Concombre d'âne (Ecballium elaterium, )
Le concombre d'âne (Ecballium elaterium (L.) A.Rich., 1824) est l'unique espèce du genre Ecballium, une Cucurbitaceae rampante et hérissée de poils, originaire du pourtour méditerranéen jusqu'en Iran. Dépourvue de vrilles contrairement à ses cousines potagères, elle se reconnaît surtout à son fruit hérissé qui se détache et explose au moindre contact, projetant ses graines à plusieurs mètres.
Lire la suiteConcombre d'âne, Concombre sauvage, Cornichon d'âne, Momordique sauvage, Squirting cucumber et Exploding cucumber
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.






© photo
(c) josefwirth, some rights reserved (CC BY-NC), uploaded by josefwirth · cc-by-nc
Jacek Pietruszewski · cc-by
iNaturalist User · cc-by
Taken Nov 4, 2021 by Jacques Zuber (cc-by-sa)
Taken Feb 9, 2022 by -Minute man- (cc-by-sa)
Taken Nov 10, 2021 by sandrine may (cc-by-sa)
Taken Feb 9, 2018 by 1 (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native d'Ecballium elaterium s'étend des îles Canaries jusqu'en Iran, en passant par tout le pourtour méditerranéen et l'Afrique du Nord. Introduite hors de cette aire comme curiosité ou accidentellement avec des importations de bétail, l'espèce s'est naturalisée dans plusieurs régions à climat méditerranéen, où elle est parfois réglementée comme adventice.
- Native5
- Introduite1
- Envahissante1
- France métropolitaine
- Espagne, Italie, Grèce
- Îles Canaries
- Afrique du Nord
- Iran et Asie occidentale
- États-Unis (Californie)
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.↗
Identité
Le concombre d'âne (Ecballium elaterium (L.) A.Rich., 1824), aussi appelé concombre sauvage ou cornichon d'âne, est l'unique espèce du genre Ecballium, dans la famille des Cucurbitaceae. Carl von Linné l'a décrite dès 1753 comme Momordica elaterium ; Achille Richard l'a transférée dans le genre Ecballium en 1824, un nom resté accepté depuis. 1 5
Le nom de genre vient du grec ekballein, « jeter dehors » : un choix direct pour décrire le geste du fruit mûr, qui explose au moindre contact et propulse ses graines. L'épithète elaterium a d'abord désigné le suc séché du fruit, un purgatif employé en médecine depuis l'Antiquité, avant de devenir le nom scientifique de la plante elle-même. 6
Reconnaissance
Ecballium elaterium forme des tiges rampantes et hérissées de poils rêches, longues de 50 cm à 1,50 m, qui s'étalent au sol sans jamais grimper. Sur le terrain, un seul repère suffit à trancher : contrairement à la plupart des Cucurbitaceae, cette espèce ne porte aucune vrille, à aucun stade de sa croissance. 3 2
Les feuilles, cordées et épaisses, affichent un vert grisâtre et une surface rugueuse couverte de poils courts. La plante est monoïque : des fleurs mâles jaune pâle, groupées en petites grappes, et des fleurs femelles solitaires, en clochette de 18 à 20 mm de diamètre, poussent sur le même pied. 2
Le fruit, ovoïde et hérissé de courts piquants, mesure 4 à 5,5 cm de long pour environ 2,5 cm de large. Dès qu'il est mûr, il se détache de son pédoncule à la moindre pression et éjecte violemment son suc chargé de graines, un comportement qui ne trompe pas sur l'identité de la plante. 2 8
Taxonomie utile
Le nom accepté reste Ecballium elaterium (L.) A.Rich., seule espèce validée du genre monotypique Ecballium. Deux sous-espèces sont reconnues : Ecballium elaterium subsp. elaterium, monoïque et largement répandue des Canaries à l'Iran, et Ecballium elaterium subsp. dioicum (Batt.) Costich, une forme dioïque aux pieds mâles et femelles séparés, restreinte au sud de la péninsule Ibérique et au nord-ouest de l'Afrique. 5 1
Plusieurs synonymes du XIXᵉ siècle circulent encore dans les flores régionales, notamment Ecballium officinale T.Nees, Ecballium officinarum Rich. ex M.Roem. et Ecballium purgans Schrad., tous rattachés au même nom accepté. 1
L'espèce appartient à l'ordre des Cucurbitales, aux côtés des concombres, melons et courges cultivés, mais sa teneur en cucurbitacines, jusqu'à 3,84 % du poids sec dans le fruit, dépasse largement celle des Cucurbitaceae potagères, où ces composés amers restent sous 0,3 % chez les espèces cultivées. 6
Habitat et répartition
L'aire native s'étend des îles Canaries jusqu'en Iran, en passant par tout le pourtour méditerranéen et l'Afrique du Nord. La plante colonise les friches, les décombres, les talus secs et les bords de chemins, presque toujours en plein soleil et sur sol pauvre. Ce sol nu et ce plein soleil lui donnent ce qu'il lui faut : une germination rapide et, faute de concurrents installés, un espace disponible sans compétition. 4 3
Introduite hors de son aire native comme curiosité de jardin ou accidentellement avec des importations de bétail, l'espèce s'est naturalisée en Australie dès le début du XXᵉ siècle, où elle reste soumise à un contrôle réglementaire, ainsi qu'en Californie et dans d'autres régions à climat méditerranéen. 4
Cycle et reproduction
La floraison s'étale de juin à août, avec des fleurs mâles et femelles séparées mais portées par le même pied chez la sous-espèce type. Les fruits mûrissent ensuite d'août à octobre, période où le mécanisme d'éjection devient pleinement actif. 2
Dans les jours qui précèdent l'éjection, le fruit perd du volume pendant que la tige qui le porte gonfle : son rayon augmente d'environ 20 % et sa longueur d'environ 45 %, sans le moindre gain de masse pour l'ensemble. Le liquide interne migre donc du fruit vers la tige, un mécanisme documenté pour la première fois chez cette espèce. 8
Au contact, le pédoncule se rompt en une trentaine de millisecondes et le fruit éjecte son suc à environ 16 à 20 mètres par seconde, sous une différence de pression proche de 1,7 bar. Les graines retombent jusqu'à 10 mètres du pied mère, soit environ 250 fois la longueur du fruit. 8
Usages et risques
Le suc séché du fruit, appelé historiquement élatérium, a servi pendant plus de deux mille ans comme purgatif puissant contre les œdèmes d'origine rénale ou cardiaque, un usage encore documenté dans certaines pharmacopées traditionnelles tunisienne, algérienne et turque. Cet usage reste dangereux hors cadre médical strict, les surdosages ayant provoqué des gastro-entérites sévères, voire des décès. 6
Toute la plante est toxique par ses cucurbitacines, des triterpènes amers concentrés surtout dans le fruit. Une projection de suc dans l'œil provoque en quelques minutes une conjonctivite, un œdème périorbitaire et des érosions de la cornée, comme documenté chez un agriculteur de 70 ans traité par rinçage et corticoïdes locaux, guéri en quatre jours. Une ingestion accidentelle expose à des vomissements, une accélération du pouls et, dans les cas extrêmes, des convulsions. 7 6
Variétés, confusions et plantes proches
Ecballium elaterium n'a aucun cultivar horticole reconnu : c'est une plante sauvage, jamais sélectionnée pour l'ornement ni pour la consommation. 3
La confusion à écarter en priorité concerne les jeunes plants de Cucurbitaceae potagères comme Cucumis sativus ou Cucurbita pepo : ces dernières développent rapidement des vrilles, absentes chez Ecballium elaterium à tout âge. Momordica charantia, dont le genre a longtemps hébergé le basionyme de cette espèce, s'en distingue par des fruits allongés et verruqueux, jamais explosifs. Citrullus colocynthis, la coloquinte, partage la même toxicité par cucurbitacines mais produit un fruit rond qui ne s'ouvre jamais par pression. 1
Le repère décisif reste le comportement du fruit mûr : un fruit qui se détache et gicle au moindre contact ne peut désigner que le concombre d'âne, aucune autre plante du pourtour méditerranéen ne partage ce trait.
Sources principales
- International Plant Names Index (Kew), Ecballium elaterium (L.) A.Rich.
- Missouri Botanical Garden Plant Finder, Ecballium elaterium
- Plants For A Future, Ecballium elaterium
- USDA PLANTS Database, Ecballium elaterium (L.) A. Rich.
- USDA GRIN Taxonomy, genus Ecballium
- PMC, Squirting Cucumber - chemical and pharmacological profile update
- PMC, Keratoconjunctivitis and Periorbital Edema due to Ecballium elaterium
- PMC, Uncovering the mechanical secrets of the squirting cucumber
Questions fréquentes
Le concombre d'âne est-il toxique ?
Oui. Toute la plante contient des cucurbitacines concentrées surtout dans le fruit. L'ingestion provoque des troubles digestifs sévères et le contact du suc avec les yeux entraîne une conjonctivite et un œdème documentés en clinique.
Peut-on confondre le concombre d'âne avec un vrai concombre ?
Rarement une fois adulte. La plante ne porte jamais de vrilles, contrairement aux jeunes plants de concombre ou de courgette qui en développent rapidement pour grimper.
Comment fonctionne l'éjection explosive des graines ?
Le pédoncule se rompt sous pression interne et le fruit projette son suc chargé de graines à environ 16 à 20 m/s, en une trentaine de millisecondes, sur des distances pouvant atteindre 10 m.
D'où vient le concombre d'âne ?
Son aire native va des îles Canaries jusqu'en Iran, en passant par tout le pourtour méditerranéen. L'espèce s'est naturalisée ailleurs, notamment en Australie depuis le début du XXᵉ siècle.
Le concombre d'âne a-t-il un usage médicinal ?
Historiquement oui. Son suc séché, appelé élatérium, a servi pendant plus de deux mille ans comme purgatif puissant, mais les surdosages ont provoqué des intoxications sévères et cet usage reste dangereux hors cadre médical.
Le concombre d'âne est-il envahissant ?
En Australie, où il a été introduit au début du XXᵉ siècle, il est soumis à un contrôle réglementaire. Dans son aire native méditerranéenne, il reste une adventice commune des friches et des décombres.
Que faire en cas de contact du suc avec les yeux ?
Rincer abondamment à l'eau claire et consulter rapidement un médecin. Un cas clinique documenté a nécessité un traitement par rinçage et corticoïdes locaux avant résolution complète en quatre jours.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.







