Cupuaçu (Theobroma grandiflorum, )
Le cupuaçu (Theobroma grandiflorum) est un arbre fruitier des Malvaceae, cousin du cacaoyer, originaire du bassin amazonien, du sud du Venezuela au nord de la Bolivie. Il pousse en sous-bois de forêt tropicale humide, à l'abri d'arbres plus hauts, et porte un gros fruit brun à la pulpe blanche parfumée, utilisée dans les jus, les glaces et le beurre de cupuaçu.
Lire la suiteCupuaçu, Cacaoyer à grandes fleurs, Cupuassu, Cupuazú, Copoazu et Cupu assu
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Répartition mondiale
L'aire native de Theobroma grandiflorum s'étend du sud du Venezuela au nord de la Bolivie, en passant par la Guyana, le Suriname, la Colombie, l'Équateur et le Pérou, avec un centre de diversité dans l'est de l'Amazonie brésilienne. Introduite hors de cette aire surtout à des fins agronomiques, l'espèce reste rare en dehors des collections botaniques et des serres chauffées en climat tempéré.
- Native8
- Introduite1
- Brésil
- Venezuela
- Guyana
- Suriname
- Colombie
- Équateur
- Pérou
- Bolivie
- Costa Rica
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
Le cupuaçu (Theobroma grandiflorum (Willd. ex Spreng.) K.Schum., 1886), aussi appelé cacaoyer à grandes fleurs, est un arbre fruitier des Malvaceae, cousin direct du cacaoyer (Theobroma cacao). Le genre Theobroma vient du grec theos (dieu) et broma (nourriture) ; l'épithète grandiflorum décrit des fleurs nettement plus grandes que celles du cacaoyer, portées directement sur le tronc. 1 2
L'espèce pousse à l'état spontané dans le bassin amazonien, du sud du Venezuela au nord de la Bolivie. Sa diffusion actuelle doit tout à une domestication amérindienne ancienne : selon des analyses génomiques, elle débute entre 5000 et 8000 ans avant aujourd'hui, à partir du cupuí (Theobroma subincanum), l'espèce sauvage dont le cupuaçu descend directement. 6
Reconnaissance
Theobroma grandiflorum atteint couramment 5 à 15 m de haut à l'état sauvage, parfois jusqu'à 20 m ; en verger, la taille de formation le ramène à 8 à 10 m, contre 20 m sans intervention. Le tronc, court et rarement plus épais que 30 cm, se divise vite en grosses branches sous une couronne pyramidale à étalée. 9 4
Les feuilles, simples et coriaces, mesurent 20 à 35 cm de long pour 6 à 11 cm de large ; elles sortent teintées de rose avant de foncer en vert sombre, avec une dizaine de paires de nervures secondaires bien visibles au revers. Les fleurs poussent directement sur le tronc et les grosses branches, une cauliflorie typique des Malvaceae de sous-bois qui met les pétales à portée des insectes actifs au ras du sol. Chaque fleur, crème à base rouge violacé, ne s'ouvre qu'un seul jour. 4 9
Le fruit est une grosse baie brune, ovale à presque ronde, longue de 20 à 24 cm pour un poids qui peut dépasser 1,5 kg. Sa coque épaisse et duveteuse renferme 25 à 50 graines entourées d'une pulpe blanche crémeuse, à l'odeur mêlant chocolat et ananas. 9 4
Taxonomie utile
Le nom accepté aujourd'hui, Theobroma grandiflorum (Willd. ex Spreng.) K.Schum., résulte d'une combinaison publiée en 1886 par le botaniste allemand Karl Schumann, à partir d'un basionyme antérieur attribué à Willdenow et validé par Sprengel. Les principaux synonymes recensés sont :
- Bubroma grandiflorum Willd.
- Guazuma grandiflora (Willd. ex Spreng.) G.Don
- Theobroma macranthum Bernoulli
- Theobroma speciosum Willd. ex Mart.
Le cupuí (Theobroma subincanum) est l'ancêtre sauvage du cupuaçu d'après les analyses génomiques récentes ; il produit un fruit et des graines plus petits que ceux de Theobroma grandiflorum. 2 6
Habitat et répartition
L'aire native s'étend du sud du Venezuela au nord de la Bolivie, en passant par la Guyana, le Suriname, la Colombie, l'Équateur et le Pérou, avec un centre de diversité dans l'est de l'Amazonie brésilienne, où l'État du Pará concentre la production. L'espèce occupe le sous-bois de la forêt tropicale humide de plaine, sur des terrasses non inondables. 1 4
Sur son aire native, la croissance demande une pluviométrie annuelle de 1900 à 3000 mm, une température moyenne de 20 à 30 °C et un sol drainé de pH 5 à 6,5. Introduite hors de son aire d'origine surtout à des fins agronomiques, l'espèce reste rare en dehors des collections botaniques et des serres chauffées en climat tempéré. 9 3
Cycle et reproduction
La pollinisation dépend de petits insectes, charançons, mouches et abeilles sans dard, avec un rôle marginal du vent ; les fortes pluies interrompent leur activité et réduisent la fécondation. La plupart des arbres sont autoincompatibles, ce qui limite fortement la formation de fruits, à peine 5% des fleurs ouvertes en donnant un. 4
Une fois tombé au sol, le fruit ne change pas d'aspect externe pour signaler sa maturité, ce qui complique la récolte : les producteurs ramassent simplement les fruits fraîchement tombés, sans repère visuel fiable. Sa coque dure met plusieurs mois à se dégrader naturellement : ce sont typiquement des rongeurs qui percent une ouverture pour atteindre la pulpe, libérant du même coup les graines encore viables. 4 9
Après cette première domestication, une seconde phase de sélection accompagne l'expansion géographique de la culture, au cours des deux derniers siècles. 6
Usages et risques
La pulpe blanche, environ un tiers du poids du fruit, se consomme crue ou transformée en jus, glaces, confitures et pâtisseries dans toute l'Amazonie. Comparé à celui du cacao, le beurre extrait des graines grillées, le beurre de cupuaçu, affiche un point de fusion plus bas, autour de 30 °C, ce qui explique son emploi en cosmétique comme émollient. 4 3
Aucune toxicité n'est documentée pour l'humain ou les animaux domestiques. Les graines crues contiennent de la théobromine et de la caféine, comme celles du cacaoyer, mais en quantités nettement plus faibles, ce qui explique pourquoi le cupuaçu n'est jamais cité aux côtés du chocolat dans les alertes vétérinaires courantes. 3
La principale menace pour la culture reste le balai de sorcière (Moniliophthora perniciosa), un champignon qui déforme les jeunes rameaux en touffes denses et peut tuer l'arbre en l'absence de taille sanitaire régulière. 8
Variétés, confusions et plantes proches
Face au balai de sorcière, l'Embrapa a sélectionné plusieurs clones résistants regroupés dans le kit Cupuaçu 5.0 : BRS Careca, BRS Fartura, BRS Duquesa, BRS Curinga et BRS Golias, plantés ensemble pour croiser leur pollinisation. 8
Deux espèces proches prêtent à confusion. Le cupuí (Theobroma subincanum) porte un fruit et des graines plus petits que ceux du cupuaçu, sous un feuillage plus velu. Le cacaoyer (Theobroma cacao) partage la même silhouette générale, mais son fruit allongé renferme des graines destinées au chocolat classique, jamais à une pulpe comestible.
Le nom scientifique reste la clé pour distinguer ces trois Theobroma, vendus localement sous des noms commerciaux parfois interchangeables.
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Theobroma grandiflorum (Willd. ex Spreng.) K.Schum.
- GBIF Backbone Taxonomy, Theobroma grandiflorum, synonymie
- Plants For A Future, Theobroma grandiflorum - Cupuassu, Cupuacu
- Purdue University NewCrop, Cupuaçu (Theobroma grandiflorum) factsheet
- IUCN Red List, Theobroma grandiflorum assessment 2021
- Colli-Silva et al. 2023, Communications Earth & Environment, domestication of cupuaçu
- INPN / MNHN, Theobroma grandiflorum, fiche de référence française
- Embrapa, Cupuaçu 5.0 - kit de cultivars résistants au balai de sorcière
- BOTANY.cz, Kakaovník velkokvětý (Theobroma grandiflorum)
Questions fréquentes
Le cupuaçu est-il la même chose que le cacao ?
Non. Theobroma grandiflorum et Theobroma cacao appartiennent au même genre et à la même famille, les Malvaceae, mais ce sont deux espèces distinctes. Le cupuaçu se cultive pour sa pulpe parfumée, le cacaoyer pour ses graines destinées au chocolat.
Le cupuaçu est-il toxique pour les chats et les chiens ?
Aucune toxicité n'est documentée pour la plante ou le fruit mûr. Les graines crues contiennent de la théobromine et de la caféine, comme celles du cacaoyer, mais en quantités nettement plus faibles ; elles ne sont de toute façon pas consommées telles quelles.
Quelle différence entre le cupuaçu et le cupuí ?
Le cupuí (Theobroma subincanum) est l'espèce sauvage la plus proche du cupuaçu, considérée comme son ancêtre domestiqué. Il produit des fruits et des graines plus petits, et un feuillage plus velu.
Peut-on cultiver le cupuaçu en France métropolitaine ?
Seulement sous serre chauffée. L'espèce exige une température moyenne de 20 à 30 °C et une forte humidité ; en dessous de 16 °C, la croissance s'arrête, et le gel est fatal à l'arbre.
À quoi sert le beurre de cupuaçu ?
Extrait des graines grillées, ce beurre a un point de fusion plus bas que le beurre de cacao, autour de 30 °C. Il est surtout employé en cosmétique, comme émollient dans les crèmes et les baumes.
Pourquoi si peu de fleurs deviennent-elles des fruits ?
Les arbres sont majoritairement autoincompatibles ; une fleur doit recevoir le pollen d'un autre individu pour se féconder. Combiné à des pollinisateurs sensibles aux fortes pluies, ce mécanisme explique qu'à peine 5% des fleurs ouvertes donnent un fruit.
Qu'est-ce que le balai de sorcière du cupuaçu ?
C'est une maladie fongique causée par Moniliophthora perniciosa, qui déforme les jeunes rameaux en touffes denses et peut affaiblir ou tuer l'arbre. Des cultivars Embrapa comme BRS Careca ou BRS Golias ont été sélectionnés pour y résister.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.

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