Comméline commune (Commelina communis, )
La comméline commune (Commelina communis L., 1753) est une Commelinaceae annuelle originaire d'Asie de l'Est et du nord de l'Asie du Sud-Est, de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe au Viêt Nam. Sa fleur, qui ne s'ouvre qu'une matinée, associe deux grands pétales bleus dressés et un petit pétale blanc presque invisible. Introduite en Europe centrale et en Amérique du Nord, elle y colonise surtout les sols humides et perturbés.
Lire la suiteComméline commune, Misère asiatique, Asiatic dayflower, Common dayflower, Dayflower et Yazhicao
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre, tolère les lisières forestières ombragées




© photo
(c) NotAnonymous, some rights reserved (CC BY-SA) · cc-by-sa
Nathan Aaron · cc-by
iNaturalist User · cc-by
Taken Sep 19, 2020 by R Altaïr (cc-by-sa)
Taken Jul 15, 2001 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
Taken Nov 15, 2012 by Photoflora - Benoit BOCK (©)
Taken Sep 1, 2017 by Llandrich anna (cc-by-sa)
Taken Jul 20, 2011 by Tela Botanica − Bertrand BUI (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native de Commelina communis couvre l'essentiel de l'Asie de l'Est et le nord de l'Asie du Sud-Est, de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe au Viêt Nam. Introduite en Europe centrale et orientale ainsi qu'en Amérique du Nord, l'espèce y est aujourd'hui largement naturalisée, sans statut envahissant marqué partout où elle est présente.
- Native5
- Introduite3
- Envahissante1
- Chine
- Japon
- Corée
- Russie (Extrême-Orient)
- Viêt Nam
- France métropolitaine
- Europe centrale et orientale
- Canada (Ontario, Québec)
- États-Unis
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
La comméline commune (Commelina communis L., 1753), aussi appelée misère asiatique, est une plante herbacée annuelle du genre Commelina, dans la famille des Commelinaceae. Linné décrit cette espèce en 1753 dans la première édition du Species Plantarum, aux côtés de huit autres Commelina ; il en fait l'espèce type du genre, dont les caractères définissent officiellement l'ensemble de Commelina. 3 1
Le nom de genre rend hommage aux botanistes néerlandais Jan et Caspar Commelijn : Linné associe les deux grands pétales bleus dressés de la fleur aux deux frères, dans cette même espèce choisie comme type du genre. Le nom anglais dayflower et le nom chinois yazhicao, herbe patte de canard, décrivent la même fleur éphémère, ouverte un seul matin. 3
Reconnaissance
Commelina communis forme des tiges d'abord couchées à la base, puis dressées vers l'extrémité, qui s'enracinent à chaque nœud au contact d'un sol humide. Les feuilles, sessiles ou presque, lancéolées à ovales, longues de 3 à 12 cm et à base asymétrique, restent elles aussi un repère utile pour confirmer l'espèce sur le terrain. 3 4
La fleur reste, plus que la feuille ou la tige, le repère le plus fiable pour distinguer Commelina communis des autres espèces bleues du genre : portée par une spathe en forme de cœur, elle associe deux grands pétales bleus dressés d'environ 1 cm et un petit pétale blanc inférieur, presque invisible. Ouverte le matin, la fleur se fane avant la fin du jour, un cycle qui vaut à l'espèce son nom anglais dayflower. 3
Sur les six étamines de la fleur, trois seulement sont fertiles et colorées différemment, une centrale jaune à connectif marron et deux latérales brun-indigo ; les trois autres, jaunes et disposées en croix, sont stériles et dépourvues de pollen. Le fruit est une capsule brune de 4,5 à 8 mm, à deux loges renfermant chacune deux graines anguleuses. 3
Taxonomie utile
Les révisions taxonomiques ont rattaché plusieurs noms en synonymie à Commelina communis : Commelina polygama Roth, 1790, Commelina barbata et Commelina salicifolia Bojer, Commelina willdenowii Kunth, 1841, et Commelina coreana H.Lév., 1910, cette dernière décrite à partir de populations coréennes. 3 1
Deux variétés restent discutées par les botanistes : Commelina communis var. ludens (Miq.) C.B.Clarke, aux fleurs plus sombres et à répartition montagnarde selon la Flore du Japon, mais que certains auteurs jugent impossible à séparer de façon constante de la forme type ; et Commelina communis var. hortensis Makino, une forme cultivée aux fleurs plus grandes utilisée pour la teinture. Une forme panachée, f. aureostriata MacKeever, 1961, apparaît aussi de façon sporadique dans toute l'aire de l'espèce. 3
Habitat et répartition
L'aire native de Commelina communis couvre l'essentiel de l'Asie de l'Est et le nord de l'Asie du Sud-Est, de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe au Viêt Nam, en passant par la Chine, la Corée et le Japon. 1 2
L'espèce recherche les lieux ouverts et humides : lisières forestières ombragées, champs cultivés, vergers, fossés et bords de route, jusqu'à 2 400 m d'altitude à Taïwan. Introduite en Europe centrale et orientale ainsi qu'en Amérique du Nord, elle colonise surtout les terrains perturbés et les lisières de champs. En France, l'INPN la recense comme une adventice localement présente, sans statut envahissant marqué. 3 6
Cycle et reproduction
La floraison s'étale de l'été à l'automne ; chaque fleur ne dure qu'une matinée. Faute de nectar, la plante n'offre que du pollen en récompense à ses visiteurs, et ce sont surtout l'abeille asiatique Apis cerana, le syrphe Episyrphus balteatus et le bourdon Bombus diversus qui assurent la pollinisation. 7
Une expérience de retrait a montré que les étamines stériles jaunes, bien que sans pollen, augmentent le nombre de visites en imitant les étamines fertiles ; retirer au contraire l'étamine centrale fertile réduit les visites qui déposent effectivement du pollen sur le stigmate. Les étamines stériles attirent donc les pollinisateurs sans les récompenser, tandis que la centrale fertile assure le contact réel avec le stigmate : ce partage des rôles explique pourquoi la fleur conserve six étamines alors que trois seulement produisent du pollen. 7
Après fécondation, la capsule mûrit en quelques semaines et libère jusqu'à quatre graines anguleuses par fruit. La plante se ressème abondamment, et chaque nœud de tige au contact du sol humide peut aussi émettre de nouvelles racines : ce second mode de propagation explique la formation rapide de colonies denses. 3
Usages et risques
Aucune toxicité n'est documentée pour Commelina communis : ses jeunes feuilles et pousses sont comestibles, crues ou cuites, avec une texture mucilagineuse, et la plante fournit aussi du fourrage en Chine et en Inde. 5
En médecine chinoise traditionnelle, la plante est employée comme fébrifuge et anti-inflammatoire, notamment contre les maux de gorge et l'amygdalite ; elle a aussi un usage diurétique reconnu. Deux composés isolés de la plante, l'acide p-hydroxycinnamique et le D-mannitol, montrent respectivement une activité antibactérienne et antitussive documentée en laboratoire. 3
Au Japon, la variété hortensis, cultivée pour ses grandes fleurs, fournit un jus bleu utilisé pour teindre le papier aigami. La commelinine, ce pigment extrait de la variété, a coloré de nombreuses estampes ukiyo-e aux dix-huitième et dix-neuvième siècles, avant d'être en grande partie remplacée par le bleu de Prusse, plus stable à la lumière. 3
Dans certaines régions introduites d'Amérique du Nord, l'espèce est classée adventice occasionnellement envahissante par les autorités de conservation, sans bouleverser durablement les écosystèmes en place. Dans le nord-est de la Chine, où elle est pourtant native, elle cause aussi des dégâts agricoles reconnus en verger. 8 3
Variétés, confusions et plantes proches
Commelina communis n'a pas de véritable cultivar ornemental répandu : les variétés reconnues restent surtout des curiosités botaniques ou tinctoriales, jamais sélectionnées pour le jardin d'agrément. 3
Face aux autres espèces bleues du genre Commelina et aux Tradescantia au port rampant comme Tradescantia zebrina, les critères les plus fiables pour confirmer Commelina communis restent la taille et la couleur des pétales, ainsi que la présence du petit pétale blanc inférieur. 3
La plante trouve aussi un usage inattendu en recherche : ses feuilles produisent des empreintes épidermiques d'une seule couche de cellules, ce qui en fait une espèce modèle classique pour étudier le fonctionnement des stomates en physiologie végétale. 3
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Commelina communis L.
- GBIF, Commelina communis L. species page
- Wikipedia (EN), Commelina communis - Asiatic dayflower
- NC State Extension, Commelina communis - Asiatic Dayflower
- Plants For A Future, Commelina communis
- INPN / MNHN, Commelina communis L., 1753 - Comméline commune
- Ushimaru et al., 2007, American Journal of Botany, floral organs and pollinator behaviour in Commelina communis
- Virginia Department of Conservation and Recreation, Invasive Plant Species of Virginia
Questions fréquentes
La comméline commune est-elle toxique ?
Aucune toxicité n'est documentée. Ses jeunes feuilles et pousses sont même comestibles, crues ou cuites, avec une texture mucilagineuse proche de certains légumes verts asiatiques.
Pourquoi les fleurs de Commelina communis ne durent-elles qu'un jour ?
Chaque fleur s'ouvre le matin et se fane avant la fin de la journée, un trait qui a valu à l'espèce son nom anglais dayflower et son nom japonais tsuyukusa, herbe de rosée.
Pourquoi certaines étamines de la fleur ne servent-elles pas à la pollinisation ?
Trois des six étamines sont stériles et ne portent aucun pollen. Des expériences de retrait ont montré qu'elles servent surtout à attirer davantage d'insectes vers les étamines fertiles, un leurre floral bien documenté.
La comméline commune est-elle envahissante ?
Dans certaines régions introduites d'Amérique du Nord, elle est classée adventice occasionnellement envahissante, sans bouleverser les écosystèmes en place. Dans le nord-est de la Chine, où elle est native, elle cause aussi des dégâts agricoles reconnus en verger.
À quoi sert la comméline commune au Japon ?
Une variété cultivée aux fleurs plus grandes, hortensis, fournit un jus bleu utilisé pour teindre le papier aigami, un support qui a servi à préparer des estampes ukiyo-e aux dix-huitième et dix-neuvième siècles.
Comment reconnaître la comméline commune sur le terrain ?
Le repère le plus fiable reste la fleur — deux grands pétales bleus dressés au-dessus d'un petit pétale blanc presque invisible, portée par une spathe en forme de cœur.
La comméline commune a-t-elle un usage médicinal ?
En médecine chinoise traditionnelle, la plante est utilisée comme fébrifuge et anti-inflammatoire, notamment contre les maux de gorge ; des composés comme l'acide p-hydroxycinnamique montrent une activité antibactérienne documentée.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







