Bouturage

Bouturer un rosier : quand prélever, comment le faire raciner

Un rosier se bouture à trois moments de l'année, et c'est le bois qui choisit : jeune pousse au printemps, rameau semi-aoûté de juillet à septembre, bois sec entre la chute des feuilles et la fin de l'hiver. Le geste change peu d'une fenêtre à l'autre ; la reprise, elle, varie beaucoup, d'où la règle de toujours prélever plus de boutures que de plants voulus.

Sources vérifiées · Mis à jour le

Quand bouturer un rosier : la date limite selon le bois

Il n'y a pas une date limite, il y en a trois, une par état du bois. Le rosier se prête aux trois grandes familles de boutures de tige, et chacune a sa fenêtre : la bouture herbacée au printemps, la semi-aoûtée en été, la bouture de bois sec pendant le repos. La RHS retient pour le rosier la bouture de printemps et le bois sec 1, l'Université de l'Iowa y ajoute le semi-aoûté d'été, qu'elle juge le plus facile 2. Un rameau semi-aoûté se prélève de juillet à septembre : avant, la RHS conseille la bouture tendre ; après la mi-automne, le bois a durci et passe dans la catégorie suivante 3.

Bouture herbacée
Avril à juinà rempoter avant la mi-étéSource : Royal Horticultural Society
Bouture semi-aoûtée
Juillet à septembreSource : Royal Horticultural Society
Bouture de bois sec
En hiverde la mi-automne à la fin de l'hiverSource : Royal Horticultural Society
Marcottage
Au printempsGrimpants à tiges souples · ou à l'automne ; racines dans les 12 moisSource : Royal Horticultural Society
Calendrier de multiplication du rosier : les mois que les sources donnent
Situationjanvierfévriermarsavrilmaijuinjuilletaoûtseptembreoctobrenovembredécembre
Bouture herbacéepas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationBouture herbacéeBouture herbacéeBouture herbacéepas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplication
Bouture semi-aoûtéepas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplicationBouture semi-aoûtéeBouture semi-aoûtéeBouture semi-aoûtéepas de multiplicationpas de multiplicationpas de multiplication
Les moments que les sources ne donnent pas en mois figurent dans les repères ci-dessus.
BoutureÉtat du boisDate limite
HerbacéePointe tendre de l'année, soupleJuin, pour la rempoter avant la mi-été
Semi-aoûtéeBase ferme, pointe encore soupleMi-automne, quand le bois a fini de durcir
Bois secRameau de l'année lignifié mais encore flexibleJuste avant le départ des bourgeons
Les trois boutures du rosier : l'état du bois à prélever et la date limite de chaque fenêtre.

Ces mois viennent de la RHS pour la bouture tendre (avril à juin) 5 et le bois sec (mi-automne à fin d'hiver) 6, de l'Université de l'Iowa pour le semi-aoûté de juillet-août 2. Sur la bouture tendre, la RHS pose une condition : empotée avant le milieu de l'été, elle a le temps de faire assez de racines pour passer l'hiver ; au-delà, on attend le printemps suivant pour la rempoter 5. Pour le bois sec, le meilleur moment tombe juste après la chute des feuilles ou juste avant le débourrement, en évitant les jours de gel fort, que la RHS situe sous -5 °C 6.

Ce que dit un essai chiffré sur la date

L'essai retenu ici compare des mois de prélèvement sur le rosier : des boutures de bois sec d'églantier (Rosa canina) sauvage, récoltées autour du lac de Van, en Turquie, de novembre à février, et mises à raciner dans la perlite sous cinq doses d'hormone, de zéro à 10 000 ppm 4. La meilleure combinaison, novembre et 2 500 ppm, donne 65 à 70 % de reprise ; la pire, février et 1 000 ppm, 2,5 % 4.

L'écart mêle le mois et la dose : le résumé ne permet pas de dire lequel des deux pèse le plus, et ces églantiers sauvages ne sont pas votre rosier de massif. La leçon qui reste est plus modeste, et plus utile : même dans les meilleures conditions de l'essai, près d'une bouture sur trois échoue 4.

Choisir le bon rameau : le test en trois signes

Le calendrier donne une fourchette ; le rameau, lui, dit si le jour est venu. Pour une bouture semi-aoûtée, la RHS décrit un bois ferme à la base et encore tendre à la pointe, pris sur une pousse saine de l'année, plutôt horizontale et à entre-nœuds courts 3. Trois gestes, faits sur place, traduisent cette description.

Rameau d'églantier à l'écorce brun rougeâtre, aiguillons et bourgeons dormants visibles aux nœuds
Rameau d'églantier (Rosa canina), aussi appelé rosier des chiens, entièrement aoûté : c'est le bois d'une bouture d'hiver, et la borne haute du test pour une bouture d'été.
  1. La flexion : pliez le rameau entre deux doigts. Il résiste puis revient ; s'il casse net, il est trop sec pour l'été, s'il s'écrase, il est encore herbacé.
  2. La couleur : sur la moitié basse, l'écorce vire du vert franc au brun rougeâtre, un virage qui monte de la base vers la pointe au fil de l'été.
  3. L'ongle : appuyé à une dizaine de centimètres de la base, il glisse sur un bois prêt. S'il entaille encore l'écorce, attendez quinze jours.

Ces trois signes relèvent de la pratique de jardin, pas d'une mesure : ils servent à reconnaître l'état « base ferme, pointe souple » décrit par la RHS. Ils tranchent aussi la question des roses de bouquet, traitée dans la FAQ plus bas.

Comment bouturer un rosier, étape par étape

La méthode ci-dessous vaut pour la bouture semi-aoûtée d'été, la plus pratiquée. Les deux autres fenêtres suivent en fin de section. Le matériel tient en peu de choses : un sécateur propre et affûté, des pots percés, du terreau sans tourbe et du sable grossier, un sac plastique ou une bouteille coupée, des étiquettes, et une hormone de bouturage si vous en avez.

Quatre tronçons de bouture de longueur égale aux nœuds visibles, alignés à côté d'un sécateur à lame franche
Tronçons préparés à longueur égale, nœuds bien visibles, à côté d'un sécateur à lame franche.
  1. Prélever le matin, sur une pousse saine, avec un sécateur propre et affûté, et glisser aussitôt les rameaux dans un sac plastique à l'ombre : la RHS conseille de les mettre en pot dans les 12 heures 3.
  2. Couper le tronçon : 10 à 15 cm pour une bouture semi-aoûtée selon la RHS 3. Sur un rosier aux entre-nœuds longs, allez jusqu'à 15 à 20 cm pour embarquer deux à trois nœuds. La coupe du bas passe juste sous un nœud, là où les racines partent 3.
  3. Effeuiller le bas, supprimer la pointe tendre, garder les feuilles du haut : il en reste en général quatre 3. Ces feuilles comptent, on le verra avec l'hormone. Ôtez aussi les aiguillons du bas, qui accrochent le substrat et les doigts à la mise en pot.
  4. Préparer le pot : un mélange moitié terreau sans tourbe, moitié sable grossier, arrosé puis égoutté 3. Enfoncez la bouture sur environ les deux tiers de sa longueur et tassez au doigt contre le bois, sans poche d'air.
  5. Couvrir et placer : un sac plastique ou une cloche par-dessus, dans un endroit clair mais sans soleil direct. Retirez l'excès de condensation, gardez le substrat humide sans le détremper 3.
  6. Patienter : en été, un chauffage par le dessous est rarement utile ; à l'automne, les boutures racinent plus vite en multiplicateur chauffé 3.
Main enfonçant une bouture de rosier effeuillée dans un pot en terre cuite rempli de terreau mêlé de sable, deux autres boutures déjà en place
À la mise en pot, enfoncez chaque bouture sur les deux tiers de sa longueur dans un mélange moitié terreau, moitié sable, puis tassez au doigt contre le bois.

Au printemps : la bouture herbacée

C'est la méthode que la RHS juge la plus simple pour le rosier : des pointes de tiges de l'année prélevées en début ou milieu de printemps, mises en pot, qui racinent en deux mois environ 1. La RHS rappelle que les boutures tendres ont le meilleur potentiel d'enracinement de toutes les boutures de tige 5. Le revers tient à leur fragilité : une tige tendre fane vite et pourrit si l'étouffée est trop fermée. Aérez la cloche chaque jour. Pincez ensuite la jeune pousse pour qu'elle se ramifie ; le plant se met en place au bout d'un an 1.

En hiver : la bouture de bois sec

Une bouture de bois sec se prend sur une pousse vigoureuse de l'année, sans sa pointe tendre, en tronçons de 15 à 30 cm 6. La coupe du bas se fait droite, sous un bourgeon ; celle du haut en biais, au-dessus d'un bourgeon, pour évacuer l'eau et repérer le sens 6. Les tronçons partent en pleine terre, dans une tranchée abritée garnie d'un lit de sable, enfoncés aux deux tiers, à 10-15 cm les uns des autres 6. On les oublie ensuite jusqu'à l'automne suivant, en tassant la terre après les gelées et en arrosant par sécheresse d'été 6. La plus lente des trois méthodes demande aussi le moins de soins.

Avec ou sans hormone de bouturage

L'AIB n'est pas obligatoire sur un rosier, mais les mesures publiées montrent qu'il pèse, et qu'il ne travaille pas seul. Sur la rose de Damas (Rosa damascena), des tronçons de 17 à 20 cm à quatre nœuds au moins ont été suivis 70 jours en mini-serre, avec ou sans feuilles, sous trois doses d'hormone 8. À 1 000 ppm, les boutures gardant leurs feuilles racinent à 90 %, les boutures effeuillées à 48 % 8. Sans hormone, les deux restent bas : 13 % avec feuilles, 23 % sans, un écart non significatif dans l'essai 8. Feuilles et hormone vont ensemble, et forcer la dose ne sert à rien : à 10 000 ppm, les boutures feuillées retombent à 65 % 8.

Rose de Damas : reprise des boutures selon la dose d'AIB et les feuilles
Tronçons de 17 à 20 cm, au moins quatre nœuds, suivis 70 jours en mini-serre. Part des boutures enracinées.
Source : El Malahi et al. 2023, Plant Science Today, tableau 3 (Rosa damascena).

Le rosier lui-même varie beaucoup d'une variété à l'autre. Sur le porte-greffe 'Pfänder', une sélection d'églantier, des boutures feuillées à un nœud sans hormone racinent à moins de 20 % ; elles ne montent jusqu'à 90 % qu'en combinant AIB et blessure de l'écorce à la base 7. La rose coupée 'Tan09283', réputée facile même sans auxine, racine à 92-96 % avec l'AIB apporté en continu à 1 mg/L : premières racines vers 14 jours, dès 8 jours avec une blessure laser alignée sur le bourgeon 7. Ces essais tournent en brumisation à 20-23 °C : ils montrent des écarts entre variétés, pas les délais de votre godet.

Deux gestes en découlent. D'abord, sur un rosier réputé difficile, l'hormone et une légère blessure de la base se combinent : pour les arbustes difficiles, la RHS conseille de retirer, sur un côté de la base, un copeau d'écorce de 2,5 cm 3.

Ensuite, prenez vos tronçons dans le haut du rameau : sur deux cultivars de rosier hybride (Rosa hybrida), les boutures issues des nœuds du haut font plus de racines, et plus longues, que celles du bas, un retard que l'auxine compense 9. L'eau de saule et le miel circulent comme alternatives maison : aucun des essais cités ici ne les teste sur le rosier. Le panorama faut-il une hormone de bouturage les compare sur l'ensemble des plantes.

Dans l'eau, dans une pomme de terre, sous bouteille

Trois méthodes maison reviennent dans toutes les conversations de jardin. Une seule reproduit ce que font les essais.

Dans un verre d'eau

Le bois de rosier racine lentement, et un tronçon qui passe des semaines immergé manque d'air à la base : il noircit ou fermente souvent avant de produire quoi que ce soit. Les racines formées dans l'eau sont blanches et cassantes, adaptées au liquide, et souffrent au passage en terre. Les boutures de rosier des essais cités ici racinent en perlite, en substrat ou en brumisation, jamais dans un verre 4 8 7. L'eau réussit mieux aux tiges tendres, comme le détaille le guide du bouturage dans l'eau.

Dans une pomme de terre

Le tubercule est censé garder la bouture humide et la nourrir. À notre connaissance, aucun essai publié ne le mesure sur le rosier. Sur le plan physiologique, il enveloppe la base dans un milieu sucré, humide et pauvre en air, favorable aux bactéries, autour d'un bois qui a besoin d'oxygène pour cicatriser. Elle ajoute un risque de pourriture sans apporter d'auxine.

Sous une bouteille coupée

La bouteille retournée sur le pot crée la chambre humide que la RHS obtient avec un sac plastique ou un multiplicateur 3. Elle limite la transpiration des feuilles conservées, ces feuilles qui, avec l'hormone, font passer la rose de Damas de 48 à 90 % de reprise 8. Seule condition : aérer quelques minutes chaque jour, sinon la moisissure s'installe.

Trois étapes du bouturage de rosier sous bouteille : tronçons effeuillés, mise en terre dans une bouteille coupée, cloche plastique refermée par-dessus
Les trois temps de la méthode sous bouteille : tronçons effeuillés, mise en terre, cloche refermée.

Quels rosiers se bouturent le mieux

Aucun classement mesuré par famille de rosiers n'a été publié à notre connaissance ; le tableau ci-dessous reprend un constat de pratique horticole. Il s'appuie sur une donnée solide : l'aptitude varie fortement d'une variété à l'autre, de moins de 20 % à plus de 90 % selon les essais ci-dessus 7. Les rosiers qui drageonnent sur leurs propres racines se multiplient même par simple division, en mars-début avril, pendant le repos 2.

FamilleExemplesBouture à viserAptitude
Botaniques et anciensRosier rugueux (Rosa rugosa), rose de France (Rosa gallica)Semi-aoûtée ou bois secÉlevée
Arbustifs et couvre-sol'The Fairy'Semi-aoûtée, fin d'étéÉlevée
Grimpants'New Dawn', 'Pierre de Ronsard'Semi-aoûtée sur rameau latéralMoyenne
Hybrides de thé et buissons modernes'Peace'Semi-aoûtée, avec hormoneFaible
Aptitude au bouturage par grande famille de rosiers. Classement de pratique horticole, non mesuré ; les cultivars cités sont ceux de la fiche du rosier.

Pour un grimpant, prenez les tronçons sur les rameaux latéraux plutôt que sur les grandes pousses de remplacement, et comptez un délai plus long avant la première floraison. Les fiches du rosier rugueux, de la rose de France et de l'églantier, le rosier des chiens, détaillent ces espèces botaniques.

Le plan B des grimpants : le marcottage

Quand un rosier a de longues tiges souples, le marcottage contourne la bouture : on enterre une portion de tige sans la couper du pied 2. La RHS entaille la tige sur 2,5 à 5 cm vers 30 cm de la pointe, l'enterre dans une rigole de 10 à 15 cm, au printemps ou à l'automne ; les racines se forment dans les 12 mois 10. La méthode répond à la question « comment faire des racines à partir d'une branche » : la branche reste nourrie par la plante mère tout le temps de l'enracinement. Elle est aussi plus lente et, selon la RHS, moins pratiquée que la bouture chez le rosier, jugée plus délicate pour un jardinier amateur 1.

Comment savoir si la bouture a pris

Une bouture reprise repart en bourgeons et résiste à une traction douce : des racines tiennent le substrat. Des feuilles restées vertes ne prouvent rien, elles vivent encore sur les réserves du bois. Le délai dépend de la fenêtre : deux mois environ pour une bouture de printemps 1, le printemps suivant pour une bouture de bois sec, qui forme d'abord son cal pendant l'hiver 6. Une bouture semi-aoûtée plantée en pleine terre sous châssis peut ne raciner complètement qu'à la fin du printemps suivant 3. Un godet muet en octobre n'est pas un échec.

Plateau de boutures de rosier étiquetées, certaines reparties en feuilles neuves, d'autres au feuillage jauni
Sur un même plateau, reprises et échecs cohabitent toujours : d'où la règle du surnombre.
Ce que vous voyezCause probableLe geste
Base noire et molleSubstrat détrempé, pourritureBouture perdue ; alléger les arrosages des autres
Moisissure blanche en surfaceCloche jamais aéréeAérer chaque jour, retirer les feuilles tombées
Feuilles vertes, aucune résistance à la tractionRacines pas encore forméesAttendre, ne pas dépoter pour vérifier
Feuilles qui tombent d'un coupAir trop sec ou soleil directRefermer la cloche, mettre à l'ombre claire
Bourgeons qui démarrent, tige fermeRepriseAérer de plus en plus, puis repiquer au printemps
Lire une bouture de rosier sous cloche : symptôme, cause probable, geste. Repères de pratique, non mesurés.

Le guide pourquoi une bouture pourrit ou ne racine pas élargit ce diagnostic aux autres plantes.

Repiquer la bouture enracinée

La suite se joue sans hâte. Une bouture enracinée sous serre ou en multiplicateur s'endurcit d'abord deux à trois semaines, dehors le jour dans un coin abrité ou sous châssis entrouvert, avant d'être rempotée 3. Elle passe alors seule dans son pot, un contenant à peine plus grand que la motte 3. Le moment dépend de la fenêtre de prélèvement :

  • Bouture de printemps : empotée avant le milieu de l'été, elle a le temps de s'enraciner pour l'hiver ; sinon, elle attend le printemps suivant 5. Elle rejoint le jardin au bout d'un an et fleurit en deux à trois ans 1.
  • Bouture d'été : elle passe son premier hiver dans son pot, à l'abri du gel et surtout des excès d'eau, puis se repique au printemps, au départ net des pousses.
  • Bouture de bois sec : elle reste en place jusqu'à l'automne suivant, puis se plante à demeure ou part en pot 6.

Si les feuilles du jeune plant se couvrent de taches noires dès son premier été, les symptômes sont décrits sur grande tache noire ; un feutrage blanc sur les pousses relève de l'oïdium, traité sur éliminer l'oïdium.

Franc de pied ou greffé : ce que change la bouture

Beaucoup de rosiers modernes sont greffés 2 : la variété est soudée sur un porte-greffe, que la RHS dit parfois choisi pour régler la taille de la plante 1. Une bouture supprime cet étage et donne un rosier franc de pied : un clone de la variété sur ses propres racines, qui peut ne pas se comporter comme le pied mère 1. La Société Française des Roses rappelle ce que l'on perd : pour elle, les plants les plus durables et les mieux adaptés à tous les sols viennent d'un greffage sur églantier sélectionné (Rosa canina) 11.

Point de greffe d'un rosier greffé en écusson, cicatrice soudée sur le porte-greffe et jeune pousse partie du greffon
Point de greffe d'un rosier écussonné, 192 jours après l'opération : l'étage que la bouture supprime.

Sur un pied greffé, les pousses parties sous le point de greffe appartiennent au porte-greffe : ces gourmands s'arrachent à leur point de départ sur la racine, car les couper en fait repartir plusieurs 12. Un franc de pied n'en produit aucun, puisque ses racines portent la même génétique que ses fleurs.

CritèreFranc de pied (bouture)Greffé
Pousses du porte-greffeAucuneÀ arracher dès qu'elles apparaissent
Taille et vigueurCelles de la variété sur ses racinesRéglées en partie par le porte-greffe
Sols difficilesLa variété se débrouille avec ses propres racinesL'églantier sélectionné apporte son adaptation
Premières annéesDépart plus lent, floraison en 2 à 3 ansPlant déjà formé à l'achat
Après un hiver qui détruit le hautCe qui repart de la souche est la variétéCe qui repart sous la greffe est le porte-greffe
Rosier franc de pied issu de bouture ou rosier greffé de pépinière : ce que change le mode de multiplication.

Bouturer une variété protégée : ce que dit la loi

Une variété récente peut être couverte par un certificat d'obtention végétale. Il réserve à son titulaire le droit de produire, reproduire, vendre ou commercialiser le matériel de multiplication de la variété 13. La loi prévoit une exception : ce droit ne s'étend pas aux actes accomplis à titre privé, à des fins non professionnelles ou non commerciales 14. Beaucoup de rosiers récents vendus en France relèvent plutôt d'une protection européenne, délivrée par l'Office communautaire des variétés végétales : elle prévoit la même exception pour les actes accomplis à titre privé et à des fins non commerciales 15.

Pour le reste du calendrier du rosier, arrosage, taille et protection d'hiver, le guide entretien du rosier rassemble chaque geste, et la fiche encyclopédique du rosier (Rosa) sa botanique et ses cultivars.

Questions fréquentes

Comment faire raciner une branche de rosier, même cassée ?

Une branche cassée se traite comme une bouture, à condition d'être une pousse saine de l'année : recoupez-la net sous un nœud et mettez-la en pot dans les 12 heures 3. Pour une tige encore sur le pied, deux voies. La bouture : un tronçon de 10 à 15 cm pris sur une pousse de l'année, coupé sous un nœud, effeuillé en bas, enfoncé dans un mélange moitié terreau, moitié sable sous une cloche 3. Le marcottage, adapté aux longues tiges souples 2 : la branche est entaillée puis enterrée sans être coupée du pied, et racine dans les 12 mois 10. Plus lent, il reste moins pratiqué que la bouture chez le rosier 1.

Peut-on bouturer un rosier dans l'eau ?

On peut essayer, mais c'est la voie la moins sûre pour un bois qui racine lentement : le tronçon manque d'air, noircit souvent, et les racines d'eau sont cassantes au repiquage. Les essais publiés sur le rosier font raciner les boutures en perlite, en substrat ou en brumisation 4 8. Un pot de substrat drainant sous cloche reste plus fiable.

Comment faire une bouture de rosier sans hormone de bouturage ?

C'est possible : la RHS présente l'hormone comme facultative (« si disponible ») pour les boutures de bois sec 6. Compensez par le nombre : sans hormone, un porte-greffe difficile comme 'Pfänder' racine à moins de 20 % en bouture à un nœud sous brumisation 7, donc prélevez dix tronçons pour deux plants. Prenez-les dans le haut des rameaux, qui racinent mieux 9.

Quelle est la date limite pour bouturer un rosier ?

Elle dépend du bois. Pour une bouture semi-aoûtée, la fenêtre se ferme à la mi-automne, quand le bois a durci 3. La bouture de bois sec prend le relais jusqu'à la fin de l'hiver, juste avant le départ des bourgeons, hors jours de gel sous -5 °C 6. Une bouture tendre de printemps gagne à être rempotée avant le milieu de l'été ; sinon, elle attend le printemps suivant 5.

Peut-on bouturer une rose de bouquet ?

Rarement avec succès. Une tige coupée depuis plusieurs jours, gardée en vase, a perdu ses réserves et sa fermeté : elle échoue au test de la flexion et tient mal en substrat. Si vous tentez le coup, faites-le le jour même, sur une tige non fleurie ou défleurie, et préparez-la comme une bouture semi-aoûtée de 10 à 15 cm 3. Si la variété est protégée, la bouture reste pour votre jardin 14.