
- Le calendrier des semis en 1 phrase
- Le tableau mensuel récapitulatif
- Le glissement nord-sud
- Ce que ce calendrier n'est pas
- Quand commencer les semis sous abri
- Solanacées : aubergine et poivron en premier
- Cucurbitacées : courgette, concombre, melon
- Salades, choux, poireaux
- Le piège de la lumière
- Saints de Glace : pourquoi attendre le 13 mai
- Quelles cultures attendent le 13 mai
- Quelles cultures peuvent passer avant
- La nuance climatique
- Lune rousse, le repère qui se confond
- Que faire si on a déjà repiqué
- Température minimale du sol par espèce
- Les rustiques : 4 à 8 °C
- Les intermédiaires : 10 à 14 °C
- Les frileuses : 16 à 22 °C
- La méthode du voile et de la cloche
- Comment mesurer correctement
- La table de référence
- Durée de conservation des graines
- La courte mémoire des Alliacées
- La mémoire moyenne : 2 à 4 ans
- La longue mémoire : 5 à 10 ans
- Le tableau de viabilité
- Modes d'échec courants
- Fonte des semis : Pythium et Rhizoctonia
- Faux départ : sol froid
- Montée à graines précoce
- Vernalisation incomplète : oignon, carotte
- Densité de semis trop élevée
- Arrosage en pluie froide
- Calendrier lunaire : que dit la science
- Ce que les études ont mesuré
- Ce que la mécanique permettrait
- Pourquoi le calendrier survit
- Position pratique
- Cinq étapes pour réussir un semis sous abri
Le calendrier des semis n'indexe pas la date mais la température du sol mesurée à 5 cm : le radis germe à 4 °C, la tomate à 14 °C, la courgette à 20 °C. La date du semis n'est qu'un proxy météorologique de cette température. La conséquence pratique est radicale : à Brest et à Avignon, la même semaine d'avril ne dit pas la même chose à un sachet de graines. Le repère pivot du calendrier français reste les Saints de glace, fixés aux , et . Avant cette ligne, on ne repique pas les Solanacées sensibles au gel en pleine terre au nord de la Loire.
Le calendrier des semis en 1 phrase
Le calendrier des semis au potager est une table de correspondance entre une date, une zone climatique et une température du sol minimale par espèce, conditionnée par les risques de gelée tardive et la photopériode. La date pure n'a pas de pouvoir explicatif : elle approxime des paramètres mesurables. Cette section donne la grille mensuelle d'actions, les sept suivantes la déplient.
Le tableau mensuel récapitulatif
Le tableau suivant croise les recommandations de la SNHF (potagers et fruitiers), du GNIS (table de germination par espèce) et de Météo-France (creux thermique de mi-mai). Les fenêtres restent indicatives au nord de la Loire ; au sud, glisser deux à trois semaines plus tôt.
| Mois | Semis sous abri | Semis en pleine terre | Repiquage en place | Récolte |
|---|---|---|---|---|
| Janvier | Poireau d'été, oignon de couleur | — | — | Mâche, poireau, chou |
| Février | Aubergine, poivron, tomate précoce | Fève, pois à grain rond | — | Mâche, épinard d'hiver |
| Mars | Tomate, basilic, salade | Carotte, radis, laitue, épinard, pois | Échalote, oignon | Poireau, mâche |
| Avril | Courgette, concombre, melon | Betterave, radis, salade, pois | Salade de mars | Radis de mars |
| Mai | — | Haricot vert, maïs doux après le 13 | Tomate, aubergine, courgette après le 13 | Salade, radis, fève |
| Juin | — | Haricot, carotte d'automne, courge | Poireau d'hiver | Pois, fève, salade, radis |
| Juillet | — | Haricot tardif, carotte, mâche, navet | Chou, brocoli | Tomate précoce, courgette, haricot |
| Août | — | Mâche, épinard, laitue d'hiver, radis | Fraisier | Tomate, aubergine, courgette |
| Septembre | — | Mâche, oignon blanc, épinard | — | Tomate tardive, courge, haricot |
| Octobre | — | Fève, pois, ail blanc | — | Courge, poireau, betterave |
| Novembre | — | Ail violet | — | Mâche, poireau, chou |
| Décembre | — | — | — | Mâche, poireau, chou de Bruxelles |
Le glissement nord-sud
Sur le territoire métropolitain, la fenêtre de semis glisse de deux à quatre semaines entre le bassin parisien et la côte méditerranéenne. Sur la façade atlantique, la douceur hivernale décale les fenêtres mais expose à plus de pluie au moment du semis direct, ce qui pénalise les Cucurbitacées. En montagne au-dessus de 600 m, retarder de quinze jours la grille du nord de la Loire.
Ce que ce calendrier n'est pas
Ce calendrier n'est ni un dogme ni une ordonnance. C'est un point de départ statistique sur les seuils de germination et la dernière gelée moyenne. Le jardinier qui mesure sa propre température de sol et lit son bulletin climatique local s'en éloignera avec raison.
Quand commencer les semis sous abri
Les semis sous abri commencent six à huit semaines avant la date de repiquage prévue en pleine terre. Pour les Solanacées (tomate, aubergine, poivron), cela ramène le démarrage à la deuxième quinzaine de février au sud, à mi-mars au nord, avec une température de germination de 18 à 22 °C dans le terreau et un éclairement vif2. La règle est simple : le sous-abri ne sert pas à devancer le calendrier mais à respecter la durée de cycle.

Solanacées : aubergine et poivron en premier
L'aubergine et le poivron germent lentement et exigent dix à douze semaines d'élevage avant repiquage. C'est le couple à démarrer en premier, mi-février sous lampe ou tapis chauffant. La tomate, plus rapide, s'amorce trois à quatre semaines plus tard. Plus tôt ne sert à rien : un plant filé sur le rebord de fenêtre rattrape rarement un plant semé au bon moment.
Cucurbitacées : courgette, concombre, melon
Pour les Cucurbitacées, trois à quatre semaines suffisent. Démarrer début avril pour repiquer mi-mai au nord. Ce sont des graines à tégument épais qui apprécient un trempage de douze heures avant le semis. Une température de germination de 20 à 25 °C accélère la levée à trois jours.
Salades, choux, poireaux
Les Astéracées (laitue) lèvent dès 10 °C et tolèrent un démarrage en serre froide ou châssis dès février. Le poireau d'été se sème en terrine sous abri en janvier-février et se repique en motte fin avril. Le chou attend mars-avril en terrine.
Le piège de la lumière
Plus que la température, c'est la lumière qui fait échouer les semis d'appartement entre février et mars. Au nord d'une fenêtre orientée sud, les plantules s'étiolent en huit jours sans éclairage d'appoint. Une rampe LED horticole de 30 W couvrant 60 × 20 cm allumée 14 h/jour résout le problème pour le coût d'une botte de plants en jardinerie.
Saints de Glace : pourquoi attendre le 13 mai
Les Saints de glace désignent les trois jours de fêtes catholiques de Mamert, Pancrace et Servais célébrés les , et , traditionnellement associés à la dernière période de risque de gelée tardive en France métropolitaine au nord de la Loire5. Le repère est ancien mais Météo-France a documenté un creux thermique réel centré sur la première quinzaine de mai dans les statistiques climatologiques 1981-2010, avec une probabilité résiduelle de gelée jusqu'au 15 mai en plaine d'Île-de-France et jusqu'au 25 mai en moyenne montagne1.

Quelles cultures attendent le 13 mai
Trois familles de cultures attendent impérativement la fin des Saints de glace en pleine terre au nord de la Loire :
- les Solanacées (tomate, aubergine, poivron) qui meurent à 0 °C dès la première nuit de gel ;
- les Cucurbitacées (courgette, concombre, melon, pastèque) au comportement identique ;
- le basilic, la verveine citronnelle et la patate douce.
Quelles cultures peuvent passer avant
Le haricot vert, le maïs doux et la fève germinés germent sur sol réchauffé à 10-12 °C mais ne craignent pas une nuit fraîche en plantule. La carotte, le radis, la salade, l'épinard et le pois sont vernalo-résistants et peuvent être semés direct dès mars.
La nuance climatique
Sur la côte méditerranéenne et la plaine du Languedoc-Roussillon, la dernière gelée moyenne tombe mi-avril. Les Saints de glace y deviennent un repère folklorique sans valeur opérationnelle. À l'inverse, dans les Vosges, le Massif central et les Alpes intérieures, des gelées blanches sont possibles jusqu'au 30 mai en cuvette froide.
Lune rousse, le repère qui se confond
La lune rousse est une fenêtre distincte des Saints de glace : elle correspond à la lunaison qui suit Pâques et marque les nuits claires où le rayonnement infrarouge fait chuter la température au sol sous celle de l'air ambiant. Les deux phénomènes sont souvent confondus mais reposent sur des mécanismes différents.
Que faire si on a déjà repiqué
Si une nuit de gel est annoncée après un repiquage anticipé, couvrir d'un voile P17 ou de bouteilles plastiques découpées (plus connues en cloche). Une simple couche de paille au pied protège déjà partiellement. Replier le voile après 9 h pour éviter de cuire les plants au soleil.
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Température minimale du sol par espèce
La donnée la plus actionnable du calendrier des semis n'est ni la date ni la lune : c'est la température minimale du sol mesurée à 5 cm de profondeur, en milieu de matinée. Un thermomètre de sol coûte cinq euros et règle la question. Les seuils de germination par espèce sont stables et reproductibles, documentés par le GNIS dans la table de germination des potagères6.

Mesurée à 5 cm de profondeur en milieu de matinée. En dessous du seuil, la levée est nulle ou très lente, et le risque de fonte des semis augmente.
Les rustiques : 4 à 8 °C
Le radis, la mâche, la salade, la carotte, le pois et l'épinard germent dès le sol dégelé. Ces cultures supportent même une levée fractionnée, où une partie des graines lève à la première fenêtre tiède et le reste à la deuxième.
Les intermédiaires : 10 à 14 °C
La betterave, le haricot et la tomate exigent un sol durablement réchauffé. Sous le seuil, la levée est nulle pour le haricot, qui peut pourrir dans un sol froid et humide. La tomate semée trop tôt en pleine terre lève peut-être, mais reste bloquée à deux feuilles tant que le sol n'a pas atteint 14 °C.
Les frileuses : 16 à 22 °C
Aubergine, poivron, courgette, concombre et melon n'ont aucune chance en pleine terre avant juin au nord de la Loire. C'est la raison structurelle du sous-abri : ramener artificiellement le seuil à hauteur d'une plantule pendant six à huit semaines.
La méthode du voile et de la cloche
Pour gagner sept à dix jours sur la fenêtre, un voile P17 ou une cloche en plastique transparente posée trois jours avant le semis réchauffe le sol de 2 à 3 °C sur les premiers centimètres. Effet sensible sur le haricot et la courgette, négligeable sur le radis (déjà à 4 °C).
Comment mesurer correctement
Plantez le thermomètre à 5 cm dans le sol non remué pendant trois minutes, en milieu de matinée. La température prise à 9 h sous-estime légèrement la moyenne diurne mais reflète mieux la température nocturne, qui pilote vraiment la germination.
La table de référence
| Espèce | T° sol min (°C) | T° sol optimum (°C) | Lever (jours) |
|---|---|---|---|
| Radis | 4 | 18 | 4-6 |
| Mâche | 5 | 15 | 7-14 |
| Salade | 6 | 16 | 7-10 |
| Carotte | 7 | 16 | 14-21 |
| Pois | 7 | 15 | 8-14 |
| Épinard | 8 | 16 | 7-12 |
| Betterave | 10 | 18 | 10-14 |
| Haricot | 12 | 22 | 6-10 |
| Tomate | 14 | 22 | 7-12 |
| Aubergine | 16 | 24 | 10-15 |
| Poivron | 18 | 24 | 12-18 |
| Courgette | 20 | 24 | 5-8 |
| Concombre | 20 | 25 | 5-8 |
| Melon | 22 | 26 | 5-10 |
Durée de conservation des graines
La question quotidienne du jardinier en mars : « le sachet entamé l'an dernier vaut-il encore quelque chose ? » La réponse dépend de l'espèce et des conditions de stockage. La FAO documente des durées de viabilité par famille de potagères qui vont de 1 an à 10 ans pour un stockage au sec, à l'obscurité, sous 15 °C4. Les graines respirent : leur métabolisme consomme leurs réserves jusqu'à épuisement.

La courte mémoire des Alliacées
L'oignon, le poireau et la ciboulette tombent à 1 an de viabilité. Au-delà, le taux de levée chute de moitié à chaque saison. Acheter neuf chaque année est la règle pour les graines d'oignon de couleur, dont le sachet vaut quelques centimes.
La mémoire moyenne : 2 à 4 ans
Le persil, la carotte et la tomate gardent un taux de levée correct pendant 2 à 4 ans. Pour ces espèces, un test de germination préalable rentabilise le geste : poser dix graines sur papier essuie-tout humide, à 20 °C, pendant le délai de levée nominal. Si moins de cinq lèvent, le sachet est mort.
La longue mémoire : 5 à 10 ans
Concombre, courge, courgette, melon et tomate ancienne tiennent 6 à 10 ans quand le stockage est correct. Les Cucurbitacées sont les championnes du potager. Une graine de concombre de 2018 lève encore en 2026 si elle a passé l'été dans un placard sec à 18 °C.
Le tableau de viabilité
| Espèce | Durée de viabilité | Stockage idéal |
|---|---|---|
| Oignon, poireau, ciboulette | 1 an | Bocal verre, sec, ≤ 15 °C |
| Persil | 2 ans | Bocal verre, sec |
| Aneth, panais | 2-3 ans | Bocal verre, sec |
| Carotte | 3 ans | Sachet papier scellé |
| Pois, fève, haricot | 3-5 ans | Bocal verre, silicagel |
| Tomate | 4-5 ans | Bocal verre, sec |
| Salade, laitue | 4-6 ans | Bocal verre, sec |
| Aubergine, poivron | 4-5 ans | Bocal verre, sec |
| Courgette, courge, melon | 5-7 ans | Bocal verre, sec |
| Concombre | 6-10 ans | Bocal verre, sec |
Modes d'échec courants
Aucun calendrier ne tient si la technique de semis dérape. Trois modes d'échec dominent au potager amateur, identifiés et documentés par l'INRAE dans le réseau ephytia : la fonte des semis, le faux départ en sol froid, et la montée à graines précoce7. Les nommer suffit souvent à les éviter.

Fonte des semis : Pythium et Rhizoctonia
La fonte des semis frappe les plantules en deux phases : pré-émergence (la graine pourrit avant de lever) ou post-émergence (la tige s'effondre au collet, ramollie). Les coupables : Pythium et Rhizoctonia, deux champignons opportunistes qui prospèrent en terreau humide stagnant à moins de 15 °C. Parade : terreau de semis stérile, arrosage par capillarité par-dessous, et densité de semis raisonnable.
Faux départ : sol froid
Une graine de haricot semée en sol à 10 °C peut germer mais avec un taux de levée divisé par deux et une croissance bloquée au stade cotylédon. C'est le faux départ, parade : décaler le semis de quinze jours plutôt que de tenter le coup tôt.
Montée à graines précoce
La laitue et le radis semés tard en mai sous chaleur précoce (> 25 °C diurne) bouchonnent et fleurissent sans former de pomme. Au radis, c'est l'allongement de la racine en pivot ligneux. Parade : décaler aux semis d'automne (août-septembre).
Vernalisation incomplète : oignon, carotte
L'oignon de couleur planté en bulbille septembre vernalise pendant l'hiver pour bulber au solstice d'été suivant8. Si l'hiver est doux ou la plantation tardive, la vernalisation est partielle : l'oignon monte à graines au lieu de bulber. La carotte, elle, monte si on tente un semis en jauge l'année précédente.
Densité de semis trop élevée
Trois graines par poquet semblent prudentes ; dix sont la cause numéro un de la fonte des semis et de l'étiolement compétitif. Garder un espacement compatible avec la lumière disponible : 2 cm entre graines de salade, 5 cm pour le radis, 30 cm pour la courgette à terme.
Arrosage en pluie froide
L'arrosoir froid sur graine en germination crée un choc thermique qui ralentit la levée. Préférer l'eau dégourdie à température ambiante, par capillarité dans une soucoupe, le matin pour que la surface sèche avant la nuit.
Calendrier lunaire : que dit la science
Le calendrier lunaire de jardinage prescrit des fenêtres de semis et de récolte selon la phase de la Lune (croissante/décroissante) et son passage dans une constellation zodiacale (jour-feuille, jour-fruit, jour-racine, jour-fleur). Codifié par l'agriculture biodynamique de Maria Thun dans les années 1950, il fait l'objet d'une littérature abondante mais d'aucune méta-analyse agronomique reproductible sur la croissance des potagères3.

Ce que les études ont mesuré
Les rares essais contrôlés ne trouvent pas de différence statistiquement significative entre des semis effectués en jour-fruit et des semis effectués en jour-feuille pour des cultures comme la tomate ou la carotte. Quand un effet apparaît, il rentre dans la marge de variabilité liée à la météo, à l'humidité du sol et au lot de semence9.
Ce que la mécanique permettrait
L'effet gravitationnel de la Lune sur la sève (analogue aux marées océaniques) est calculable : il représente quelques fractions de micromètre de déplacement, négligeable face à la transpiration foliaire diurne. L'argument de la lumière nocturne est plus défendable, mais la pleine lune n'apporte que 0,2 lux, contre 1 000 lux d'un matin couvert.
Pourquoi le calendrier survit
Suivre un calendrier lunaire impose une régularité d'observation que la plupart des jardiniers n'auraient pas autrement. Cette régularité explique probablement les bons résultats reportés. Le calendrier sert de béquille calendaire, pas de mécanisme physique.
Position pratique
Si suivre la Lune motive le geste, c'est gagné. Si elle freine un semis quand le sol est à 14 °C et que la fenêtre météo est ouverte, c'est perdu. Le seuil de température et la prévision à sept jours pèsent davantage que la phase lunaire.
Cinq étapes pour réussir un semis sous abri
Le semis sous abri d'une Solanacée tient en cinq gestes ordonnés. Ces étapes valent pour la tomate, l'aubergine et le poivron en terrine ou en godet, à reproduire à l'identique mi-février pour les plus lentes et mi-mars pour la tomate.
Remplir le contenant de terreau de semis fin tamisé jusqu'à 3 cm du bord. Le terreau de semis (mélange tourbe + perlite) est plus pauvre en éléments fertilisants qu'un terreau universel : il oblige la plantule à émettre vite des racines pour aller chercher la nourriture.

Étape 1, remplissage (peganum from Small Dole, England, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons). Tasser légèrement avec le plat de la main pour niveler la surface. L'objectif n'est pas de compacter mais d'éviter les poches d'air où la racine se dessèche. Arroser ensuite par capillarité en posant le contenant dans une soucoupe d'eau pendant trois minutes.

Étape 2, nivellement (peganum from Small Dole, England, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons). Disposer les graines à la surface, espacées de leur taille (2 mm pour la salade, 5 mm pour la tomate). Pas plus de trois graines par godet de 7 cm. La densité est l'erreur la plus coûteuse à long terme.

Étape 3, semis (peganum from Small Dole, England, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons). Recouvrir d'une fine couche de terreau tamisé ou de gravillons (1 à 2 fois la taille de la graine). Une fine couche de gravillons en surface limite la formation d'une croûte qui bloque les cotylédons.

Étape 4, recouvrement (peganum from Small Dole, England, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons). Maintenir 18-22 °C et 14 h de lumière jusqu'à apparition de la deuxième paire de vraies feuilles. Repiquer en godet individuel à ce stade pour donner à chaque plantule l'espace racinaire d'une croissance saine. Acclimater à l'extérieur sept jours avant le repiquage en pleine terre.

Étape 5, repiquage (peganum from Small Dole, England, CC BY-SA 2.0, Wikimedia Commons).
Que peut-on semer en mars au potager ?
En mars, sous abri à 18-22 °C : tomate, basilic, salade. En pleine terre dès que le sol atteint son seuil : radis (4 °C), salade (6 °C), carotte et pois (7 °C), épinard. Les Solanacées (aubergine, poivron) ont déjà été démarrées en février ; les Cucurbitacées attendent avril2. Au sud de la Loire, ajouter la fève, le persil et la roquette en pleine terre dès la première semaine.
Faut-il vraiment attendre les Saints de glace pour repiquer les tomates ?
Au nord de la Loire, oui. Météo-France documente une probabilité résiduelle de gelée jusqu'au en plaine d'Île-de-France et jusqu'au en moyenne montagne1. Une seule nuit à 0 °C tue un plant de tomate. Sur la côte méditerranéenne, le repère perd toute valeur opérationnelle car la dernière gelée moyenne tombe mi-avril.
Combien de temps les graines de tomate restent-elles viables ?
Les graines de tomate gardent un taux de levée correct pendant 4 à 5 ans en bocal hermétique, au sec, sous 15 °C4. Au-delà, le test à dix graines sur papier humide à 20 °C tranche : si moins de la moitié lève dans le délai nominal de 7-12 jours, racheter neuf. Pour comparaison, l'oignon tombe à 1 an et le concombre tient 6 à 10 ans.
Comment éviter la fonte des semis ?
La fonte des semis est causée par les champignons Pythium et Rhizoctonia qui prospèrent en terreau humide stagnant à moins de 15 °C7. Quatre parades cumulables : terreau de semis stérile (jamais de terre de jardin), arrosage par capillarité par-dessous, densité raisonnable (3 graines maximum par godet de 7 cm), et aération de l'abri dès que les cotylédons sortent.

