Groseillier des Barbades (Pereskia aculeata, )
Le groseillier des Barbades (Pereskia aculeata) est un cactus grimpant de la famille des Cactaceae, originaire du Panama et de l'Amérique du Sud tropicale. Contrairement à la plupart des cactus, il conserve de vraies feuilles plates et développe des tiges sarmenteuses armées d'épines crochues qui s'accrochent à la végétation environnante. Ses jeunes feuilles et ses fruits sont comestibles ; au Brésil, la plante est cultivée sous le nom d'ora-pro-nóbis pour sa forte teneur en protéines.
Lire la suiteGroseillier des Barbades, Ora-pro-nóbis, Cactus feuillu, Barbados gooseberry, Leaf cactus et Lemon vine
Cactus pereskia et Pereskia pereskia
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Répartition mondiale
L'aire native de Pereskia aculeata s'étend du Panama à l'Amérique du Sud tropicale, avec des populations confirmées jusqu'en Argentine et au Paraguay. Introduite comme ornementale, haie défensive ou porte-greffe dans de nombreuses régions tropicales, l'espèce s'y est souvent naturalisée, au point d'être déclarée envahissante en Afrique du Sud et interdite en Nouvelle-Calédonie.
- Native5
- Introduite2
- Envahissante2
- Panama
- Colombie
- Venezuela
- Brésil
- Argentine
- Hawaï
- Australie
- Afrique du Sud
- Nouvelle-Calédonie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le groseillier des Barbades (Pereskia aculeata Mill., 1768), aussi appelé ora-pro-nóbis au Brésil, est un cactus grimpant de la famille des Cactaceae, sous-famille des Pereskioideae. La plupart des cactus ont perdu leurs feuilles au profit de tiges succulentes ; Pereskia aculeata a gardé de vraies feuilles plates, un trait qui en fait l'une des espèces les plus proches de la forme ancestrale du groupe. 1 2
Le nom de genre Pereskia honore l'astronome et naturaliste français Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637) ; l'épithète aculeata vient du latin aculeus, « pourvu d'un aiguillon », et décrit ses tiges hérissées d'épines. Le nom brésilien ora-pro-nóbis, tiré de la formule latine liturgique « priez pour nous », est associé à une légende de Sabará, dans le Minas Gerais, où la plante aurait poussé dans le jardin d'un curé qui récitait cette litanie. 8
Le botaniste Charles Plumier décrit Pereskia aculeata dès 1703, dans son ouvrage Nova Plantarum Americanarum Genera, mais les règles de nomenclature retiennent comme point de départ officiel la description binomiale de Philip Miller, publiée en 1768 dans la huitième édition de son Gardeners Dictionary. 8 2
Reconnaissance
Pereskia aculeata se présente d'abord comme un arbuste dressé, puis développe avec l'âge de longues tiges sarmenteuses et ligneuses qui s'appuient sur la végétation environnante pour grimper jusqu'à 10 m. L'écorce est un repère utile chez les jeunes tiges : verte au départ, elle devient brun grisâtre et se craquelle avec l'âge. 5 8
Chez Pereskia aculeata, les feuilles alternes, lancéolées à ovales, mesurent 4,5 à 11 cm de long et tombent en saison sèche. Pour identifier la plante en toute saison, mieux vaut regarder l'aréole : sur les jeunes tiges, elle porte 1 à 3 épines courtes, recourbées en crochet, contre jusqu'à 25 épines droites de 1 à 3,5 cm sur les tiges âgées. 8 5
Les fleurs, parfumées, blanches à rose très pâle, mesurent 2,5 à 5 cm de diamètre et se groupent en inflorescences qui réunissent parfois plus de 70 fleurs. Les fruits globuleux, jaune orangé à rouge, atteignent 1,5 à 2,5 cm et rappellent la groseille par leur aspect, d'où le nom commun français. 5 8
Taxonomie utile
POWO retient Pereskia aculeata Mill. comme nom accepté, dans la famille des Cactaceae. Une vingtaine de synonymes circulent dans la littérature, dont Cactus pereskia L., la combinaison utilisée par Linné avant la création du genre Pereskia, et Pereskia pereskia (L.) H.Karst., un nom aujourd'hui invalide. 1 2
Pereskia aculeata est la seule espèce du genre Pereskia à adopter un véritable port de liane ; les autres espèces du genre, comme Pereskia grandifolia Haw. ou Pereskia bleo (Kunth) DC., restent arbustives et se distinguent aussi par la couleur de leurs fleurs, roses ou orangées plutôt que blanches. 8
Comme le reste de la famille des Cactaceae, Pereskia aculeata est inscrite à l'annexe II de la CITES depuis 1975, ce qui encadre son commerce international sans l'interdire. 9
Habitat et répartition
L'aire native de Pereskia aculeata s'étend du Panama à l'Amérique du Sud tropicale, avec des populations confirmées au Venezuela, en Colombie, au Brésil, en Argentine et au Paraguay, en forêt de basse altitude et jusqu'à 1 000 m. 1 4
La plante a été introduite comme ornementale ou porte-greffe dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales, parfois aussi en haie défensive, notamment à Hawaï, en Australie, en Inde, au Vietnam et en Afrique du Sud, où elle s'est souvent naturalisée au-delà des jardins qui l'accueillaient. 4
En Afrique du Sud, Pereskia aculeata est classée catégorie 1b, ce qui impose son contrôle ou son éradication et interdit sa vente et sa plantation ; ses tiges épineuses envahissent les lisières forestières du KwaZulu-Natal et de l'Eastern Cape, où elles forment des masses impénétrables capables d'étouffer la canopée. 6
En Nouvelle-Calédonie, le code de l'environnement de la Province Sud interdit l'introduction, la production, le transport et la vente de cette espèce. L'IUCN évalue Pereskia aculeata comme de préoccupation mineure à l'échelle mondiale, précisément parce qu'elle est très répandue et localement envahissante. 8 3
Usages alimentaires et médicinaux
Les jeunes feuilles, connues au Brésil sous le nom d'ora-pro-nóbis, sont un aliment traditionnel du Minas Gerais, où elles entrent dans les soupes, les omelettes et les tartes. L'ora-pro-nóbis contient de 17 à 25 % de protéines en matière sèche, pour une digestibilité proche de 85 %, ainsi que du fer, du calcium, du magnésium, du phosphore et une teneur en lysine supérieure à celle du chou ou de l'épinard. 8 5
Les fruits mûrs, comestibles, se consomment frais, en confiture ou en conserve. La sève et les feuilles sont utilisées en médecine traditionnelle brésilienne comme émollient et anti-inflammatoire, notamment pour soigner des brûlures. 5 8
Une étude publiée en 2017 a évalué la toxicité aiguë d'un extrait de feuilles chez le rat et n'a détecté aucune différence cliniquement significative avec le groupe témoin, ce qui conforte l'usage alimentaire de la plante. Le principal risque reste mécanique : les épines aréolaires blessent facilement la peau lors de la récolte ou de la taille. 7
Culture et multiplication
Pereskia aculeata pousse en plein soleil, dans un substrat drainant, et tolère un grand nombre de sols une fois installée. Les zones de rusticité généralement citées sont USDA 9 à 11 ; les tiges âgées supportent un gel léger et bref, mais les jeunes plants et le feuillage souffrent dès les premiers froids. 5
La multiplication se fait facilement par bouture de tige semi-ligneuse ou par semis, pour un enracinement en 3 à 6 semaines. La croissance reste lente les premiers mois, puis s'accélère nettement une fois les racines formées. 5
En horticulture, Pereskia aculeata est aussi un porte-greffe pour des cactus épiphytes plus délicats, comme Schlumbergera ou certains Rhipsalis, dont les tiges retombantes profitent de son système racinaire vigoureux. Une forme panachée, vendue sous le nom lemon vine ou Godseffiana, aux feuilles teintées de crème et de rose, reste la plus répandue en horticulture ornementale. 8
Confusions et vigilance
En pleine terre, hors de son aire native, Pereskia aculeata pose un problème d'entretien avant tout mécanique et invasif : sans tuteur ni taille régulière, ses tiges grimpantes colonisent un arbre hôte en 2 à 3 ans, et tout fragment de tige tombé au sol peut reprendre racine pour former une nouvelle liane. 6
La confusion la plus fréquente concerne les autres espèces arbustives du genre, Pereskia grandifolia et Pereskia bleo, reconnaissables à leur port dressé non grimpant et à leurs fleurs colorées. Le port de la plante tranche mieux que la couleur des fleurs, variable d'un sujet à l'autre : seule Pereskia aculeata grimpe vraiment, ce que le nom scientifique complet permet aussi de vérifier en cas de doute. 8
Hors des DOM-TOM, la culture en pleine terre n'est pas recommandée en France métropolitaine : la plante s'y cultive en pot, en véranda ou en serre chaude, hors gel strict. 5 10
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Pereskia aculeata Mill.
- International Plant Names Index, Pereskia aculeata
- IUCN Red List, Pereskia aculeata assessment
- CABI Compendium, Pereskia aculeata (Barbados gooseberry)
- Purdue University NewCROP, Barbados Gooseberry (Julia F. Morton)
- Agricultural Research Council PPRI, Pereskia (Barbados gooseberry) biocontrol
- Journal of Medicinal Food (Pinto et al., 2017), acute toxicity of Pereskia aculeata
- Wikipédia, Groseillier des Barbades
- CITES France, fiche Pereskia aculeata
- INPN / MNHN, Pereskia aculeata Mill., 1768
Questions fréquentes
Le groseillier des Barbades est-il toxique ?
Aucune toxicité alimentaire n'est documentée. Une étude de 2017 sur des rats n'a détecté aucun signe de toxicité aiguë liée à un extrait de feuilles. Le principal risque reste mécanique, les épines aréolaires blessent facilement la peau.
Peut-on manger les feuilles de Pereskia aculeata ?
Oui. Au Brésil, les jeunes feuilles, appelées ora-pro-nóbis, contiennent 17 à 25 % de protéines en matière sèche et sont utilisées en soupes, omelettes et tartes dans le Minas Gerais.
Pourquoi ce cactus a-t-il de vraies feuilles ?
Pereskia aculeata appartient à la sous-famille des Pereskioideae, proche de la forme ancestrale des Cactaceae. Elle a conservé des feuilles plates et persistantes une partie de l'année, contrairement aux cactus plus évolués aux tiges succulentes sans feuilles.
Le groseillier des Barbades est-il envahissant ?
Oui, dans plusieurs régions tropicales. L'Afrique du Sud le classe en catégorie 1b, ce qui impose son contrôle, et la Nouvelle-Calédonie interdit son introduction, sa vente et sa plantation.
Quelle différence avec Pereskia grandifolia ?
Pereskia aculeata est la seule espèce du genre à port vraiment grimpant. Pereskia grandifolia et Pereskia bleo restent arbustives et portent des fleurs roses ou orangées plutôt que blanches.
Peut-on le cultiver en France métropolitaine ?
Pas en pleine terre. La plante ne supporte pas le gel prolongé et se cultive en pot, en véranda ou en serre chaude, hors des DOM-TOM où elle pousse en pleine terre.
À quoi sert Pereskia aculeata comme porte-greffe ?
Son système racinaire vigoureux sert de porte-greffe pour des cactus épiphytes plus délicats, comme Schlumbergera ou certains Rhipsalis, dont les tiges retombantes profitent de sa vigueur.
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En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.






