Céleri d'eau (Oenanthe javanica, )
Le céleri d'eau (Oenanthe javanica) est une plante vivace herbacée des Apiacées, native d'Asie tempérée et tropicale jusqu'au Queensland en Australie. Elle pousse en sol détrempé ou en faible immersion, dans les rizières, les fossés et les berges de mares. Cultivée pour ses jeunes pousses aromatiques, elle est connue sous le nom minari en Corée et seri au Japon, où elle entre dans des préparations culinaires traditionnelles.
Lire la suiteCéleri d'eau, Céleri chinois, Œnanthe de Java, Persil japonais, Minari et Water celery
Acceptez quelques heures de soleil direct par jour, plutôt matin ou soir.
Plein soleil à mi-ombre légère





© photo
no rights reserved, uploaded by 葉子 · cc0
Tom Ferguson · cc0
Colin Meurk · cc-by
Taken Nov 22, 2004 by Royal Botanic Garden Edinburgh - Anthony G. Miller (cc-by-nc)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native d'Oenanthe javanica couvre l'Asie tempérée et tropicale, du sud-est de la Sibérie à l'Inde, la Chine, le Japon, la Corée et l'Asie du Sud-Est, avec une extension naturelle jusqu'au Queensland, en Australie. Introduite comme plante potagère et ornementale hors de son aire d'origine, l'espèce s'est naturalisée dans plusieurs États du centre des États-Unis, où elle est réglementée comme mauvaise herbe envahissante des zones humides.
- Native7
- Envahissante1
- Chine
- Japon
- Corée du Sud
- Inde
- Indonésie
- Australie
- Russie
- États-Unis
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le céleri d'eau (Oenanthe javanica (Blume) DC., 1830) est une vivace herbacée de 20 à 80 cm, aux tiges creuses et cannelées, native des rizières et fossés d'Asie tempérée. Elle porte aussi les noms d'œnanthe de Java et de persil japonais, au sein du genre Oenanthe et de la famille des Apiacées (Apiaceae). Carl Ludwig von Blume l'a décrite en 1826 sous le nom Sium javanicum ; Augustin Pyramus de Candolle l'a transférée dans le genre Oenanthe en 1830, et ce nom reste le seul en usage aujourd'hui. 1 8
Le nom de genre vient du grec oinos (le vin) et anthos (la fleur), une allusion au parfum vineux que dégagent certaines espèces du genre. Javanica renvoie à Java, où la plante type a été récoltée en 1826, mais l'aire réelle de l'espèce dépasse largement l'Indonésie : elle s'étend jusqu'au sud-est de la Sibérie. 6 5
Reconnaissance
Le premier repère de terrain tient à la tige : creuse, cannelée, souvent teintée de pourpre à la base, elle porte, sur substrat détrempé, une touffe de 20 à 80 cm de haut. Les feuilles, une à deux fois pennées, aux folioles dentées et luisantes, dégagent une odeur de persil ou de carotte dès qu'on les froisse. 3 4
Les fleurs, blanches et minuscules à peine 0,2 à 0,4 cm, se regroupent en ombelles plates de 3 à 6 cm de diamètre, portées à l'aisselle des tiges supérieures. Cette architecture florale, typique des Apiacées, fleurit de juin à septembre selon le climat. 4 3
Les stolons rampants s'enracinent à chaque nœud et forment souvent un tapis dense en une seule saison. C'est ce système racinaire traçant, combiné à des tiges creuses gorgées d'eau, qui distingue le céleri d'eau d'un céleri de jardin classique planté en sol sec ; sans cette colonisation active par stolons, la plante resterait une touffe isolée comme n'importe quelle autre ombellifère de bordure. 3
Taxonomie utile
Le nom accepté est Oenanthe javanica (Blume) DC., publié en 1830 à partir du basionyme Sium javanicum Blume, 1826. L'espèce se divise en deux sous-espèces : la forme type Oenanthe javanica subsp. javanica, largement répandue sur l'ensemble de l'aire native, et Oenanthe javanica subsp. rosthornii (Diels) F.T.Pu, restreinte au sud de la Chine, à la Thaïlande et à Taïwan. 1
Plusieurs noms historiques circulent encore dans la littérature horticole et se ramènent au même taxon :
- Oenanthe javanica var. japonica (Miq.) Honda
- Oenanthe javanica subsp. stolonifera (Wall. ex DC.) Murata
- Oenanthe javanica f. rosea Hayashi
Ces synonymes ne doivent pas être confondus avec Oenanthe linearis Wall. ex DC., une espèce voisine mais distincte, propre à l'Himalaya et à l'Asie continentale. 1
Habitat et répartition
L'aire native s'étend du sud-est de la Sibérie à l'Asie tempérée et tropicale, jusqu'au Queensland, en Australie ; l'espèce est également indigène en Inde, en Chine, au Japon, en Corée et dans toute l'Asie du Sud-Est. 1 6
La plante recherche les milieux détrempés à faible profondeur d'eau : rizières, fossés, berges de mares et de cours d'eau, marais et prairies humides. Si le substrat s'assèche durablement, en revanche, sa croissance s'arrête ; une immersion de quelques centimètres, au contraire, ne la gêne pas. 4 3
Introduite comme plante potagère et ornementale hors d'Asie, l'espèce s'est naturalisée dans plusieurs États du centre des États-Unis. Sa capacité à envahir les zones humides lui vaut d'y figurer sur la liste des mauvaises herbes réglementées. 3
Cycle et reproduction
La floraison estivale attire abeilles, syrphes et petits coléoptères, venus chercher le pollen abondant des ombelles. Après fécondation, chaque fleur produit un petit schizocarpe qui se scinde en deux méricarpes à maturité. 4
En pratique horticole, la multiplication passe surtout par division des touffes ou par bouturage de tige avec nœud, enraciné directement dans l'eau ou en sol détrempé en 1 à 3 semaines ; le semis reste possible, mais sa reprise est nettement plus lente que celle d'une bouture. Au Japon, la variété cultivée à Sendai, dans la préfecture de Miyagi, se récolte en hiver pour ses racines, longues de jusqu'à 30 cm, développées en immersion profonde. 4
Usages et risques
L'usage principal reste alimentaire : les jeunes pousses, les tiges et les feuilles se consomment crues ou cuites, avec une saveur proche du persil et de la carotte. En Corée, la plante est connue sous le nom minari et entrait autrefois dans certaines préparations fermentées, avant la généralisation du chou dans le kimchi ; au Japon, le seri figure parmi les sept herbes du printemps consommées dans le nanakusa-gayu le 7 janvier. 5 7
Les études toxicologiques disponibles ne montrent pas de toxicité alimentaire propre à Oenanthe javanica : à dose normale, aucun symptôme direct n'est rapporté. Des essais chez l'animal n'ont révélé d'effets indésirables qu'à des doses très supérieures à un usage courant. Le vrai risque tient à la confusion avec des espèces bien plus dangereuses du même genre, en particulier Oenanthe crocata, extrêmement toxique, ainsi qu'avec Cicuta virosa : sans identification certaine, une récolte sauvage reste déconseillée. 7 5
Variétés, confusions et plantes proches
Le cultivar Flamingo, au feuillage panaché de vert, de blanc et de rose, domine l'offre horticole ornementale pour bassins et berges de jardin. Il reste moins rustique que l'espèce type : sa résistance au froid s'arrête vers -17 °C, contre une rusticité de zone USDA 5 à 11 pour la forme sauvage. 2 4
Plusieurs plantes partagent l'habitat ou l'allure générale du céleri d'eau :
- Apium graveolens, le céleri classique, préfère un sol frais mais non détrempé en permanence ;
- Petroselinum crispum, le persil, partage l'odeur mais pousse en sol de jardin sec ;
- Oenanthe crocata et Cicuta virosa, extrêmement toxiques, ressemblent à Oenanthe javanica au stade végétatif.
Sans l'odeur de persil ou de carotte au froissement, propre au céleri d'eau, la confusion en milieu naturel reste facile pour un cueilleur non averti. Le nom scientifique complet reste plus fiable que l'aspect général ou l'odeur des feuilles froissées pour distinguer ces plantes, en particulier quand l'identification engage la sécurité alimentaire. 7
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Oenanthe javanica (Blume) DC.
- Royal Horticultural Society, Oenanthe javanica Flamingo
- Missouri Botanical Garden, PlantFinder Oenanthe javanica
- Plants For A Future, Oenanthe javanica
- Encyclopaedia Britannica, Minari plant
- INPN / MNHN, Oenanthe javanica (Blume) DC., 1830
- PubMed Central, review of Oenanthe javanica as traditional medicinal plant
- Wikidata, Oenanthe javanica (Q905974)
Questions fréquentes
Le céleri d'eau est-il toxique ?
Non, pas à proprement parler. Les études toxicologiques disponibles ne montrent pas de toxicité alimentaire propre à Oenanthe javanica à dose normale. Le vrai risque vient de la confusion avec des espèces très dangereuses du même genre, en particulier Oenanthe crocata.
Peut-on manger le céleri d'eau ?
Oui, c'est même son principal usage. Les jeunes pousses, les tiges et les feuilles se consomment crues ou cuites en Asie, avec une saveur proche du persil et de la carotte. Certaines variétés japonaises sont cultivées spécifiquement pour leurs racines.
Qu'est-ce que le minari ?
Minari est le nom coréen d'Oenanthe javanica, cultivé en rizière inondée et consommé comme légume namul. La plante a gagné une notoriété mondiale grâce au film Minari, sorti en 2020.
Comment distinguer Oenanthe javanica d'une espèce toxique du même genre ?
L'odeur de persil ou de carotte au froissement des feuilles est un repère utile, mais insuffisant seul. Sans identification botanique certaine, la cueillette sauvage d'une plante ressemblant à Oenanthe javanica reste déconseillée en raison du risque de confusion avec Oenanthe crocata ou Cicuta virosa.
Comment cultiver Oenanthe javanica au jardin ?
En bordure de bassin, en panier aquatique immergé sur quelques centimètres, ou dans un carré potager maintenu constamment humide, en plein soleil à mi-ombre légère.
Le cultivar Flamingo est-il comestible comme l'espèce type ?
Le feuillage panaché de Flamingo n'est pas documenté comme toxique, mais il est cultivé pour son intérêt ornemental plutôt que pour la récolte, et il est moins rustique que l'espèce type.
D'où vient Oenanthe javanica ?
Son aire native couvre l'Asie tempérée et tropicale, du sud-est de la Sibérie jusqu'au Queensland en Australie, en passant par la Chine, le Japon, la Corée, l'Inde et l'Asie du Sud-Est.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.








