Papyrus (Cyperus papyrus, )
Le papyrus (Cyperus papyrus) est une vivace herbacée des Cyperaceae, native des zones humides d'Afrique subsaharienne et de Madagascar. Ses tiges triangulaires dépourvues de vraies feuilles portent une ombelle en pompon caractéristique, et son usage comme support d'écriture a traversé près de quatre millénaires d'histoire égyptienne, grecque puis romaine.
Lire la suitePapyrus, Souchet à papier, Souchet du Nil, Jonc du Nil, Papyrus Sedge et Paper Reed
Placez en plein soleil, lumière directe intense toute la journée.
Plein soleil, tolère une mi-ombre légère





© photo
(c) Shaun Swanepoel, some rights reserved (CC BY), uploaded by Shaun Swanepoel · cc-by
Karen Soacha · cc-by
Thomas Mesaglio · cc-by
Taken Oct 6, 2022 by Backhaus (cc-by-sa)
Taken Apr 23, 1985 by Andrew Gagg (cc-by-sa)
Taken Jun 10, 2021 by Espinoza-Zevallos Marco Elías (cc-by-sa)
Taken Jul 7, 2018 by Miguel Blanco Marigorta (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native de Cyperus papyrus couvre la majeure partie de l'Afrique subsaharienne humide et Madagascar. Deux populations isolées hors de cette aire continue, en Sicile et dans la vallée du Houla en Israël, restent d'introduction ancienne ou d'origine incertaine. Aux États-Unis, la plante s'est échappée de la culture et se comporte en envahissante localisée.
- Native6
- Introduite2
- Envahissante1
- Égypte
- Soudan du Sud
- Ouganda
- République démocratique du Congo
- Madagascar
- Botswana
- Italie
- Israël
- États-Unis
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le papyrus (Cyperus papyrus L., 1753), aussi appelé souchet à papier ou souchet du Nil, est une vivace herbacée du genre Cyperus, dans la famille des Cyperaceae, largement répandue dans les zones humides d'Afrique subsaharienne et à Madagascar. 1 9
Le nom de genre Cyperus dérive du grec ancien kúpeiros, qui désignait déjà d'autres souchets dans l'Antiquité ; l'épithète papyrus vient du grec pápuros, décrit pour la première fois par le botaniste Théophraste au IVe siècle av. J.-C. Le français « papier » descend de ce même mot, via le latin populaire papilus, transmis à la langue entre la fin du XIIe et le début du XIVe siècle. 7
Reconnaissance
Cyperus papyrus forme des touffes denses de tiges dressées, triangulaires, dépourvues de vraies feuilles : seules des écailles brun-rougeâtre couvrent la base de la tige et le rhizome. La plante atteint couramment 3 à 5 m de haut, avec des records signalés jusqu'à 9 ou 10 m sur certaines rives de lacs d'altitude ; la tige mesure 5 à 6 cm de diamètre à la base, parfois jusqu'à 15 cm chez les sujets les plus vigoureux. 4 2
Chaque tige se termine par une ombelle en forme de plumeau, portant 50 à 150 rayons filiformes longs de 10 à 30 cm et encadrés de bractées triangulaires. De petits épillets brun-vert apparaissent aux extrémités des rayons durant la saison chaude, avant de donner de minuscules fruits secs en forme de noix. Cette silhouette en pompon distingue le papyrus (Cyperus papyrus) des joncs et des roseaux qui partagent son habitat : ces derniers portent des feuilles plates, quand la tige nue du papyrus reste triangulaire du pied à l'ombelle. 2 6
Taxonomie utile
Le nom accepté reste Cyperus papyrus L., publié en 1753. L'espèce se divise en plusieurs sous-espèces géographiques bien documentées :
- Cyperus papyrus subsp. papyrus, la forme type, occupe l'Afrique tropicale et australe jusqu'en Égypte et au nord d'Israël
- Cyperus papyrus subsp. madagascariensis (Willd.) Kük. pousse uniquement à Madagascar et en Afrique tropicale orientale
- Cyperus papyrus subsp. zairensis (Chiov.) Kük. couvre le bassin du Congo jusqu'à l'Angola
- Cyperus antiquorum Willd. désigne un ancien synonyme, longtemps confondu avec la forme type
Le nom botanique complet empêche une confusion commerciale fréquente : chez les jardineries, la simple étiquette « papyrus » recouvre aussi Cyperus alternifolius, une espèce voisine mais distincte, plus petite et à feuillage aplati en étoile plutôt qu'en pompon filiforme. 1 9
Habitat et répartition
L'espèce occupe la majeure partie de l'Afrique subsaharienne humide, du Sudd sud-soudanais aux lacs Victoria, Kyoga et Tchad, en passant par le bassin du Congo, le delta de l'Okavango et Madagascar. Une population relictuelle isolée subsiste aussi le long du fleuve Ciane en Sicile, introduite dès le haut Moyen Âge, ainsi que dans la vallée du Houla en Israël, d'origine incertaine. 1 7
En Égypte même, le papyrus a pratiquement disparu entre le XVIIIe et le XIXe siècle, victime du défrichement agricole ; les peuplements actuels descendent en grande partie d'une réintroduction menée par l'agronome Gustave Delchevalerie à la fin du XIXe siècle. 7
La plante recherche les eaux peu profondes, riches en nutriments et bien ensoleillées, avec le pied souvent immergé jusqu'à 2 m ; ses rhizomes ligneux et ses tiges mortes accumulées forment des radeaux flottants, le sudd, capables d'obstruer des cours d'eau entiers. Ces peuplements abritent une faune inféodée aux marais à papyrus, du gonolek des papyrus au sitatunga et au crocodile du Nil. L'espèce est classée en préoccupation mineure par l'UICN, malgré des extinctions locales liées au drainage. 4 5
Cycle et reproduction
La floraison survient toute l'année là où l'eau reste disponible en permanence, avec un pic entre juillet et septembre sous climat tempéré cultivé. Les épillets brun-vert, groupés aux extrémités des rayons, produisent de petits fruits secs dispersés par l'eau et le vent. 4 5
En pleine nature, la multiplication se fait aussi bien par graine que par extension végétative du rhizome, qui émet régulièrement de nouvelles tiges et permet à une touffe de coloniser rapidement une berge. En culture, la division du rhizome au printemps favorise une reprise en 2 à 4 semaines. Cyperus alternifolius, souvent vendu sous la même étiquette « papyrus », se bouture au contraire à partir d'une tête d'ombelle simplement retournée dans l'eau : Cyperus papyrus refuse ce mode de multiplication et exige la division. 2 6
Usages et risques
Le papyrus a été le principal support d'écriture pendant près de quatre millénaires, de l'Égypte antique à l'Empire byzantin ; un fragment retrouvé dans une tombe de la première dynastie égyptienne, daté d'environ 2900 av. J.-C., en fait l'un des plus anciens supports écrits connus. La moelle blanche de la tige, débarrassée de son écorce, était découpée en lamelles, martelée, puis pressée entre deux peaux avant séchage. 7
La plante a fourni aussi des embarcations légères, encore construites aujourd'hui sur le lac Tana en Éthiopie ou le lac Tchad, ainsi que des fibres tressées en nattes, sandales et cordages ; les sandales du tombeau de Toutânkhamon en restent un exemple célèbre. La moelle des jeunes pousses se consomme crue ou cuite, mâchée comme une canne à sucre. Aucun principe toxique n'est documenté chez Cyperus papyrus, qui reste sans danger connu pour l'humain comme pour les animaux domestiques. 6 7
En Égypte antique, le papyrus était l'emblème de la Basse-Égypte et de la déesse Ouadjet ; la section triangulaire de sa tige évoquait les pyramides, et ses ombelles rappelaient les rayons du dieu solaire Amon-Rê dans les salles hypostyles des temples. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Le cultivar 'Nanus', distingué par la RHS d'un Award of Garden Merit, forme une touffe compacte d'environ 1 m, mieux adaptée aux petits bassins que la forme type. Les noms commerciaux 'King Tut' et 'Baby Tut' désignent des sélections naines vendues en jardinerie, sans statut botanique formel : ce sont des étiquettes horticoles, pas des variétés décrites. 3
La confusion la plus fréquente touche Cyperus alternifolius, vendu comme « papyrus nain » ou « plante ombrelle » : plus petit, à feuillage aplati en étoile régulière plutôt qu'en pompon filiforme, il se bouture facilement à partir d'une tête coupée posée dans l'eau, ce que Cyperus papyrus ne permet pas. Le nombre de rayons de l'ombelle tranche entre les deux espèces : le papyrus en porte 50 à 150, filiformes et retombants en pompon dense, quand Cyperus alternifolius affiche des rayons courts et plats, disposés en étoile régulière. 6 2
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Cyperus papyrus L.
- Royal Horticultural Society, Cyperus papyrus
- Royal Horticultural Society, Cyperus papyrus Nanus
- Missouri Botanical Garden, PlantFinder Cyperus papyrus
- NC State Extension, Cyperus papyrus
- Plants For A Future, Cyperus papyrus
- Encyclopaedia Britannica, papyrus plant
- Tela Botanica, Cyperus papyrus
- Wikidata, Cyperus papyrus (Q158808)
Questions fréquentes
Le papyrus est-il toxique pour les chats ou les chiens ?
Non. Aucun principe toxique n'est documenté dans les tiges, le rhizome ou les jeunes pousses de Cyperus papyrus, qui reste sans danger connu pour les animaux domestiques comme pour l'humain.
Quelle différence entre le papyrus et la plante ombrelle ?
Cyperus alternifolius, souvent vendu comme papyrus nain ou plante ombrelle, reste plus petit et porte un feuillage aplati en étoile régulière, alors que Cyperus papyrus forme un pompon filiforme dense de 50 à 150 rayons.
Le papyrus peut-il pousser en pot sans bassin ?
Oui, à condition que le pot reste immergé ou rempli d'eau libre en permanence, par exemple dans une soucoupe profonde. Un substrat qui s'assèche même brièvement fait brunir le feuillage rapidement.
Pourquoi le papyrus a-t-il presque disparu d'Égypte ?
Le défrichement agricole a fait reculer la plante entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Les peuplements actuels descendent largement d'une réintroduction menée par l'agronome Gustave Delchevalerie à la fin du XIXe siècle.
Comment multiplier Cyperus papyrus ?
Par division du rhizome au printemps, la méthode la plus fiable en culture, ou par semis frais en sol détrempé. La plante ne se bouture pas comme Cyperus alternifolius.
Le papyrus résiste-t-il au gel ?
Non. Le feuillage est détruit dès 0 °C et la souche est menacée sous -5 °C sans protection. En climat tempéré, une rentrée hivernale hors gel reste indispensable.
À quoi servait le papyrus dans l'Égypte antique ?
Principalement comme support d'écriture, mais aussi pour construire des embarcations légères, tresser des nattes et des sandales, et fournir une moelle comestible dans les jeunes pousses.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







