Cryptomère du Japon (Cryptomeria japonica, )
Le cryptomère du Japon (Cryptomeria japonica) est un grand conifère persistant de la famille des Cupressaceae, originaire du Japon et unique représentant vivant de son genre. Il se reconnaît à son écorce fibreuse qui se détache en longues lanières, à ses feuilles en alène incurvée en faucille et à sa silhouette conique élancée, largement plantée en sylviculture au Japon comme aux Açores.
Lire la suiteCryptomère du Japon, Cèdre du Japon, Sugi, Japanese cedar et Japanese redwood






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Taken Sep 22, 2020 by Dieter Albrecht (cc-by-sa)
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Répartition mondiale
L'aire native de Cryptomeria japonica couvre le Japon, de Kyushu au nord de Honshu, en dessous de 400 m d'altitude. Plants of the World Online y ajoute une population chinoise du Sichuan au nord-ouest du Zhejiang, entre 1 100 et 2 500 m, dont l'origine native ou introduite reste débattue selon les auteurs. Hors de cette aire, l'espèce est largement cultivée pour la sylviculture et l'ornement.
- Native2
- Introduite3
- Japon
- Chine
- Portugal (Açores)
- La Réunion
- Madagascar
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le cryptomère du Japon (Cryptomeria japonica (Thunb. ex L.f.) D.Don, 1838), aussi appelé cèdre du Japon, est un conifère de la famille des Cupressaceae et l'unique espèce vivante du genre Cryptomeria. Au Japon, où on l'appelle sugi, il compte parmi les essences forestières les plus plantées du pays. 1 7
Le nom vernaculaire japanese cedar entretient une confusion fréquente : l'arbre n'appartient pas au genre Cedrus, qui regroupe les vrais cèdres de la famille des Pinaceae, mais à une lignée distincte de Cupressaceae, plus proche du cyprès chauve (Taxodium distichum) que des cèdres méditerranéens ou himalayens. 4
Le nom de genre vient du grec kryptos (caché) et meris (partie), en référence aux graines enfermées sous les écailles du cône. La description botanique complète revient au naturaliste britannique David Don, qui la publie en 1838 à partir de matériel initialement récolté par Thunberg. 1
Reconnaissance
Cryptomeria japonica est un grand conifère à silhouette conique étroite et à croissance rapide. Dans son aire native, il atteint couramment 25 à 40 m, avec des sujets exceptionnels dépassant 50 m, jusqu'à 65 m pour les individus les plus hauts jamais mesurés ; le tronc peut alors dépasser 3 m de diamètre. 4
L'écorce brun-rougeâtre, fibreuse, se détache en longues lanières verticales, un trait partagé avec plusieurs Cupressaceae mais rarement aussi marqué. Les feuilles, en alène incurvée en faucille, mesurent environ 0,7 à 1,4 cm et s'enroulent en spirale serrée autour du rameau ; elles persistent 4 à 5 ans avant de tomber et prennent souvent des teintes bronze à rougeâtre en hiver, chez le type comme chez plusieurs cultivars. 4 6
Les cônes femelles, globuleux et petits, mesurent 0,9 à 1,6 cm de diamètre, parfois jusqu'à 2,5 cm, et portent 20 à 30 écailles pointues ; ils mûrissent en brun dès l'automne de leur première année, contrairement aux cônes pluriannuels observés chez de nombreux autres conifères. 4
Taxonomie utile
Plants of the World Online retient une aire native qui s'étend du centre et sud du Japon, de Kyushu au nord de Honshu, jusqu'à 400 m d'altitude, mais aussi une population chinoise du Sichuan au nord-ouest du Zhejiang, entre 1 100 et 2 500 m. Le statut de cette population chinoise, parfois nommée Cryptomeria japonica var. sinensis Miq., reste débattu : plusieurs travaux la traitent comme le résultat d'une introduction ancienne liée à la culture bouddhiste, et non comme une répartition naturelle. 1 4
Le genre Cryptomeria est monotypique : une seule espèce vivante, sans espèce sœur actuelle, ce qui simplifie l'identification une fois le genre reconnu. La confusion se joue donc surtout au niveau du genre, avec Cedrus, Taxodium et certains Chamaecyparis à feuillage également persistant et à port conique. 1
Habitat et répartition
Au Japon, Cryptomeria japonica pousse en peuplements purs ou mélangés dans les forêts tempérées humides de montagne et de piémont, presque toujours sous 400 m d'altitude. L'espèce forme aussi l'essentiel des vastes plantations forestières du pays : l'État japonais les replante à grande échelle après la Seconde Guerre mondiale pour reconstituer un patrimoine boisé exsangue. 4 7
Hors du Japon, l'arbre a été introduit et largement cultivé pour la production de bois ou l'ornement. Aux Açores, il forme aujourd'hui une part importante des forêts de production ; on le retrouve aussi à La Réunion, à Madagascar et dans plusieurs pays d'Europe et d'Asie tempérée. 7
Les plus vieux sujets documentés poussent sur l'île de Yakushima : le Jōmon Sugi affiche un tronc de 5,2 m de diamètre pour 25,3 m de hauteur. Une datation au radiocarbone évoque environ 3 000 ans, un chiffre discuté ; une coupe de tronc conservée à l'office forestier de Shimoyaku permet, elle, de compter directement 1 776 cernes annuels. 4
Cycle et reproduction
Cryptomeria japonica est monoïque : chaque arbre porte séparément des cônes mâles et des cônes femelles, pollinisés par le vent en fin d'hiver et au début du printemps. Les cônes mâles se regroupent en petites grappes terminales de 6 à 35 cônelets, virant du rouge prune au jaune à maturité. 4 5
Contrairement à de nombreux conifères dont les cônes mettent deux ans à mûrir, les cônes femelles de C. japonica arrivent à maturité dès l'automne de leur première année, brunissent puis libèrent leurs graines. La croissance reste rapide toute la jeunesse de l'arbre, plusieurs dizaines de centimètres par an, ce qui explique son usage massif en sylviculture. 4 5
En horticulture, la multiplication se fait par semis, après une stratification froide de deux à trois semaines, ou par bouturage de rameaux d'automne sous châssis froid ; le bouturage reste la seule méthode fiable pour reproduire fidèlement un cultivar nain ou à feuillage coloré. 5
Usages et risques
Le bois, léger, aromatique, à grain fin et naturellement résistant à la pourriture, sert depuis des siècles à la construction de bâtiments, de ponts, de bateaux et de mobilier, et reste aujourd'hui l'un des bois de charpente les plus utilisés au Japon. 4 5
L'arbre est traditionnellement planté autour des temples et sanctuaires, où de très vieux sujets sont parfois vénérés comme arbres sacrés ; il est aussi considéré comme un symbole national du Japon. Son abondance en zone urbaine a toutefois un revers documenté : le pollen du sugi compte parmi les principales causes de rhinite allergique saisonnière au Japon, un problème de santé publique lié aux reboisements massifs d'après-guerre. 7
Côté toxicité, aucune donnée ne classe Cryptomeria japonica parmi les plantes dangereuses pour les chats ou les chiens : l'espèce n'apparaît pas sur les listes de plantes toxiques de l'ASPCA. Le risque documenté reste réactif plutôt que toxique, sous forme d'allergie au pollen ou, plus rarement, de dermite de contact avec la résine. 8
Variétés, confusions et plantes proches
De nombreux cultivars nains ou à feuillage coloré ont été sélectionnés, dont plusieurs distingués par l'Award of Garden Merit de la Royal Horticultural Society. Elegans conserve toute sa vie un feuillage juvénile souple qui vire au bronze en hiver ; Sekkan-sugi pousse des jeunes rameaux jaune doré au printemps ; Globosa Nana et Vilmoriniana forment des boules naines à croissance très lente, adaptées à la rocaille. 2 3
Les principales confusions concernent les vrais cèdres du genre Cedrus, reconnaissables à leurs aiguilles groupées en bouquets et non spiralées, le cyprès chauve Taxodium distichum, caduc et non persistant, et certains Chamaecyparis à feuillage en écailles plates plutôt qu'en alènes incurvées. Le port conique étroit et l'écorce qui se détache en longues lanières restent les repères les plus fiables sur le terrain. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Cryptomeria japonica (Thunb. ex L.f.) D.Don
- Royal Horticultural Society, Cryptomeria japonica Bandai-sugi
- Royal Horticultural Society, AGM ornamentals list (cultivars Cryptomeria japonica)
- The Gymnosperm Database, Cryptomeria japonica
- Plants For A Future, Cryptomeria japonica
- NC State Extension, Cryptomeria japonica (Japanese Cedar)
- Encyclopaedia Britannica, Japanese cedar
- ASPCA, Toxic and Non-Toxic Plant List - Cats
Questions fréquentes
Le cryptomère du Japon est-il un vrai cèdre ?
Non. Cryptomeria japonica appartient à la famille des Cupressaceae et non à celle des Pinaceae, qui regroupe les vrais cèdres du genre Cedrus. Le nom japanese cedar reste un usage vernaculaire, pas une classification botanique.
Le cryptomère du Japon est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Aucune donnée ne classe l'espèce parmi les plantes toxiques pour les animaux domestiques usuels ; elle n'apparaît pas sur les listes de plantes toxiques de l'ASPCA. Le risque documenté reste surtout allergique, lié au pollen.
Le cryptomère pousse-t-il vraiment aussi en Chine ?
Plants of the World Online reconnaît une population chinoise du Sichuan au nord-ouest du Zhejiang, mais son caractère indigène ou introduit reste débattu ; plusieurs études l'associent à une introduction ancienne liée à la culture bouddhiste.
Quelle taille atteint un cryptomère du Japon adulte ?
Dans son aire native, l'arbre atteint couramment 25 à 40 m, avec des sujets exceptionnels dépassant 50 m et jusqu'à 65 m pour les plus hauts individus mesurés. En parc ou en jardin, la taille reste généralement plus modeste.
Pourquoi les aiguilles brunissent-elles en hiver ?
Un feuillage qui bronze en hiver est normal chez le type et chez plusieurs cultivars comme Elegans. Un brunissement plus sévère signale plutôt un froid desséchant, un vent fort ou une exposition trop dégagée en sol sec.
Comment distinguer Cryptomeria japonica de Cedrus ou de Taxodium ?
Les vrais cèdres portent des aiguilles groupées en bouquets, non spiralées. Le cyprès chauve (Taxodium distichum) perd son feuillage en hiver, contrairement au cryptomère. L'écorce fibreuse qui se détache en longues lanières reste le repère le plus fiable sur le terrain.
Le cryptomère du Japon convient-il à un petit jardin ?
L'espèce type demande un espace largement dégagé à maturité. Pour un petit jardin, les cultivars nains comme Globosa Nana ou Vilmoriniana offrent une alternative compacte, à croissance beaucoup plus lente.
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