Camellia japonica 'Rubescens Major' rouge double en fleur dans le woodland garden de RHS Hyde Hall, signification camélia et admiration parfaite du langage des fleurs.

En , Charlotte de Latour rangeait le camélia à la lettre C de son Langage des Fleurs avec deux mots en face : admiration parfaite. Vingt-neuf ans plus tard, à Paris, Marguerite Gautier en porte un blanc vingt-cinq jours par mois et un rouge les cinq autres dans La Dame aux camélias de Dumas fils. Pendant ce temps, à Edo, les samouraïs s'interdisent d'offrir cette même fleur, parce qu'elle tombe d'un seul bloc, calice intact, comme une tête tranchée.

Trois lectures, une seule espèce. Le Camellia japonica dit l'admiration parfaite à Paris, la splendeur discrète à Tokyo, et un présage funeste à un malade hospitalisé. Ce code des fleurs à plusieurs étages se lit sur quatre plans entremêlés : la couleur (rouge, blanc, rose, panaché), la civilisation visée (Paris romantique, Edo samouraï, Nantes horticole), l'espèce précise (japonica ornemental, sinensis du thé, sasanqua d'automne) et l'occasion. La suite démêle ces fils datés.

Que signifie le camélia dans le langage des fleurs ?

Le camélia (Camellia japonica) signifie l'admiration parfaite et la beauté irréprochable dans le langage des fleurs codifié par Charlotte de Latour en . La grammaire chromatique tient sur quatre couleurs : le rouge dit le désir et la passion, le blanc l'admiration silencieuse et la pureté, le rose la tendresse pudique, le panaché la surprise galante. C'est Dumas fils en qui ancre cette grille dans l'imaginaire amoureux européen12.

Camellia japonica rouge en fleur avec gouttes de pluie, étamines jaunes au centre, admiration parfaite et désir, signification camélia rouge dans le langage des fleurs européen.
Camellia japonica rouge avec gouttes de pluie. Photo Lucas Libre, CC BY 4.0 via Wikimedia Commons.

Cette stabilité chromatique, le langage des fleurs européen ne la doit pas à un poète : il la doit à un livre. Le Langage des Fleurs de Latour, publié à Paris chez Audot en , range chaque espèce sous une glose courte. Le camélia y figure entre le bleuet et le chèvrefeuille avec une mention quasi unique du registre admiratif : il code la beauté qui ne se discute pas, celle qu'on regarde sans toucher.

L'ancrage occidental s'épaissit ensuite par la fiction. Marguerite Gautier, héroïne de Dumas, est une demi-mondaine parisienne qui consomme entre quinze et vingt-cinq camélias par mois. Le détail importe : la fleur, inodore, ne trahit pas la maladie qui la ronge, contrairement aux roses tubéreuses. Le camélia devient l'attribut de l'admiration sans complaisance, posée sur la robe avant d'être offerte.

Cette grammaire chromatique partage le terrain de la passion avec une voisine de registre : la rose, qui code, elle, l'amour qui s'avoue. Avant d'être un code amoureux, le camélia était un arbuste botanique sourcé.

Camellia japonica : carte d'identité botanique

Camellia japonica L. est un arbuste persistant des Theaceae, décrit par Carl Linné dans Species Plantarum en (vol. 2, p. 698) et dédié au jésuite morave Georg Joseph Kamel (-), pharmacien aux Philippines. La fleur, solitaire, mesure 5 à 12 cm. Elle s'ouvre de décembre à avril selon le cultivar56.

Camellia japonica cultivar 'Donkelaarii' au jardin botanique de Leuven (Kruidtuin), fleur panachée rouge et blanc, persistant Theaceae décrit par Linné en 1753.
Camellia japonica 'Donkelaarii', floraison au Kruidtuin (Leuven). Photo Hannes Wilms, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

L'arbuste Camellia japonica atteint deux à onze mètres dans son aire d'origine : Honshū, Shikoku, Kyūshū, archipel des Ryūkyū, péninsule coréenne et littoral chinois oriental7. Le feuillage de Camellia japonica est coriace, vert sombre lustré, alterne, à marge finement dentelée. Une floraison hivernale rare sous nos latitudes : Camellia japonica ouvre quand presque tout le jardin dort.

L'arbuste asiatique Camellia japonica a donc reçu son nom latin à Uppsala. Ses propriétaires japonais, eux, l'avaient nommé bien avant.

Tsubaki au Japon : hanakotoba et tabou samouraï

Au Japon, le tsubaki (椿) porte en hanakotoba (花言葉) la splendeur discrète (赤い椿 akai-tsubaki, rouge) et la beauté parfaite (白い椿 shiro-tsubaki, blanc). Mais sa corolle tombe d'un seul bloc, sans s'effeuiller. Pour les samouraïs de l'époque Edo (-), ce détail évoquait la décapitation. Aujourd'hui encore, on évite d'en offrir aux malades hospitalisés39.

Utagawa Hiroshige, Tsubaki ni uguisu (camélia et rossignol du Japon), estampe ukiyo-e du XIXᵉ siècle, iconographie kachō-ga du tsubaki dans la tradition japonaise.
Utagawa Hiroshige (1797-1858), Tsubaki ni uguisu (« Camélia et rossignol »), estampe ukiyo-e, domaine public via Wikimedia Commons.

La grammaire hanakotoba se lit couleur par couleur, kanji compris. 赤い椿 (akai-tsubaki, rouge) signifie une splendeur discrète, jamais la passion fatale du registre Verdi. 白い椿 (shiro-tsubaki, blanc) signifie la beauté parfaite, l'humilité, la pureté géométrique. ピンクの椿 (pinku no tsubaki, rose) code l'amour modeste et la pudeur féminine. La traduction littérale française perd toujours quelque chose, parce que le hanakotoba code aussi la saison, la classe et le genre du destinataire10.

Le tabou tient à un détail morphologique. Quand la fleur du sakura ou de la pivoine se fane, les pétales tombent un par un. Quand la fleur du tsubaki se fane, la corolle entière se détache et chute calice compris. Les samouraïs y voyaient une analogie directe avec la mort par décapitation, geste rituel codifié dans le seppuku. La superstition a survécu à la fin de la classe guerrière. Aujourd'hui, fleuriste comme particulier, personne n'envoie un bouquet de tsubaki dans un hôpital japonais.

En Europe, le même geste, porter un camélia, est devenu un signal amoureux daté.

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Dumas, Verdi, Chanel : la passion romantique européenne

Marguerite Gautier, héroïne de Dumas fils (La Dame aux camélias, , chap. 2), porte un camélia blanc vingt-cinq jours par mois et rouge les cinq autres : un code amoureux qui devient mondial avec La Traviata de Giuseppe Verdi, créée à Venise le . Coco Chanel adopte ce camélia blanc en , fleur inodore qui ne concurrence pas le N°521112.

Affiche Art nouveau d'Alphonse Mucha (1896) pour La Dame aux camélias avec Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance, Marguerite Gautier héroïne du roman de Dumas fils (1848).
Alphonse Mucha (1896), affiche La Dame aux camélias pour Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance. Domaine public via Wikimedia Commons.

Le code chromatique de Marguerite Gautier est précis et oublié. Vingt-cinq jours sur trente, elle porte un camélia blanc ; les cinq jours restants, un camélia rouge. Dumas fils ne donne pas l'explication directement, mais la chronologie féminine du XIXe siècle bourgeois la rend transparente. Le blanc signale la disponibilité, le rouge signale l'indisponibilité menstruelle. Marguerite ne refuse rien : elle prévient. Cette grammaire date l'origine européenne du symbole camélia mieux que n'importe quel commentaire littéraire.

« Pendant vingt-cinq jours du mois, les camélias étaient blancs, et pendant cinq, ils étaient rouges ; on n'a jamais su la raison de cette variété de couleurs. »

Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias, chap. 2 ()

Verdi voit Dumas, lit le roman et compose La Traviata en quelques semaines. La création vénitienne du au Teatro La Fenice internationalise le code. À partir de cette date, dans tout l'opéra mondial, un camélia épinglé sur une robe noire signifie Marguerite, signifie la consomption, signifie l'amour fatal.

Soixante-dix ans plus tard, Gabrielle Chanel reprend la fleur. En , elle adopte le camélia blanc comme emblème de sa maison et l'épingle sur ses tailleurs. Le choix est conceptuel : la fleur n'a aucune odeur, elle ne concurrence donc pas le N°5 lancé en . Sa géométrie radiale, asexuée, résiste mieux aux crises esthétiques que la rose tubéreuse. Le camélia entre dans la mode parisienne par la même porte que la pureté graphique.

Au-delà de Paris et Tokyo, Camellia japonica a aussi été adopté comme emblème politique et régional. L'État de l'Alabama en fait sa fleur officielle en (Alabama Code §1-2-11), confirmant un usage horticole déjà ancré dans le Sud des États-Unis1314. En Italie, dans les années , la camelia rossa devient un surnom militant du Parti communiste italien, lecture rouge venue de Verdi mais relue par la mémoire ouvrière de l'après-guerre15.

Le tatouage camélia, populaire depuis les années , superpose ces trois lectures sans les séparer : la résilience du tsubaki japonais, la passion fatale Dumas-Verdi et l'élégance asexuée Chanel. Le porteur choisit rarement entre les couches : il les empile, et c'est cette densité culturelle multi-strate qui fait la valeur du motif113.

Le mot camélia recouvre déjà, à ce stade, plusieurs plantes, dont une que les Français boivent chaque matin.

Le genre Camellia : japonica, sinensis, sasanqua

Le genre Camellia compte trois cousines familières : C. japonica (camélia ornemental d'hiver, IPNI 828524-1), Camellia sinensis (le théier, IPNI 828548-1, dont les feuilles donnent thé vert, noir, blanc et oolong) et Camellia sasanqua (camélia d'automne, IPNI 927409-1, floraison octobre-décembre). Boire un thé revient donc à infuser un camélia5416.

EspèceSaison de floraisonUsageSens dominantIPNI POWO
Camellia japonica L.Décembre à avrilOrnement, cultivars de jardinAdmiration parfaite (Latour )828524-1
Camellia sinensis (L.) KuntzeOctobre à févrierThé vert, noir, blanc, oolongBoisson rituelle (Chine, Japon)828548-1
Camellia sasanqua Thunb.Octobre à décembreOrnement précoce, haiesDiscrétion automnale927409-1
Trois espèces familières du genre Camellia : saison, usage économique, source de signification, identifiant POWO.
Feuilles de Camellia sinensis (théier) à la Kula Agriculture Station de Maui, la cousine économique du camélia ornemental dont les feuilles donnent thé vert, noir, blanc et oolong.
Camellia sinensis (théier), feuilles à la Kula Agriculture Station, Maui. Photo Forest & Kim Starr, CC BY 3.0 US via Wikimedia Commons.

Camellia sasanqua ferme la triade. Plus rustique que japonica, plus florifère en automne, elle anticipe la saison ornementale d'un trimestre. Originaire du Sud-Japon, elle reste minoritaire en France, où le climat hivernal favorise japonica. Ces trois cousines se distinguent par la saison plus que par la fleur, et c'est la palette de l'ornementale qui structure la grammaire des fleuristes.

Couleurs : rouge, blanc, rose, panaché

Nantes a fait du Camellia japonica une signature horticole : Ferdinand Favre y introduit les premières graines dans les années , et la Société nantaise de camélias se fonde en . Trois cultivars patrimoniaux, tous distingués par l'AGM du Royal Horticultural Society, restent emblématiques : 'Mathotiana' (rouge double patrimonial issu de Nantes, popularisé sous Napoléon III, encore commercialisé aujourd'hui via la Société nantaise de camélias), 'Adolphe Audusson' (rouge semi-double) et 'Hagoromo' (blanc rosé)181920.

CouleurSens européenHanakotoba JPCultivar AGM-RHS
RougeDésir, passion赤い椿 akai-tsubaki, splendeur discrète'Adolphe Audusson' (Guichard, )
BlancAdmiration silencieuse, pureté白い椿 shiro-tsubaki, beauté parfaite'Hagoromo' (Japon, dates incertaines)
RoseTendresse pudiqueピンクの椿 pinku no tsubaki, amour modeste'In the Pink' (Nouvelle-Zélande)
PanachéVariation, surprise galante'Lady Vansittart' (Japon, )
Couleurs du camélia : sens européen (Latour 1819) et hanakotoba japonais (kanji + romaji + traduction), avec cultivar AGM-RHS de référence.

Rouge : le désir, la passion

Cultivar Camellia 'Adolphe Audusson', rouge semi-double, RHS Award of Garden Merit, patrimoine horticole nantais évoqué dans la signification camélia rouge.
Camellia 'Adolphe Audusson', rouge semi-double, RHS Award of Garden Merit. Photo Jonathan Billinger, CC BY-SA 2.0 via geograph.org.uk.

Le rouge code le désir et la passion dans le langage des fleurs européen, registre directement hérité de Verdi . Cultivar de référence : 'Adolphe Audusson', semi-double rouge profond, sélectionné à Angers en , AGM du RHS depuis . À distinguer du hanakotoba 赤い椿 (akai-tsubaki) qui dit la splendeur discrète, jamais la passion fatale.

Blanc : l'admiration silencieuse

Camellia japonica blanc en fleur au Norfolk Botanical Garden, admiration silencieuse et pureté, fleur emblème de Coco Chanel depuis 1923.
Camellia japonica blanc, Norfolk Botanical Garden (Virginie). Photo PumpkinSky, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Le blanc dit l'admiration silencieuse, la pureté et l'humilité. Coco Chanel l'a fixé dans la mode parisienne en . Au Japon, 白い椿 (shiro-tsubaki) signifie la beauté parfaite, lecture qui converge avec l'européenne sans s'y superposer. C'est la couleur la plus offerte hors registre amoureux : fleur de naissance, anniversaire, hommage discret.

Rose : la tendresse pudique

Camellia japonica 'In the Pink' au Dunedin Botanic Garden de Nouvelle-Zélande, tendresse pudique du rose dans le langage des fleurs européen.
Camellia japonica 'In the Pink', Dunedin Botanic Garden. Photo Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons.

Le rose code la tendresse pudique et l'amour naissant. Plus doux que le rouge, plus expressif que le blanc, il se prête aux occasions de transition : déclaration discrète, fête des mères, anniversaire d'amitié. Le hanakotoba lui associe ピンクの椿 (pinku no tsubaki), un amour modeste qui n'engage pas le désir.

Panaché : la variation, la surprise

Camellia japonica 'Lady Vansittart' panaché, fleur semi-double blanche striée et tachée de rose, mutation chromatique typique du langage des fleurs camélia panaché.
Camellia japonica 'Lady Vansittart', cultivar panaché blanc-rose. Photo Leonora (Ellie) Enking, CC BY-SA 2.0 via Flickr.

Le panaché code la variation, la surprise galante, parfois l'inconstance assumée. Cultivar emblématique : 'Lady Vansittart', sélectionné au Japon vers , semi-double blanc strié de rose qui peut produire, sur la même branche, des fleurs entièrement blanches, entièrement roses ou panachées. Une mutation chromatique instable que les cultivateurs nantais ont longtemps prisée pour son caractère imprévisible.

Jaune : Camellia chrysantha, raréfaction chinoise

Le jaune n'existe pas chez Camellia japonica, mais chez une cousine : Camellia chrysantha, endémique du Guangxi (sud-ouest de la Chine), espèce protégée par la liste nationale chinoise depuis 217. Hors collection botanique, on ne la croise jamais en jardinerie française, à l'image d'une orchidée de collectionneur. Sa symbolique reprend le jaune impérial chinois : longévité, mémoire, dignité de cour. Une rareté qui complète la palette ornementale sans la renouveler.

Cette palette française a un revers japonais : les mêmes couleurs n'y disent pas la même chose, et la fleur tient sa place dans une grille saisonnière de quatre.

Camélia, sakura, pivoine, chrysanthème : les quatre fleurs japonaises

Quatre fleurs structurent l'année symbolique japonaise : le camélia (tsubaki, hiver, vie qui cède d'un bloc), le cerisier (sakura, printemps, impermanence des pétales qui tombent un à un), la pivoine (botan, été, prospérité) et le chrysanthème (kiku, automne, sceau impérial). Le contraste tsubaki contre sakura organise toute la grammaire saisonnière du hanakotoba39.

Fleur (FR)KanjiRomajiSaisonSymbolique
Camélia椿tsubakiHiverVie qui cède d'un bloc, beauté noble et brève
CerisiersakuraPrintempsImpermanence, beauté éphémère pétale par pétale
Pivoine牡丹botanÉtéProspérité, richesse impériale, honneur
ChrysanthèmekikuAutomneSceau impérial, longévité, pureté
Les quatre fleurs canoniques du calendrier symbolique japonais : kanji, romaji, saison et symbolique courte.
Utagawa Kunisada, Hana no En (« Sous les fleurs de cerisier »), chapitre 20 du Dit du Genji (1852), saison du sakura dans la grammaire saisonnière japonaise face au tsubaki d'hiver.
Utagawa Kunisada (1852), Hana no En (Dit du Genji, ch. 20). Domaine public via Wikimedia Commons.

L'opposition tsubaki contre sakura n'est pas qu'esthétique. Elle code deux philosophies de la mort : la décapitation samouraï propre, soudaine, sans agonie pour le tsubaki ; l'effeuillement progressif, accepté, contemplatif pour le sakura. Le poète Bashō et la tradition haïku ont préféré le sakura. La classe guerrière, par superstition, l'a aussi choisi à la fin de l'Edo. Le tsubaki conserve néanmoins son rang dans le chanoyu, la cérémonie du thé, où une fleur isolée, posée dans le tokonoma, signe l'arrivée de l'hiver.

Reste une question pratique avant la FAQ : ce que cela donne dans une cuisine ou aux pieds d'un chat.

Toxicité : fleur, feuille, infusion

Le camélia ornemental (Camellia japonica) ne figure dans aucune liste de plantes toxiques pour le chien ou le chat selon l'ASPCA Animal Poison Control. Au Japon, ses pétales se mangent en tempura tsubaki et l'huile tsubaki-abura, pressée des graines, entre en cosmétique. Seule la cousine Camellia sinensis contient de la caféine : c'est le thé que l'on infuse22234.

La distinction culinaire est nette. C. japonica fournit fleurs et feuilles non toxiques, mais sans intérêt gastronomique majeur en France. C. sinensis fournit la matière première du thé, dont la théine (caféine) reste l'alcaloïde actif. Confondre les deux espèces ne présente aucun danger pour un animal domestique. Confondre les usages, en revanche, conduit à infuser une feuille de camélia ornemental sans en tirer le moindre arôme. Pour les chats et chiens curieux qui mâchouillent un pétale du jardin, l'incident reste anecdotique14.

Questions fréquentes sur le camélia

Que signifie le camélia ?

Le camélia (Camellia japonica, famille Theaceae) signifie l'admiration parfaite et la beauté irréprochable dans le langage des fleurs européen, codifié par Charlotte de Latour à Paris en 1. Au Japon, le tsubaki porte une beauté noble et brève en hanakotoba, mais sa chute en bloc en fait une fleur tabou pour les malades hospitalisés depuis l'époque Edo3.

Que signifie le camélia blanc ?

Le camélia blanc dit l'admiration silencieuse et la pureté dans le langage des fleurs européen ; au Japon, il signifie l'humilité et la beauté parfaite (白い椿 shiro-tsubaki). C'est cette neutralité asexuée et géométrique qui fait choisir le camélia blanc à Coco Chanel en comme emblème de la maison3.

Que signifie le camélia rouge ?

Le camélia rouge code la passion brûlante et l'amour fatal en symbolisme européen, fixé par Verdi en dans La Traviata, opéra adapté de Dumas fils. En hanakotoba (赤い椿 akai-tsubaki), il signifie en revanche une splendeur discrète, jamais la passion. À offrir à un amant adulte, jamais à un malade hospitalisé au Japon12.

Pourquoi Coco Chanel a-t-elle choisi le camélia ?

Coco Chanel adopte le camélia blanc en parce qu'il est inodore (il ne concurrence pas le N°5), géométriquement pur et culturellement asexué. La fleur trouve aussi son histoire dans Marguerite Gautier, héroïne de La Dame aux camélias de Dumas fils (), modèle d'élégance discrète revendiqué par la maison2.

Le camélia est-il toxique pour le chien ou le chat ?

Non. Le camélia ornemental (Camellia japonica) ne figure dans aucune liste de plantes toxiques pour le chien, le chat ou les NAC selon l'ASPCA Animal Poison Control. Au Japon, ses pétales se mangent en tempura et ses graines pressées donnent l'huile tsubaki-abura. Seule la cousine Camellia sinensis (le théier) contient de la caféine22.

Pourquoi ne pas offrir un camélia à un malade au Japon ?

La corolle du tsubaki tombe d'un seul bloc, calice intact, sans s'effeuiller pétale par pétale comme le sakura. Pour les samouraïs de l'époque Edo (-), ce détail morphologique évoquait la décapitation. L'analogie a survécu : aujourd'hui encore, on évite d'offrir un camélia, en pot ou en bouquet, à un malade hospitalisé3.

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  2. 2.Dumas fils, La Dame aux camélias (1848), édition originale, Gallica BnFgallica.bnf.fr
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