Amélanchier de Lamarck (Amelanchier × lamarckii, )
L'amélanchier de Lamarck (Amelanchier × lamarckii) est un hybride naturel de Rosaceae, né du croisement spontané entre Amelanchier arborea (ou A. canadensis) et Amelanchier laevis dans le nord-est de l'Amérique du Nord. Grand arbuste ou petit arbre caduc, il se reconnaît à son feuillage cuivré au débourrement, à ses grappes de fleurs blanches étoilées et à son fruit comestible qui vire du rouge au pourpre noir. Largement planté comme ornemental en Europe de l'Ouest, il s'y est aussi naturalisé, parfois de façon envahissante.
Lire la suiteAmélanchier de Lamarck, Amélanchier cuivré, Juneberry, Shadbush, Snowy mespilus et Kupfer-Felsenbirne
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre légère


© photo
Wikimedia Commons · CC BY-SA or Public Domain
Taken Apr 18, 2021 by nbx (cc-by-sa)
Taken Apr 11, 2021 by Jaak Creemers (cc-by-sa)
Taken Apr 11, 2022 by Sylvia & Erik (cc-by-sa)
Taken Mar 15, 2004 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
Taken Apr 15, 2015 by Photoflora - Jean-Luc TASSET (©)
Répartition mondiale
L'aire native de l'amélanchier de Lamarck se situe dans le nord-est de l'Amérique du Nord, du sud-est du Canada au nord-est des États-Unis, là où se chevauchent les aires d'Amelanchier arborea (ou A. canadensis) et d'Amelanchier laevis. En Europe de l'Ouest, où l'espèce est plantée depuis le XIXᵉ siècle, elle s'est naturalisée et, localement, comporte comme une plante envahissante des landes et des sols pauvres.
- Native2
- Introduite2
- Envahissante2
- Canada
- États-Unis
- Allemagne
- Royaume-Uni
- Pays-Bas
- Pologne
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'amélanchier de Lamarck (Amelanchier × lamarckii F.G.Schroed., 1968) est un hybride naturel de la famille des Rosaceae, né du croisement spontané entre Amelanchier arborea (ou A. canadensis) et Amelanchier laevis dans le nord-est de l'Amérique du Nord. Le signe × dans son nom signale ce statut d'hybride, ou nothospécies : la plante n'a jamais été décrite comme une espèce sauvage stable dans une aire précise. 1 8
L'épithète lamarckii honore le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck, qui a décrit la plante dès 1783. La combinaison scientifique actuelle n'a pourtant été fixée qu'en 1968 par le botaniste Fred-Günter Schroeder, soit 185 ans après la description initiale de Lamarck. 6
Reconnaissance
L'amélanchier de Lamarck forme un grand arbuste caduc ou un petit arbre de 2 à 10 m, parfois jusqu'à 12 m en sol riche selon la Royal Horticultural Society ; il reste en général multicaule, avec des racines plates et peu profondes. 2 4
Le feuillage naissant reste le repère le plus fiable pour identifier la plante, plus stable que la forme des fleurs ou du fruit : les jeunes feuilles sortent cuivrées à roses, un pigment qui vaut à l'espèce son nom allemand Kupfer-Felsenbirne, littéralement « poirier-de-rocher cuivré ». Le pigment cuivré s'efface vite : les feuilles verdissent en quelques semaines, puis virent au rouge orangé dès les premières gelées d'automne. Le limbe ovale et finement denté mesure 4 à 9 cm de long sur 2 à 5 cm de large. 6
La floraison blanche, à cinq pétales étroits, réunit 6 à 12 fleurs en grappes lâches, légèrement parfumées, qui s'ouvrent au moment même où les feuilles se déploient en avril. La Royal Horticultural Society lui a attribué son Award of Garden Merit. 6 5
Le fruit, une petite pomme charnue de 1 à 1,5 cm, passe du rouge foncé jeune au pourpre noir à pleine maturité, en juin ou juillet. Sa chair sucrée rappelle la pomme ou la myrtille. 6 4
Taxonomie utile
Avant l'établissement du genre Amelanchier en 1789, la plante circulait sous le nom de Pyrus botryapium Vill., 1785, dans le genre des poiriers. Les principaux repères pour ne pas confondre les étiquettes :
- Amelanchier lamarckii var. scharnkeana (Asch. & Graebn.) F.G.Schroed., variété botanique acceptée ;
- Amelanchier canadensis var. scharnkeana Asch. & Graebn., combinaison antérieure du même taxon ;
- Amelanchier × grandiflora Rehder, hybride proche parfois confondu en pépinière.
La parenté hybride est un repère taxonomique plus fiable que la seule morphologie : la plupart des sources retiennent Amelanchier arborea (ou A. canadensis) et Amelanchier laevis comme parents, un croisement qui explique la variabilité observée entre populations. En cas de doute, le nom accepté, Amelanchier × lamarckii, reste le seul repère stable. 1 8
Habitat et répartition
L'aire native se situe dans le nord-est de l'Amérique du Nord, du sud-est du Canada au nord-est des États-Unis, là où se chevauchent les aires des espèces parentes. Aucune population sauvage stable n'y est pourtant documentée aujourd'hui : la plante n'existe presque plus qu'en culture ou à l'état naturalisé. 1 6
Introduite en Europe dès le XVIIIᵉ siècle dans les jardins botaniques, la plante a d'abord été cultivée à grande échelle par des maraîchers néerlandais et de Basse-Saxe au XIXᵉ siècle, avant de se naturaliser au début du XXᵉ siècle. L'amélanchier occupe aujourd'hui des landes, des bois clairs et des sols sableux acides en Belgique, aux Pays-Bas et dans le nord-ouest de l'Allemagne. 6 7
Le statut d'espèce envahissante est documenté localement : aux Pays-Bas, elle est jugée nuisible à la biodiversité des landes ; en Pologne, elle colonise forêts et fourrés près des grandes villes du centre et du sud du pays. En Grande-Bretagne, elle est naturalisée sur les landes sableuses et les bois humides acides du sud de l'Angleterre, sans y être indigène. 7 8 3
Cycle et reproduction
La floraison précoce, en avril, expose les fleurs aux gelées tardives, un risque qui peut réduire la fructification d'une année entière. Les fleurs, hermaphrodites et autofertiles, sont pollinisées par les abeilles. 6
Une fois pollinisées, les fleurs donnent des fruits mûrs en juin ou juillet, consommés rapidement par les oiseaux, qui assurent la dispersion des graines. La dispersion des graines par les oiseaux explique en partie la rapidité de naturalisation observée hors des zones de plantation d'origine. 5
La multiplication par graine reste lente et irrégulière ; en pratique, la division des rejets de souche, sur un plant âgé d'au moins deux ans, donne des sujets exploitables plus vite. Le marcottage au sol, praticable mais plus rare en culture amateur, demande généralement 18 mois avant enracinement complet. 3
Usages et risques
L'usage principal reste ornemental : la triple saison d'intérêt, feuillage cuivré au printemps, floraison blanche précoce puis coloration rouge orangé à l'automne, explique sa large diffusion en Europe de l'Ouest, où la Royal Horticultural Society lui reconnaît un Award of Garden Merit. 2 5
Le fruit mûr est comestible, sucré, riche en fer et en cuivre, consommé cru, séché ou cuit en confiture. Plants For A Future lui attribue une note d'usage alimentaire maximale et ne signale aucun risque toxique connu pour la plante entière. 3
Le risque documenté touche l'écologie plutôt que la santé : dans les régions où l'espèce s'est naturalisée depuis plus d'un siècle, elle peut coloniser les landes acides et concurrencer la végétation indigène, un enjeu documenté aux Pays-Bas et en Pologne, non signalé à ce jour en France métropolitaine. 7
Variétés, confusions et plantes proches
Le nom d'espèce parapluie recouvre une variabilité réelle, héritée de son origine hybride : selon les sujets, la ressemblance penche tantôt vers Amelanchier arborea, tantôt vers Amelanchier laevis. La variété scharnkeana illustre cette instabilité taxonomique, ballottée entre plusieurs combinaisons botaniques avant son rattachement actuel. 1
Les confusions fréquentes concernent :
- Amelanchier canadensis porte des fleurs nettement plus petites et fleurit un peu plus tard ;
- Amelanchier laevis, l'un des deux parents supposés, garde des jeunes feuilles moins marquées de cuivré ;
- les aubépines (Crataegus) fleurissent à la même saison, mais portent des épines et des fruits secs à noyau, absents chez l'amélanchier. 7 4
Face à ces sosies, deux traits combinés restent les plus fiables : la coloration cuivrée du jeune feuillage et les grappes lâches de 6 à 12 fleurs, un calibrage intermédiaire entre les extrêmes observés chez les deux espèces parentes.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Amelanchier × lamarckii F.G.Schroed.
- Royal Horticultural Society, Amelanchier lamarckii details
- Plants For A Future, Amelanchier lamarckii
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Amelanchier lamarckii
- Wikipedia EN, Amelanchier × lamarckii
- Wikipedia DE, Kupfer-Felsenbirne (Amelanchier lamarckii)
- Wikipedia NL, Amerikaans krentenboompje
- Wikipedia PL, Świdośliwa Lamarcka
- Tela Botanica / référentiel BDTFX, Amelanchier lamarckii
Questions fréquentes
L'amélanchier de Lamarck est-il une espèce ou un hybride ?
C'est un hybride naturel, noté par le signe ×, né du croisement spontané entre Amelanchier arborea (ou A. canadensis) et Amelanchier laevis dans le nord-est de l'Amérique du Nord. Le nom actuel n'a été fixé qu'en 1968.
Le fruit est-il comestible ?
Oui. Le fruit mûr, une petite pomme charnue pourpre noir, se mange cru, séché ou cuit, avec une saveur sucrée proche de la pomme ou de la myrtille. Il est riche en fer et en cuivre, sans risque toxique documenté.
Pourquoi les jeunes feuilles sont-elles cuivrées ?
Le feuillage naissant porte des pigments cuivrés à rosés, un trait qui donne son nom allemand Kupfer-Felsenbirne. Les feuilles verdissent ensuite en quelques semaines, avant de virer au rouge orangé à l'automne.
La plante est-elle envahissante ?
Localement, oui. Aux Pays-Bas et en Pologne, l'espèce est documentée comme envahissante dans les landes et les sols pauvres, après plusieurs décennies de naturalisation depuis des plantations ornementales. Aucune invasion de ce type n'est documentée en France métropolitaine.
Quelle exposition et quel sol lui conviennent ?
Un sol acide à neutre, bien drainé, sableux à limoneux, et une exposition en plein soleil à mi-ombre légère donnent la meilleure floraison et la meilleure coloration automnale.
D'où vient le nom lamarckii ?
L'épithète honore le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck, qui a décrit la plante en 1783. La combinaison scientifique actuelle date seulement de 1968, fixée par le botaniste Fred-Günter Schroeder.
Comment distinguer l'amélanchier de Lamarck de ses parents ?
Le feuillage cuivré au débourrement et les grappes lâches de 6 à 12 fleurs le distinguent d'Amelanchier laevis, tandis que sa taille plus généreuse et ses fleurs plus grandes le séparent d'Amelanchier canadensis. Le nom scientifique reste le repère le plus fiable en cas de doute.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







