Pin de Lambert (Pinus lambertiana, Douglas 1827)

Le pin de Lambert (Pinus lambertiana) est un immense conifère de la famille des Pinaceae, natif des montagnes de la côte pacifique d'Amérique du Nord, de l'Oregon à la Basse-Californie mexicaine. C'est le plus grand et le plus massif de tous les pins, reconnaissable à ses cônes pendants qui comptent parmi les plus longs de tous les conifères.

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Nom scientifiquePinus lambertiana
GenrePinus
OrdrePinales

Pin de Lambert, Pin à sucre et Sugar pine

Identité
Toxicité
Aucune toxicité répertoriée pour les animaux domestiques
Niveau d'entretien
Faible
Type de plante
Type de feuilles
Persistant
Durée de vie
Vivace
Pays d'origine
États-UnisMexique
Habitat
Forêts de conifères mixtes de montagne, en général entre 500 et 2 000 m d'altitude selon la latitude
Saisonnalité
Floraison
Printemps
Récolte
Automne
Croissance
Dormance
Non dormant
Vitesse de croissance
4/10
Temps de maturation
Cônes réguliers après 31 cm de diamètre ; mûrs environ 2 ans après pollinisation
Multiplication
Semis
Climat & Eau
Température
Rusticité
Résistance au vent
40–60 km/h
Humidité
20–60 %
Arrosage
Très peu
Peu
Modéré
Élevé
Très élevé
Tolérance à la sécheresse
Oui
Sol
pH du sol
Types de sol
Sol drainé, Sol léger sableux
Sol salin
Non toléré
Lumière & Emplacement
Exposition lumineuse
Plein soleil, tolère la mi-ombre en jeunesse
Extérieur
Massif, Pleine terre
Apparence
Hauteur4000–8000 cmÉtalement800–1500 cm
Feuilles
Vert
Pinus lambertiana — feuilles 1
Pinus lambertiana — feuilles 2
Pinus lambertiana — feuilles 3
Pinus lambertiana — feuilles 4
Pinus lambertiana — feuilles 5
Fleurs
Pinus lambertiana — fleurs 1
Fruits
Marron
Pinus lambertiana — fruits 1
Pinus lambertiana — fruits 2
Pinus lambertiana — fruits 3
Pinus lambertiana — fruits 4
Pinus lambertiana — fruits 5
Port
Pinus lambertiana — port 1
Pinus lambertiana — port 2
Pinus lambertiana — port 3
Pinus lambertiana — port 4
Pinus lambertiana — port 5
Écorce
MarronViolet
Pinus lambertiana — écorce 1
Pinus lambertiana — écorce 2
Pinus lambertiana — écorce 3
Pinus lambertiana — écorce 4
Pinus lambertiana — écorce 5

Répartition mondiale

L'aire native du pin de Lambert s'étend du centre de l'Oregon jusqu'à la Sierra San Pedro Mártir, en Basse-Californie du Nord au Mexique, en passant par la chaîne des Cascades, la Sierra Nevada et les chaînes côtières de Californie. Plus de 80 % du peuplement se trouve en Californie.

  • Native2
  • États-Unis
  • Mexique

Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1

Identité

Le pin de Lambert (Pinus lambertiana Douglas, 1827), aussi appelé pin à sucre, est un conifère de la famille des Pinaceae, natif des montagnes de la côte pacifique d'Amérique du Nord. Ses cônes pendants, longs de 25 à 50 cm, comptent parmi les plus longs de tous les conifères et le distinguent au premier regard du pin ponderosa et du pin de Jeffrey, deux essences voisines des mêmes forêts. L'arbre dépasse aussi en hauteur et en masse tous les autres pins connus, loin devant ces deux voisins. 1 3

Le naturaliste écossais David Douglas récolte l'espèce en 1826 dans le sud de l'Oregon ; à cette occasion, il mesure un sujet abattu de 560 cm de diamètre au tronc, un record resté sans égal depuis. La description scientifique paraît en 1827 dans les Transactions de la Société linnéenne de Londres. L'épithète lambertiana rend hommage au botaniste britannique Aylmer Bourke Lambert, auteur d'une monographie de référence sur le genre Pinus. 8 3

Le nom usuel pin à sucre vient de la résine sucrée qui suinte des blessures du tronc. Riche en cyclitols, cette résine était autrefois récoltée et mâchée comme une gomme par les peuples autochtones de la côte pacifique, avec un effet laxatif en grande quantité. 3 5

Reconnaissance

Aucun autre pin ne porte des cônes aussi longs : ceux du pin de Lambert, cylindriques et pendants, mesurent couramment 25 à 50 cm, avec des mentions exceptionnelles proches de 66 cm. Encore vert, un cône de pin de Lambert peut peser jusqu'à 2 kg et devenir un projectile dangereux quand un écureuil ou un geai le sectionne en hauteur. 3 2

Les aiguilles, groupées par cinq dans chaque fascicule, mesurent 5 à 11 cm de long, bleu-vert et légèrement torsadées. L'écorce, lisse et grise chez le jeune sujet, devient brun-pourpre à gris-brun et se fissure en larges plaques avec l'âge. 3 2

À l'âge adulte, l'arbre atteint couramment 40 à 60 m, exceptionnellement davantage : le sujet vivant le plus haut jamais mesuré culmine à 78,94 m, davantage que n'importe quel autre pin recensé, près de la rivière Rogue dans le sud-ouest de l'Oregon. Le tronc dépasse souvent 1 à 2 m de diamètre, avec des mentions jusqu'à plus de 3 m chez les sujets les plus anciens. La cime, large et irrégulière, porte de longs rameaux presque horizontaux qui suspendent les cônes à leur extrémité. 3

Taxonomie utile

Le nom accepté par POWO/WCVP est Pinus lambertiana Douglas. Plusieurs variétés géographiques ou historiques ont été décrites, la plupart aujourd'hui traitées comme des synonymes :

  • Pinus lambertiana var. purpurea Lemmon, 1895, pour des cônes teintés de pourpre
  • Pinus lambertiana var. minor Lemmon, 1888, pour des populations de plus petite taille
  • Pinus lambertiana var. martirensis Silba, 1990 et sa forme subsp. martirensis (Silba) Silba, 2009, pour la population isolée de la Sierra San Pedro Mártir en Basse-Californie

Ces variantes se distinguent surtout par la couleur des cônes ou la taille des populations marginales, deux caractères qui varient de façon continue selon l'altitude et la latitude. Plus stable que ces noms de variétés, le binôme Pinus lambertiana reste le repère fiable. 1

Habitat et répartition

L'aire native s'étend du centre de l'Oregon jusqu'à la Sierra San Pedro Mártir, en Basse-Californie du Nord au Mexique, en passant par la chaîne des Cascades, la Sierra Nevada et les chaînes côtières. Plus de 80 % du peuplement se concentre en Californie. 2 4

L'altitude de croissance varie fortement selon la latitude : de 335 à 1 645 m dans la chaîne des Cascades, de 610 à 2 285 m en Sierra Nevada, jusqu'à 2 150 à 2 775 m dans la Sierra San Pedro Mártir mexicaine, à la limite sud de l'aire. Le pin de Lambert pousse presque toujours en forêt mixte, associé au sapin de Douglas, au pin ponderosa, au sapin blanc, au cèdre à encens et au pin de Jeffrey, et représente rarement plus de 25 % du peuplement d'un site donné. 2

L'espèce affiche une tolérance à l'ombre intermédiaire : meilleure que celle du pin ponderosa en jeunesse, mais inférieure à celle du cèdre à encens et du sapin de Douglas, et déclinant nettement avec l'âge. Malgré des reculs locaux sévères, sa large aire de répartition lui vaut un statut de préoccupation mineure sur la Liste rouge de l'UICN. 2 7

Cycle et reproduction

L'espèce est monoïque : chaque arbre porte des cônes mâles et femelles. La production de cônes reste irrégulière, avec de bonnes récoltes revenant en moyenne tous les quatre ans, entre deux et sept ans selon les sites. Un arbre doit dépasser 31 cm de diamètre avant que la moitié des sujets d'un peuplement ne produisent des cônes de façon régulière. 2

La perte est considérable entre pollinisation et graine mûre : seuls 40 à 50 % des conelets pollinisés arrivent à maturité, freinés par la prédation animale et l'avortement naturel. Le charançon des cônes du pin de Lambert (Conophthorus lambertianae) peut à lui seul détruire jusqu'à 75 % de la récolte certaines années. 2

Les graines mûres, ailées, tombent à l'automne et sont largement dispersées, puis cachées en terre, par les tamias, les geais de Steller et les écureuils. Les ours noirs de Sierra Nevada se nourrissent aussi de graines en saison. Les graines germent au sol dès le printemps suivant, sans exigence stricte de stratification. 2 5

Usages et risques

Le bois, pâle, léger et à grain droit, offre une excellente stabilité dimensionnelle et un collage facile, ce qui en a fait un matériau recherché pour les moules de fonderie, les touches de piano, les tuyaux d'orgue et la caisserie alimentaire, appréciée pour son absence d'odeur résineuse. 2

Les graines faisaient partie de l'alimentation traditionnelle de plusieurs peuples autochtones de la côte pacifique, consommées crues, grillées ou réduites en farine. La résine, distillée en térébenthine, servait en usage externe pour désinfecter les plaies et en usage interne contre la toux et les troubles digestifs. 5

Aucune toxicité spécifique n'est répertoriée pour cette espèce chez les chats, les chiens ou les chevaux, à la différence du pin ponderosa et de son acide isocupressique. Comme pour la plupart des conifères, une ingestion massive d'aiguilles ou de résine reste susceptible de provoquer une irritation digestive légère et passagère. 5

Variétés, confusions et plantes proches

La rouille vésiculeuse du pin blanc (Cronartium ribicola) reste la menace la plus sérieuse pour l'espèce : ce champignon, introduit accidentellement d'Europe au début du XXᵉ siècle, forme des chancres mortels sur le tronc. Le pin de Lambert compte parmi les pins blancs nord-américains les plus sensibles à cette maladie, qui se propage via les groseilliers et cassissiers du genre Ribes, hôtes alternes obligatoires du champignon. 2

La confusion la plus fréquente oppose le pin de Lambert au pin ponderosa (Pinus ponderosa) et au pin de Jeffrey (Pinus jeffreyi), deux essences voisines des mêmes montagnes. Les cônes de ces deux espèces, longs de 8 à 13 cm et groupés par trois aiguilles, restent bien plus courts que ceux du pin de Lambert, groupés par cinq aiguilles et pendants aux extrémités des branches. 2

Sources principales

Questions fréquentes

Pourquoi le pin de Lambert est-il aussi appelé pin à sucre ?

Le nom vient de la résine sucrée qui suinte des blessures du tronc. Autrefois mâchée comme une gomme par les peuples autochtones de la côte pacifique, elle peut avoir un effet laxatif en grande quantité.

Le pin de Lambert est-il vraiment le plus grand pin du monde ?

Oui. C'est l'espèce de pin la plus haute et la plus massive connue, avec des sujets dépassant couramment 40 à 60 m et un record mesuré à 78,94 m près de la rivière Rogue, dans le sud-ouest de l'Oregon.

Les cônes du pin de Lambert sont-ils dangereux ?

Un cône encore vert, sectionné par un écureuil ou un geai en hauteur, peut peser jusqu'à 2 kg et devenir un projectile dangereux en tombant sous un arbre adulte.

Le pin de Lambert est-il menacé ?

L'UICN le classe en préoccupation mineure grâce à sa large aire de répartition, mais la rouille vésiculeuse du pin blanc a considérablement affaibli certaines populations, en particulier au nord de son aire.

Peut-on cultiver le pin de Lambert en France ?

Oui, dans un sol profond et bien drainé, en plein soleil, mais il reste rare en dehors des collections et des grands arboretums, faute de place pour un arbre destiné à dépasser 40 m.

Comment distinguer le pin de Lambert du pin ponderosa ?

La longueur des cônes reste le repère le plus fiable. Ceux du pin de Lambert atteignent 25 à 50 cm, contre 8 à 13 cm chez le pin ponderosa, dont les aiguilles sont en outre groupées par trois plutôt que par cinq.

Le pin de Lambert est-il toxique pour les chats et les chiens ?

Aucune toxicité spécifique n'est répertoriée pour cette espèce. Comme pour la plupart des conifères, une ingestion massive d'aiguilles ou de résine peut provoquer une irritation digestive légère et passagère.

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