Orme de Sibérie (Ulmus pumila, )
L'orme de Sibérie (Ulmus pumila L., 1753) est un arbre à feuillage caduc de la famille des Ulmaceae, originaire d'Asie centrale, de la Sibérie orientale à la Corée. Reconnu à ses petites feuilles symétriques et à sa floraison très précoce, avant même le débourrement, il doit sa large diffusion mondiale à une résistance exceptionnelle au froid et à la sécheresse, mais aussi à un bois cassant qui limite son usage ornemental.
Lire la suiteOrme de Sibérie, Orme asiatique, Orme nain, Siberian elm, Dwarf elm et Karagatch
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil impératif, ne tolère pas l'ombre





© photo
(c) Steve Matson, some rights reserved (CC BY), uploaded by Steve Matson · cc-by
Aaron Sidder · cc0
Eric Schmidt · cc-by
Taken May 4, 2020 by javier izko (cc-by-sa)
Taken May 14, 2020 by Bayan Sergio (cc-by-sa)
Taken Sep 15, 2010 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
Taken Oct 10, 2022 by Sarah cap (cc-by-sa)
Taken Dec 7, 2021 by mohammad fazel dehkordi (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native d'Ulmus pumila couvre l'Asie centrale au sens large — Sibérie orientale, Mongolie, Tibet, nord de la Chine, nord du Cachemire et Corée. Largement introduite au XXᵉ siècle pour ses brise-vent et sa résistance au froid, l'espèce s'est naturalisée puis est devenue envahissante dans une grande partie de l'Amérique du Nord et de la pampa argentine, où elle s'hybride parfois avec les ormes indigènes.
- Native5
- Introduite2
- Envahissante2
- Russie (Sibérie)
- Mongolie
- Chine
- Corée
- Kazakhstan
- Espagne
- Japon
- États-Unis
- Argentine
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'orme de Sibérie (Ulmus pumila L., 1753), aussi appelé orme asiatique ou orme nain, est un arbre à feuillage caduc de la famille des Ulmaceae. Carl von Linné décrit Ulmus pumila dès 1753, et Plants of the World Online conserve ce nom comme référence acceptée pour l'espèce. 1 7
Le nom français retient la Sibérie orientale comme repère géographique, mais l'aire native réelle s'étend bien plus loin : elle couvre aussi la Mongolie, le Tibet, le nord de la Chine, le nord du Cachemire et la Corée. L'épithète pumila, qui signifie « petit » ou « nain », décrit le port buissonnant fréquent dans les populations les plus exposées au vent et au froid : un sujet stressé reste bas et ramifié, quand un sujet abrité atteint 25 m. 7 5
Reconnaissance
À maturité, Ulmus pumila atteint couramment 10 à 25 m de hauteur, avec un tronc qui peut dépasser 1 m de diamètre sur les sujets les plus âgés. L'écorce, gris foncé, se fissure irrégulièrement dans le sens de la longueur ; les jeunes rameaux, glabres ou légèrement pubescents, restent jaunâtres et sans liège apparent. 7 2
Les feuilles, longues de 2 à 8 cm, sont elliptiques à ovales, avec une base symétrique et une marge simplement dentée : ce trait la distingue nettement, pour l'identification sur le terrain, de la plupart des autres ormes, dont le limbe présente une base nettement asymétrique. Le feuillage jaunit en automne, sans coloration marquée. 7 5
La floraison est apétale et très précoce, souvent dès le début de février, bien avant l'apparition des feuilles. Chaque fleur minuscule, à peine 3 mm de diamètre, porte un calice vert et des étamines à anthères rouge brunâtre ; la pollinisation se fait par le vent. Les fruits, des samares de 1 à 1,5 cm à encoche marquée, mûrissent en quelques semaines et se dispersent également par le vent. 7
Taxonomie utile
Plusieurs noms ont accompagné cette espèce au fil des révisions du genre Ulmus, la plupart aujourd'hui ramenés en synonymie : Ulmus campestris var. pumila K.Koch, Ulmus campestris var. pumila (L.) Maxim., Ulmus suberosa var. pumila Gaudin et Ulmus campestris f. pumila Herder. 1
Un piège récurrent vient d'un homonyme sans rapport direct : Ulmus pumila Walter, 1788 est un nom illégitime publié pour une tout autre plante, à ne jamais confondre avec l'espèce asiatique décrite par Linné 35 ans plus tôt. Le repère stable reste donc le binôme complet avec son autorité, Ulmus pumila L. 1
Habitat et répartition
L'aire native d'Ulmus pumila s'étend sur l'Asie centrale au sens large, de la Sibérie orientale au nord du Cachemire et à la Corée. L'espèce y pousse sur des sols secs, sableux ou pierreux, sur des versants et le long des berges, jusqu'à 2500 m d'altitude dans les secteurs les plus élevés ; elle y marque la limite forestière, dernière espèce d'arbre avant les zones semi-désertiques d'Asie centrale. 7 4
L'Union internationale pour la conservation de la nature évalue Ulmus pumila comme de préoccupation mineure (LC), sans menace identifiée dans son aire native. Introduite au XXᵉ siècle pour ses qualités de brise-vent, l'espèce s'est depuis largement naturalisée et est devenue envahissante dans une grande partie de l'Amérique du Nord, du centre du Mexique jusqu'à l'Ontario, ainsi que dans la pampa argentine. 6 7
Introduite en Espagne comme ornementale sous le règne de Philippe II, Ulmus pumila s'y hybride largement avec l'orme champêtre indigène (Ulmus minor), ce qui complique la conservation génétique de ce dernier. Aux États-Unis, une hybridation comparable avec Ulmus rubra menace de la même façon la conservation génétique de l'orme rouge indigène. 7
Cycle et reproduction
La floraison précoce d'Ulmus pumila, dès février, précède de plusieurs semaines le débourrement des feuilles et expose les fleurs à un risque de gel tardif. Ce risque de gel a conduit à écarter l'espèce des programmes néerlandais de sélection d'ormes résistants à la graphiose. 7
Les samares mûrissent rapidement après la floraison et germent presque aussitôt tombées au sol, sans stratification nécessaire, un trait peu courant chez les arbres tempérés. Ulmus pumila se reproduit aussi par drageonnage, ce qui favorise sa propagation le long des sols perturbés comme les talus ferroviaires. 7
En climat tempéré, un sujet dépasse rarement 60 ans, contre 100 à 150 ans pour les populations de l'aire native. Un spécimen géant recensé au sud du désert de Gobi affichait une circonférence de 5,55 m en 2009, pour un âge estimé dépassant les 250 ans. 7
Usages et risques
Après les tempêtes de poussière du Dust Bowl des années 1930, l'orme de Sibérie a été planté massivement aux États-Unis comme arbre de brise-vent, grâce à sa croissance rapide et à sa tolérance au froid et à la sécheresse. En Italie, Ulmus pumila a longtemps servi de tuteur vivant pour la vigne dans la vallée du Pô, un usage abandonné avec la mécanisation des années 1950. 7
Le bois cassant et la couronne irrégulière de cette espèce la rendent aujourd'hui peu recommandée comme arbre d'ornement : les branches se rompent facilement sous le poids de la neige ou par grand vent. Aucune toxicité n'est documentée chez l'humain ou les animaux domestiques, et Ulmus pumila n'apparaît sur aucune liste ASPCA de plantes toxiques. 3 2
Sur le plan sanitaire, la résistance à la graphiose de l'orme varie fortement selon la provenance : les arbres du nord-ouest et du nord-est de la Chine tolèrent mieux la maladie que ceux du centre et du sud, un repère qui réduit le risque de pertes au choix de la provenance. Face à la verticilliose, un autre champignon vasculaire, Ulmus pumila tolère en revanche mieux la maladie que la plupart des ormes cultivés. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Deux cultivars hybrides, Homestead et Regal, associent la résistance de Ulmus pumila à la graphiose à un port plus régulier que celui du type sauvage ; New Horizon, plus récent, vise le même compromis avec une forme plus compacte. D'autres cultivars, comme Pinnatoramosa ou Aurescens, sont retenus pour leur silhouette ou leur feuillage doré, tandis que Variegata, une forme pleureuse panachée, reste cultivée en Chine. 5
Les confusions les plus fréquentes concernent :
- Ulmus minor, l'orme champêtre européen, avec lequel il s'hybride largement en Espagne ;
- Ulmus rubra, l'orme rouge nord-américain, dont l'hybridation naturelle inquiète pour sa conservation ;
- Ulmus parvifolia, le véritable orme de Chine, parfois confondu par erreur avec l'orme de Sibérie sous un nom anglais raccourci ;
- Zelkova carpinifolia, surnommé « faux orme de Sibérie » en français malgré une classification botanique distincte.
La base foliaire symétrique et la floraison très précoce, avant les feuilles, restent les critères les plus fiables pour distinguer Ulmus pumila des ormes européens et du zelkova du Caucase. 7
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Ulmus pumila L.
- Missouri Botanical Garden, Ulmus pumila (Siberian elm)
- NC State Extension, Ulmus pumila - Siberian Elm
- Plants For A Future, Ulmus pumila database entry
- Trees and Shrubs Online, Ulmus pumila
- IUCN Red List, Ulmus pumila assessment
- Wikipédia (FR), Ulmus pumila
- Wikipedia (EN), Ulmus pumila
- Tela Botanica, Ulmus pumila L.
Questions fréquentes
L'orme de Sibérie est-il vraiment originaire de Sibérie ?
Pas seulement. Son aire native couvre toute l'Asie centrale — la Sibérie orientale, la Mongolie, le Tibet, le nord de la Chine, le nord du Cachemire et la Corée. Le nom français ne retient qu'une partie de cette répartition réelle.
Pourquoi appelle-t-on parfois cet orme « orme de Chine » par erreur ?
La confusion vient du nom anglais, parfois abrégé à tort. Le véritable orme de Chine est une espèce distincte, Ulmus parvifolia, reconnaissable à son écorce exfoliante et à sa floraison automnale plutôt que printanière.
L'orme de Sibérie est-il toxique pour les chiens ou les chats ?
Aucune toxicité n'est documentée. L'espèce n'apparaît sur aucune liste ASPCA de plantes toxiques ou non toxiques, et les données disponibles la classent comme non toxique pour l'humain et les animaux domestiques.
Pourquoi cet arbre a-t-il été planté massivement aux États-Unis ?
Après les tempêtes de poussière du Dust Bowl des années 1930, sa croissance rapide et sa tolérance au froid et à la sécheresse en ont fait un choix privilégié pour les brise-vent, avant que sa sensibilité aux maladies ne limite son usage ornemental.
L'orme de Sibérie résiste-t-il à la graphiose ?
De façon variable selon la provenance — les arbres du nord de la Chine tolèrent mieux la maladie que ceux du centre et du sud. L'espèce reste en revanche l'orme le plus résistant à un autre champignon, la verticilliose.
Comment distinguer l'orme de Sibérie des autres ormes ?
Sa base foliaire symétrique et sa petite taille de feuille (2 à 8 cm) le distinguent des ormes européens, dont la base foliaire est nettement asymétrique. Sa floraison très précoce, avant les feuilles, est un second repère fiable.
L'orme de Sibérie est-il une espèce envahissante ?
Oui, en Amérique du Nord et dans la pampa argentine, où il s'hybride avec des ormes indigènes comme Ulmus rubra. En Espagne, il s'hybride largement avec Ulmus minor, ce qui complique la conservation de l'orme champêtre local.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.








