Alstonia des écoliers (Alstonia scholaris, )
L'alstonia des écoliers (Alstonia scholaris) est un grand arbre persistant de la famille des Apocynaceae, originaire d'Asie tropicale, du Pakistan au sud de la Chine, jusqu'au nord de l'Australie. Il se reconnaît à ses feuilles disposées en verticilles, à son latex blanc abondant et à son écorce riche en alcaloïdes, longtemps exploitée en médecine traditionnelle et pour le bois des tableaux d'école.
Lire la suiteAlstonia des écoliers, Dita, Quinquina d'Inde, Quinquina d'Australie, Arbre du diable et Blackboard tree
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Cheongweei Gan · cc0
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Taken Apr 20, 2018 by Daniel Barthelemy (cc-by-nc)
Taken Feb 2, 2018 by huy HO (cc-by-sa)
© copyright of the Board of Trustees of the Royal Botanic Gardens, Kew.
Répartition mondiale
L'aire native d'Alstonia scholaris couvre une bande continue du Pakistan et du sous-continent indien à la Chine méridionale, toute l'Asie du Sud-Est continentale et insulaire, ainsi que le nord de l'Australie et les îles Salomon. L'espèce est aussi largement plantée comme arbre d'ornement et d'alignement hors de cette aire, en zone tropicale et subtropicale.
- Native8
- Inde
- Sri Lanka
- Pakistan
- Chine méridionale
- Thaïlande
- Vietnam
- Philippines
- Australie
Hexagones : régions de présence. Points verts : aire native.1
Identité
L'alstonia des écoliers (Alstonia scholaris (L.) R.Br., 1810), aussi appelé dita ou quinquina d'Inde, est un grand arbre persistant du genre Alstonia, dans la famille des Apocynaceae. Son épithète scholaris rappelle l'usage traditionnel du bois clair pour fabriquer des ardoises et tableaux d'école en Birmanie, d'où le nom anglais blackboard tree. 3 1
Le genre honore le botaniste écossais Charles Alston, professeur à l'université d'Édimbourg. Toutes les parties de la plante libèrent un latex blanc abondant dès qu'on les coupe ou qu'on les blesse, une sève absente chez la plupart des grands arbres de rue voisins comme le manguier ou le badamier : ce détail suffit à trancher en quelques secondes sur le terrain, sans loupe ni clé de détermination. 3
Reconnaissance
Alstonia scholaris atteint couramment 20 à 40 m de hauteur, avec des sujets exceptionnels signalés jusqu'à 60 m. Le tronc, cylindrique et souvent cannelé chez les sujets âgés, peut dépasser 1,25 m de diamètre et développe des contreforts étroits qui remontent haut le long de la base, donnant à l'arbre son allure caractéristique. 4 3
Le repère le plus fiable, plus stable que la hauteur ou la forme du tronc, qui varient avec l'âge du sujet, reste la disposition des feuilles : elles poussent en verticilles de 4 à 8, un trait rare chez les grands arbres tropicaux qui distingue l'espèce des feuillages alternes du manguier ou du badamier voisins. Chaque feuille, obovale à elliptique, mesure 5 à 22 cm de long, brillante et vert sombre dessus, plus pâle dessous, avec 25 à 45 paires de nervures latérales presque perpendiculaires à la nervure centrale. 3
Les fleurs, blanches à crème ou jaunâtres, se regroupent en cymes ramifiées au bout des rameaux et dégagent un parfum puissant, parfois incommodant lors des floraisons intenses. Le fruit forme une paire de longues gousses grêles et pendantes, jusqu'à 40 cm, qui s'ouvrent directement sur l'arbre et libèrent des graines aplaties porteuses de touffes de poils soyeux à chaque extrémité, dispersées par le vent. 3
Taxonomie utile
Le nom accepté par POWO/WCVP est Alstonia scholaris (L.) R.Br., une combinaison publiée par Robert Brown en 1810 à partir du basionyme Echites scholaris, décrit par Linné en 1767. Plusieurs synonymes circulent encore dans la littérature et les catalogues de graines :
- Echites scholaris L.
- Alstonia scholaris var. velutina Monach.
- Alstonia scholaris var. blumei A.DC.
- Alstonia scholaris var. avae A.DC.
- Alstonia kurzii Hook.f.
- Alstonia spectabilis Kurz
- Pala scholaris (L.) Roberty
Le genre Alstonia compte plusieurs dizaines d'espèces d'arbres et d'arbustes tropicaux à latex, dont plusieurs se confondent facilement avec A. scholaris dans les mêmes régions d'Asie et d'Australie. Le repère stable reste le nom scientifique accepté. 1
Habitat et répartition
L'aire native s'étend du Pakistan et du sous-continent indien à la Chine méridionale, à l'ensemble de l'Asie du Sud-Est continentale et insulaire, jusqu'au nord de l'Australie et aux îles Salomon. 1 3
L'espèce pousse en forêt pluviale primaire ou secondaire, en forêt de mousson, en savane et le long des cours d'eau, du niveau de la mer jusqu'à plus de 1 200 m d'altitude. L'arbre tolère une large gamme de sols, alluviaux, volcaniques ou métamorphiques, et supporte même des sols pauvres calcaires en bordure de mer, où il reste alors de petite taille. 4 3
L'IUCN classe Alstonia scholaris en préoccupation mineure : sa très large répartition sur plusieurs continents garantit des populations globalement stables, malgré une exploitation locale pour le bois et la pharmacopée traditionnelle. 2
Cycle et reproduction
La croissance est modérée à assez rapide selon le climat : des sujets plantés à Taïwan ont atteint 23,5 m en 18 ans et jusqu'à 35 m à 41 ans. L'arbre ne fleurit qu'après une période sèche marquée, ce qui rythme la floraison sur un cycle saisonnier plutôt que sur une floraison continue. 4
Les graines fraîches germent bien, avec un taux proche de 100 %, mais leur récolte reste délicate car les gousses s'ouvrent directement sur l'arbre et libèrent rapidement leur contenu au vent. Stockées au sec dans une boîte fermée, elles gardent un taux de germination d'environ 90 % pendant deux mois seulement. 4
En dehors du semis, la multiplication se fait aussi par greffage, en fente ou en T inversé, une méthode utilisée pour fixer des sujets sélectionnés destinés à l'ornement urbain. 4
Usages et risques
L'écorce contient plusieurs alcaloïdes indoliques, dont l'échitamine, le composé principal retrouvé dans tous les échantillons étudiés et vendu comme remède phytothérapique. En médecine traditionnelle d'Asie du Sud et du Sud-Est, une décoction d'écorce sert contre la diarrhée, la dysenterie, la fièvre et le paludisme, un usage ancien dont l'efficacité antipaludique reste faible d'après les essais en laboratoire. 6 4
À forte dose, des extraits de l'écorce provoquent des lésions organiques marquées chez le rat et la souris, avec une toxicité qui varie selon la saison de récolte : l'écorce prélevée en mousson est la moins toxique, celle prélevée en été la plus toxique. Chez le chien, une dose unique élevée entraîne une démarche instable, une salivation excessive et des vomissements transitoires, sans mortalité rapportée. 6 7
Toutes les parties blessées de la plante exsudent un latex blanc irritant au contact de la peau et des muqueuses ; les floraisons intenses peuvent aussi provoquer des sensibilités respiratoires chez certaines personnes exposées de près. 3
Le bois, léger et clair, sert à fabriquer crayons, cercueils au Sri Lanka, ustensiles ménagers à Bornéo et masques traditionnels de la danse Topeng à Bali ; il fournit aussi de la pâte à papier et du contreplaqué. En Inde, l'arbre est l'emblème du Bengale-Occidental, où ses feuilles sont remises aux diplômés de l'université Visva-Bharati, une tradition initiée par Rabindranath Tagore. 9 4
Variétés, confusions et plantes proches
Le genre Alstonia regroupe plusieurs espèces asiatiques et australiennes au port proche, notamment Alstonia angustifolia, Alstonia macrophylla, Alstonia spatulata et Alstonia angustiloba, des essences voisines qui se distinguent surtout par la taille des feuilles, le nombre de feuilles par verticille et les dimensions des follicules. Chez A. scholaris, les gousses jumelées atteignent jusqu'à 40 cm ; un spécimen fertile reste généralement nécessaire pour trancher avec certitude entre les espèces sur ce seul critère. 3
Au Viêtnam, la floraison automnale de l'espèce, connue sous le nom de hoa sữa (fleur de lait), est associée à la poésie et à la chanson populaire, mais son parfum capiteux a aussi motivé des demandes d'abattage dans certains quartiers, comme à Trà Vinh en 2011. En Inde, elle porte le nom sanskrit saptaparna, littéralement « sept feuilles », et reste considérée comme l'arbre sacré du deuxième tîrthankara jaïn Ajitanatha. 8
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Alstonia scholaris (L.) R.Br.
- IUCN Red List, Alstonia scholaris assessment (Lakhey & Pathak, 2021)
- NParks Singapore, Flora & Fauna Web, Alstonia scholaris
- Useful Tropical Plants Database, Alstonia scholaris
- Australian Tropical Rainforest Plants (RFK8), Alstonia scholaris
- Baliga et al., 2004, acute toxicity and safety of Alstonia scholaris extract, Toxicology Letters
- PMC, acute and sub-chronic toxicity of Alstonia scholaris indole alkaloids in beagle dogs
- INPN MNHN, Alstonia scholaris (L.) R.Br.
- Government of West Bengal, Plant Wealth of The Raj Bhavan (Alstonia scholaris, arbre emblème)
Questions fréquentes
Pourquoi Alstonia scholaris s'appelle-t-il l'arbre des écoliers ?
L'épithète scholaris vient de l'usage traditionnel de son bois clair pour fabriquer les ardoises et tableaux d'école en Birmanie. Le nom anglais blackboard tree garde la trace directe de cet usage.
Alstonia scholaris est-il toxique ?
Le latex blanc qui s'écoule de toute partie coupée est irritant au contact. L'écorce contient des alcaloïdes, dont l'échitamine, qui provoquent des lésions organiques chez le rat et la souris à forte dose en laboratoire, une toxicité qui varie selon la saison de récolte de l'écorce.
Comment reconnaître Alstonia scholaris parmi les autres grands arbres tropicaux ?
Le repère le plus fiable est la disposition des feuilles en verticilles de 4 à 8 autour de la tige, associée au latex blanc abondant qui coule dès qu'on blesse la plante.
Alstonia scholaris est-il un arbre à croissance rapide ?
La croissance est modérée à assez rapide selon le climat. Des sujets plantés à Taïwan ont atteint 23,5 m en 18 ans et jusqu'à 35 m à 41 ans, un rythme comparable à d'autres grands arbres tropicaux pionniers.
Pourquoi certains quartiers du Viêtnam veulent-ils abattre cet arbre ?
Sa floraison automnale, appelée hoa sữa, dégage un parfum capiteux célébré en poésie mais jugé incommodant à forte concentration près des habitations, ce qui a motivé des demandes d'abattage locales.
Le bois d'Alstonia scholaris est-il durable ?
Non. Le bois est léger, tendre et peu durable, sensible aux termites et aux foreurs du bois. Il doit être séché rapidement après la coupe pour éviter le bleuissement, un défaut esthétique courant.
Alstonia scholaris est-il menacé d'extinction ?
Non, l'IUCN le classe en préoccupation mineure. Sa très large répartition sur plusieurs continents garantit des populations globalement stables malgré une exploitation locale pour le bois et la pharmacopée.
Plantes similaires
En cas de doute sur la toxicité d’une plante, demandez conseil à un botaniste ou à un vétérinaire.





