Coco de mer (Lodoicea maldivica, )
Le coco de mer (Lodoicea maldivica) est l'unique espèce vivante du genre Lodoicea, dans la famille des Arecaceae. Endémique stricte des îles de Praslin et Curieuse, aux Seychelles, ce palmier porte la graine la plus grosse et la plus lourde du règne végétal, bien qu'il ait longtemps été attribué par erreur aux Maldives, où ses noix flottantes venaient s'échouer.
Lire la suiteCoco de mer, Cocotier de mer, Cocofesse, Double coconut, Sea coconut et Coco des Maldives
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Répartition mondiale
L'aire native stricte de Lodoicea maldivica se limite aux îles de Praslin et Curieuse, aux Seychelles. L'espèce a aussi existé historiquement sur les îlots voisins de St Pierre, Chauve-Souris et Île Ronde, où elle avait disparu avant une réintroduction récente. Hors de cette aire restreinte, elle n'est présente qu'en collections de jardins botaniques tropicaux, sous forme de sujets plantés et non de population naturalisée.
- Native2
- Praslin (Seychelles)
- Curieuse (Seychelles)
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le coco de mer (Lodoicea maldivica (J.F.Gmel.) Pers., 1807) est l'unique espèce vivante du genre Lodoicea, dans la famille des Arecaceae, aussi appelé cocotier de mer. Son nom trompe : la plante ne pousse pas aux Maldives. Ses graines, entraînées par les courants marins, s'échouaient sur les plages maldiviennes bien avant que les botanistes ne localisent l'arbre lui-même sur les Seychelles. 1 7
Le surnom cocofesse, courant en français, décrit la forme du fruit mûr : ses deux lobes soudés rappellent une silhouette humaine. Ce mot reste un surnom, pas un repère fiable, et seul le nom scientifique Lodoicea maldivica distingue sans ambiguïté cette graine d'une simple noix de coco échouée sur une plage. 7
Reconnaissance
Le coco de mer développe un tronc unique, dressé, dont la base bulbeuse s'ajuste, pour stabiliser l'arbre sur des décennies, dans une cavité rocheuse naturelle d'environ 75 cm de diamètre. À l'âge adulte, il atteint couramment 20 à 30 m ; chez les sujets les plus grands, on a mesuré jusqu'à 34 m. 2 3
Ses palmes en éventail, costapalmées, comptent parmi les plus grandes du règne végétal : 7 à 10 m de long pour environ 4,5 m de large, portées par un pétiole massif. La graine, elle, rend l'espèce impossible à confondre une fois observée : bilobée, elle mesure 40 à 50 cm de diamètre et pèse couramment 15 à 25 kg, un record jamais égalé chez une autre plante. Aucun autre grand palmier à feuilles en éventail ne produit de graine bilobée comparable, ce qui règle toute hésitation d'identification dès que le fruit est visible. 2 4
Taxonomie utile
Le genre Lodoicea, décrit par Commerson puis validé en 1800, ne compte qu'une seule espèce reconnue aujourd'hui. Plusieurs noms ont pourtant circulé avant que l'usage ne se stabilise :
- Lodoicea sechellarum Labill.
- Lodoicea callypige Comm. ex J.St.Hil.
- Lodoicea sonneratii (Giseke) Baill.
L'épithète maldivica, héritée de la croyance en une origine aux Maldives, a été conservée par priorité de publication malgré la correction ultérieure de l'aire d'origine réelle : en nomenclature botanique, le premier nom validé prime, même après correction de l'erreur géographique qu'il contient. Le repère stable reste donc le nom accepté : Lodoicea maldivica. 1 4
Habitat et répartition
L'espèce est endémique stricte des îles de Praslin et Curieuse, aux Seychelles, où elle pousse sur des pentes granitiques parmi les plus anciennes roches exposées au monde, jusqu'à 500 m d'altitude environ. Elle a aussi existé sur les îlots voisins de St Pierre, Chauve-Souris et Île Ronde, où elle avait disparu avant une réintroduction récente. 4 3
Le cœur de sa population sauvage se concentre dans la Vallée de Mai, sur Praslin, classée patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983. La Vallée de Mai reçoit environ 1 600 mm de pluie par an pour une température moyenne de 24 à 26 °C, un climat tropical humide constant, sans véritable saison sèche marquée. 8 4
La réserve abrite aussi les cinq autres palmiers endémiques des Seychelles, ce qui en fait le seul endroit au monde où les six espèces poussent ensemble. La cohabitation des six espèces justifie à elle seule le statut de site classé, bien au-delà du seul intérêt porté au coco de mer. 8
Cycle et reproduction
Le coco de mer est dioïque : les inflorescences mâles, en longs chatons pouvant dépasser 2 m, libèrent du pollen pendant près de dix ans, tandis que les fleurs femelles, solitaires, comptent parmi les plus grandes de tous les palmiers. La pollinisation associe le vent à des animaux, notamment des geckos endémiques du genre Phelsuma. 2 7
La germination, lente, prend 1 à 2 ans : un pétiole cotylédonaire s'enfonce dans le sol puis progresse à l'horizontale sur plusieurs mètres avant que la jeune racine ne s'installe, parfois loin du fruit d'origine. Le fruit, lui, met ensuite six à sept ans à mûrir complètement une fois formé. 4 2
La maturité sexuelle n'intervient qu'après plusieurs décennies, et certains sujets vivraient plusieurs siècles tout en conservant leur capacité à fructifier sur une grande partie de cette durée. La croissance du coco de mer reste si lente qu'elle empêche presque toute culture en pot : faute du volume de sol profond nécessaire pour ancrer le pétiole cotylédonaire, le jeune plant reste bloqué au stade juvénile sans jamais initier de tronc. 4
Usages et risques
Les palmes tressées couvrent les toitures et se transforment en nattes ou en chapeaux ; la coque vidée du fruit, elle, sert de récipient et de coupe. L'amande, gélatineuse chez le fruit jeune, se consomme parfois en soupe et s'est vu attribuer, sans preuve scientifique, une réputation d'aphrodisiaque qui a alimenté un commerce ancien de coques serties de pierres précieuses pour les cours royales. 4 2
Aucune donnée ne classe le coco de mer comme toxique pour l'humain ou les animaux. Le risque porte surtout sur la plante elle-même : classée en danger par l'UICN, l'espèce ne compte plus qu'environ 8 000 individus matures à l'état sauvage, menacés par les incendies et la récolte illégale des graines. Le commerce des noix reste aujourd'hui strictement encadré par un décret seychellois de gestion adopté en 1995. 6 2
La demande touristique dépasse largement l'offre autorisée : chaque année, plusieurs dizaines de milliers de visiteurs découvrent la Vallée de Mai, quand la récolte licenciée de noix reste, elle, limitée à une fraction de ce chiffre. L'écart entre visiteurs et noix récoltées légalement alimente un marché parallèle que les autorités seychelloises s'efforcent de contenir. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Le fruit se rencontre presque toujours bilobé ; les formes à trois lobes existent mais restent rares et recherchées des collectionneurs. Aucune de ces variations ne correspond à une espèce ou une variété botanique distincte : toutes appartiennent à Lodoicea maldivica. 5
La confusion la plus fréquente oppose le coco de mer au cocotier (Cocos nucifera), dont le nom commun proche prête à confusion malgré un genre totalement différent. Dans la Vallée de Mai, l'espèce cohabite avec d'autres palmiers endémiques comme le latanier feuille (Phoenicophorium borsigianum), sans lien de parenté proche mais avec une silhouette de sous-bois tropical comparable. 7
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Lodoicea maldivica (J.F.Gmel.) Pers.
- Royal Botanic Gardens Kew, Double coconut - the largest seed in the world
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Lodoicea maldivica
- Pl@ntUse / PROTA, Lodoicea maldivica
- Encyclopaedia Britannica, coco de mer
- IUCN Red List, Lodoicea maldivica assessment
- Monaco Nature Encyclopedia, The incredible Lodoicea maldivica and the Vallée de Mai
- UNESCO World Heritage Centre, Vallée de Mai Nature Reserve
Questions fréquentes
Le coco de mer vient-il vraiment des Maldives ?
Non. Le nom maldivica garde la trace d'une croyance ancienne née de l'observation de noix échouées sur les plages des Maldives. L'espèce est en réalité endémique des Seychelles, où elle pousse uniquement sur Praslin et Curieuse.
Le coco de mer est-il toxique ?
Aucune donnée ne classe le coco de mer comme toxique pour l'humain ou les animaux domestiques. Son amande a même été consommée traditionnellement en soupe dans certaines îles.
Pourquoi le coco de mer est-il aussi protégé ?
L'espèce est classée en danger par l'UICN, avec environ 8 000 individus matures survivants à l'état sauvage. Le commerce des noix est strictement encadré par un décret seychellois depuis 1995 pour limiter la récolte illégale.
Combien de temps faut-il pour qu'un coco de mer fructifie ?
La maturité sexuelle n'intervient qu'après plusieurs décennies, et le fruit met ensuite six à sept ans à mûrir complètement une fois formé.
Peut-on cultiver un coco de mer chez soi ?
En pratique, non. Sa croissance extrêmement lente, son enracinement profond et sa taille adulte considérable en font un sujet réservé aux grands jardins botaniques tropicaux, jamais à la culture domestique.
Quelle est la différence entre le coco de mer et la noix de coco ?
Les deux appartiennent à la famille des Arecaceae mais à des genres distincts. Le coco de mer produit une graine bilobée bien plus grosse et lourde que la noix du cocotier, Cocos nucifera.
Le coco de mer pousse-t-il ailleurs qu'aux Seychelles ?
Quelques sujets sont cultivés dans des jardins botaniques tropicaux, notamment au Sri Lanka, en Thaïlande et à Singapour, mais sans population naturalisée en dehors de son aire native.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







