année, un 10/11 demande à grossir une saison. La mention HOLLAND ou Pays-Bas signe l'origine (95 % des bulbes commerciaux européens sont produits aux Pays-Bas). La classe I désigne la qualité supérieure, sans tache ni meurtrissure visible. Méfiance sur les lots non calibrés ou les bulbes molletonnés, signaux de stockage défaillant.
Mulots et campagnols : protéger ou choisir des espèces évitées
Mulots et campagnols dévorent tulipes et crocus avec un appétit notable, mais évitent narcisses, fritillaires impériales et jacinthes. La cause est biochimique : ces trois espèces contiennent de la lycorine, alcaloïde qui provoque vomissements et troubles cardiaques chez les rongeurs. Les bulbes sains au contact, mais à ne pas porter aux animaux domestiques (chien, chat, cheval), pour qui la toxicité est documentée par la SNHF3.
Espèces sensibles à protéger
Tulipe, crocus, lis : les rongeurs les consomment volontiers. Pour les protéger en zone à campagnols, utiliser des paniers grillagés (plastique ou métal) à mailles 12 mm, vendus en jardinerie.
Espèces répulsives par chimie
Narcisse, fritillaire impériale (Fritillaria imperialis), jacinthe, ail d'ornement (Allium). Les rongeurs les contournent : leurs galeries se redessinent autour des massifs sans narcisse. Une bordure de fritillaires impériales protège indirectement les tulipes plantées au centre du massif.
Le panier grillagé, méthode mécanique
La fritillaire impériale, protection par odeur
La fritillaire impériale dégage une odeur musquée (similaire à celle du renard) qui éloigne les rongeurs sur 1-2 mètres autour. Trois pieds par massif suffisent. Plantation en bulbe inversé ou couché pour éviter la stagnation d'eau dans le creux apical.
Questions fréquentes
À quelle profondeur planter des bulbes ?
La règle universelle est de planter à deux à trois fois la hauteur du bulbe, mesurée du plateau à la pointe1. Concrètement, une tulipe de 5 cm descend à 10-15 cm, un crocus de 2 cm à 5-8 cm, un lis de 8 cm à 16-20 cm. En sol argileux, réduire de 20 % ; en pot, réduire à deux fois la hauteur seulement.
Quand planter des bulbes ?
Les bulbes printaniers (tulipe, narcisse, jacinthe, crocus, muscari) se plantent entre et , six à dix semaines avant les gels permanents1. Les bulbes gélifs (dahlia, glaïeul, bégonia tubéreux) attendent les Saints de glace, vers , quand le sol dépasse 10 °C à 10 cm de profondeur.
Pourquoi mes bulbes ne refleurissent-ils pas la deuxième année ?
La cause majeure est un feuillage coupé trop tôt. Viennent ensuite la plantation trop superficielle et le choix d'hybrides épuisables. Le feuillage doit jaunir naturellement pendant 6 à 8 semaines après la fleur : c'est cette photosynthèse qui recharge le plateau bulbaire pour l'année suivante3. Les tulipes Triomphe et Darwin s'épuisent en 2-3 ans par construction génétique ; préférer les espèces botaniques (Tulipa kaufmanniana) pour une refloraison sur 5-10 ans.
Faut-il couper les feuilles et arroser les bulbes après floraison ?
Non, surtout pas avant 6 à 8 semaines après la fin de la floraison, quand le feuillage est entièrement jaune ou brun3. Couper le feuillage encore vert prive le bulbe de sa photosynthèse de réserves et compromet la floraison de l'année suivante. Pour l'arrosage post-plantation, un apport modéré de 5-10 L/m² tasse la terre et amorce l'enracinement, puis les pluies d'automne suffisent en France métropolitaine. Si le feuillage fanant est inesthétique, le masquer avec des vivaces couvre-sol ou plier les feuilles en fagot léger sans les couper.
