Problèmes
Rosier malade : reconnaître la maladie à son symptôme
Un rosier malade souffre presque toujours d'un des trois champignons de la feuille, la maladie des taches noires, l'oïdium ou la rouille, ou d'un insecte, puceron en tête. La texture du symptôme les distingue : une tache noire aux bords frangés, un feutrage blanc et poudreux, une pustule orange sous la feuille. La prévention compte plus que le traitement, d'autant que les fongicides de synthèse sont interdits au jardin depuis 2019.

Le diagnostic en un tableau
Regardez où se trouve le symptôme, puis passez le doigt dessus. Une tache noire qui ne part pas trahit un champignon installé dans la feuille, un feutrage blanc qui poudre les doigts signe l'oïdium, une poussière orange sous la feuille la rouille, une feuille collante un insecte piqueur. Le rosier (Rosa) n'a que quelques ennemis courants, mais ils se ressemblent de loin.
| Ce que vous voyez | Cause probable | À lire |
|---|---|---|
| Taches noires ou violacées aux bords frangés, feuilles qui jaunissent puis tombent | Maladie des taches noires | Taches noires |
| Poudre blanche sur les jeunes feuilles, les tiges et les boutons | Oïdium | Oïdium |
| Taches jaunes dessus, pustules orange dessous, noires en fin d'été | Rouille | Rouille |
| Boutons qui restent fermés, pétales soudés, puis duvet gris | Boutons en boule, moisissure grise | Boutons |
| Colonies vertes ou roses sur les boutons, feuilles collantes | Pucerons | Insectes |
| Folioles roulées en tube, du printemps au début de l'été | Tenthrède enrouleuse | Insectes |
| Feuilles marbrées de points pâles, mues blanches au revers | Cicadelle du rosier | Insectes |
| Bout des tiges qui brunit et sèche | Dépérissement des rameaux | Prévention |
Une feuille jaune sans tache ni insecte relève d'une autre logique : arrosage, sol, carence.
Quand le feuillage jaunit sans la moindre tache : les feuilles jaunes du rosier ont leurs propres causes, du sol calcaire à l'eau qui stagne.
Un symptôme qui ne colle à aucune ligne ? Photographiez la feuille : Floralens nomme le problème et propose le geste adapté.
Taches noires : la maladie la plus grave
Des taches noir violacé qui s'étendent vite sur le dessus de la feuille, puis un jaunissement et une chute du feuillage : c'est la maladie des taches noires, souvent appelée marsonia (Diplocarpon rosae). La RHS la tient pour la maladie la plus grave du rosier : un pied très atteint perd presque toutes ses feuilles et une bonne part de sa vigueur. De petites lésions noires et croûteuses peuvent aussi marquer les jeunes tiges1.

Le cycle explique les gestes. Le champignon passe l'hiver sur les feuilles tombées et dans les jeunes tiges. Au printemps, la pluie projette ses spores sur les feuilles du bas : elles germent et pénètrent la feuille en 48 heures, et de nouvelles fructifications apparaissent 9 à 15 jours plus tard. La maladie se maintient ensuite de mai à septembre selon le temps2. Jardiner Autrement voit les premières taches en début d'été, par temps pluvieux3.
Les gestes qui freinent la maladie :
- Ramassez les feuilles tombées à l'automne, ou enfouissez-les sous un paillis d'au moins 5 cm, posé de novembre à février1.
- Coupez les lésions des tiges au printemps, avant la sortie des feuilles1.
- Arrosez au pied et évitez les arrosages du soir, qui laissent le feuillage mouillé la nuit3.
- Retirez les premières feuilles atteintes dès les symptômes3.
La RHS prévient pourtant que ces mesures retardent la maladie plus qu'elles ne l'empêchent : les spores arrivent aussi avec la pluie poussée par le vent1. Même prudence sur les variétés : la résistance annoncée tient rarement plus de quelques années, le temps que de nouvelles souches apparaissent, alors que les rosiers botaniques sont peu touchés1. Bonne nouvelle relative : la maladie tue rarement son hôte, son effet reste surtout esthétique2.
Les photos du symptôme sont sur la fiche grande tache noire.
Oïdium : le feutrage blanc
Une poudre blanche sur les feuilles et les jeunes pousses, des feuilles qui se crispent, des boutons qui n'ouvrent pas : c'est l'oïdium (Podosphaera pannosa). Le feutrage gagne aussi les tiges, souvent autour des aiguillons, les pédoncules et les pétales4.

Il prend le contre-pied des autres maladies. Pas besoin de feuilles mouillées : l'oïdium profite d'un air humide et immobile et d'un sol sec par à-coups. Les grimpants plaqués contre un mur, mal ventilés, sont les plus touchés4. Clemson situe ses conditions idéales entre 21 et 27 °C, avec des nuits humides et des journées sèches ; un film d'eau sur la feuille gêne même l'infection5.
Les sources ne s'accordent pas sur la saison. La RHS en fait un mal des étés secs4, quand Jardiner Autrement le voit surtout au printemps et à l'automne, l'été étant trop chaud selon elle6. Retenez le point commun : des nuits fraîches et humides suivies de journées chaudes.
Ce qui marche, dans l'ordre :
- Le plein soleil et l'air : un pied aéré, une taille qui ouvre le centre, pas de plantation serrée4.
- Un sol jamais sec : arrosage régulier en période sèche et paillis4.
- Pas d'excès d'azote, qui fait des pousses tendres et vulnérables4.
- Coupez les pousses atteintes dès les premières taches : Jardiner Autrement insiste sur ce timing6.
Les gestes sont détaillés sur éliminer l'oïdium.
Rouille : des pustules orange sous les feuilles
Des taches jaunes et anguleuses sur le dessus de la feuille, des pustules orange et poudreuses dessous : c'est la rouille (Phragmidium mucronatum). Les pustules brunissent puis deviennent noires en fin d'été, et une forte attaque fait tomber les feuilles78. Au printemps, on repère parfois les premiers foyers sur les jeunes tiges, déformées et couvertes de spores orange8.

Le champignon a besoin d'eau liquide sur la feuille pendant au moins 2 heures et d'une température de 18 à 20 °C7. Il passe l'hiver dans les feuilles tombées et les jeunes rameaux.
Rassurez-vous : la RHS la tient pour la moins grave des trois maladies courantes, la plupart des attaques restant trop légères pour justifier un traitement8. Coupez les foyers de printemps dès que vous les voyez, ramassez les feuilles à l'automne, et changez de variété si le même pied reste rouillé d'année en année8. Voir éliminer la rouille.
Boutons qui pourrissent sans s'ouvrir
Des boutons qui restent fermés, aux pétales extérieurs collés en une coque de papier, puis qui moisissent : ce sont des boutons en boule. La RHS l'explique par la météo : une pluie fraîche gorge les pétales, puis le soleil les sèche et les soude. Les rosiers à fleurs doubles et à pétales fins y sont les plus sujets, surtout au printemps et en été par temps humide et ombragé9.
Le vrai danger vient ensuite : un bouton pourri se couvre de moisissure grise, qui gagne les autres fleurs. Retirez les boutons en boule sans attendre9. Clemson situe l'activité du botrytis entre 17 et 22 °C par temps humide et conseille de jeter les fleurs fanées et les feuilles tombées5.
Aucun produit ne corrige ce trouble : un site ouvert, une taille qui aère, un arrosage dirigé vers le sol, et le remplacement d'une variété qui récidive chaque année9. Voir moisissure grise.
Pucerons, tenthrède et cicadelle : les insectes du rosier
Les pucerons du rosier (Macrosiphum rosae), verts ou roses, mesurent jusqu'à 3,5 mm. Ils se serrent sur les boutons et les pousses tendres de mars à août, avec un pic au début de l'été, et rejettent un miellat sur lequel pousse la fumagine noire10. La RHS conseille de tolérer les petites colonies, d'écraser les foyers entre les doigts et de laisser faire coccinelles, syrphes et petites guêpes parasites, qui réduisent les populations en été. Au printemps, les pucerons partent souvent avant leurs prédateurs : inspectez les rosiers tôt10. Voir éliminer les pucerons et nettoyer le miellat.
La tenthrède enrouleuse roule les folioles en tube de fin avril à début juin, pour y loger sa larve vert pâle. Le rosier s'en remet presque toujours : n'arrachez les feuilles roulées que si elles sont rares, car en enlever beaucoup lui nuit plus que l'insecte11. Voir tenthrède.
La cicadelle du rosier marbre le dessus des feuilles de points pâles, surtout par temps chaud et sec, de mai à septembre. Retournez une feuille : les mues blanches des larves restent collées au revers. La vigueur du rosier en souffre rarement, et la RHS conseille de tolérer12. Une marbrure plus fine, avec de minuscules acariens et parfois une toile soyeuse, signale plutôt des araignées rouges, actives de mars à octobre par temps chaud et sec13. Voir cicadelles et tétranyques tisserands.
Le calendrier de surveillance
Chaque problème a sa saison : les pucerons et la tenthrède au printemps, la maladie des taches noires et la cicadelle tout l'été, l'oïdium et la rouille pendant toute la pousse. Le calendrier ci-dessous réunit les périodes publiées par les sources, mois par mois quand elles donnent des mois.
| Problème | janvier | février | mars | avril | mai | juin | juillet | août | septembre | octobre | novembre | décembre |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Maladie des taches noires, feuilles | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler |
| Pucerons du rosier | rien à signaler | rien à signaler | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler |
| Tenthrède enrouleuse, feuilles | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | à surveiller | à surveiller | à surveiller | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler |
| Cicadelle du rosier, feuilles | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | rien à signaler | rien à signaler | rien à signaler |
| Araignées rouges, été chaud et sec, feuilles | rien à signaler | rien à signaler | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | à surveiller | rien à signaler | rien à signaler |
Au printemps, retournez quelques feuilles chaque semaine ; en été, surveillez le feuillage après chaque épisode de pluie ; à l'automne, ramassez les feuilles tombées avant l'hiver.
Soigner sans pesticide : ce que la loi permet au jardin
Depuis le 1er janvier 2019, les produits phytopharmaceutiques de synthèse chimique sont interdits aux jardiniers amateurs14. Restent permis les produits de biocontrôle, les produits à faible risque et ceux utilisables en agriculture biologique14. Sur l'emballage, cherchez la mention « Emploi autorisé au jardin »3. La RHS va plus loin et recommande de ne pas employer de fongicide du tout sur les maladies du rosier1.
Les préparations maison méritent la même prudence. La Société française des roses note que les décoctions et infusions d'algues, d'ortie, d'ail ou de consoude sont censées renforcer les défenses du rosier, mais que cela reste encore à démontrer15. Jardiner Autrement fait le même constat pour les purins d'ortie ou de prêle contre l'oïdium6.
La vraie protection se joue avant le printemps :
- Une taille de propreté en novembre ou décembre retire environ un tiers de la longueur des rameaux et, avec eux, les feuilles malades qui recontamineraient le rosier au printemps15.
- Le bois mort se coupe dès qu'il apparaît, net, au-dessus d'un œil sain16. Clemson conseille de désinfecter la lame avec 1 volume d'eau de Javel pour 9 volumes d'eau5.
- De l'espace entre les pieds, pour que le feuillage sèche vite après la pluie7.
- Pas de nouveau rosier à la place d'un ancien : la Société française des roses juge l'emplacement impropre pendant 7 à 8 ans15.
Le meilleur moment pour éliminer le bois malade est aussi celui de la taille : tailler un rosier se fait en fin d'hiver pour la plupart des types.
Une eau versée au pied, le matin, protège mieux qu'un traitement : arroser un rosier sans mouiller les feuilles limite les trois champignons.
Ajoutez votre rosier : Floralens vous rappelle quand surveiller les taches noires et les pucerons, saison par saison (mode Pro). Recevoir les rappels
Questions fréquentes
Comment traiter les maladies du rosier ?
Identifiez d'abord la maladie : taches noires aux bords frangés, feutrage blanc de l'oïdium, pustules orange de la rouille. Retirez les feuilles atteintes dès les premiers symptômes, arrosez au pied et ramassez les feuilles tombées à l'automne3. Depuis 2019, seuls les produits de biocontrôle, à faible risque ou utilisables en agriculture biologique restent permis au jardin14.
Quelle maladie provoque des taches noires sur les feuilles du rosier ?
Comment se débarrasser de l'oïdium sur un rosier ?
Le savon noir est-il efficace contre les maladies du rosier ?
Contre les champignons, aucune source d'autorité ne le recommande. La Société française des roses juge même que l'effet des préparations naturelles sur les défenses du rosier reste à démontrer15. Contre les pucerons, la RHS conseille d'abord de tolérer les petites colonies, de les écraser à la main et de laisser agir les auxiliaires10.