Plans de traitement

Traitement contre la cochenille

Savon insecticide, alcool ou huile : quel traitement naturel contre la cochenille selon son type, à quelle dose et combien de passages pour en venir à bout.

Mis à jour le

Le traitement contre la cochenille dépend de son type, pas de la plante. Un amas blanc cotonneux (farineuse) cède à l'alcool ; une petite coque plate (à bouclier) ou bombée (à carapace) se gratte, puis se traite quand les larves sortent. Si vous hésitez sur le type, la fiche cochenille aide à le reconnaître en deux gestes.

Ici, place au protocole pour se débarrasser des cochenilles : quel produit, à quelle dose, combien de passages, et quand il vaut mieux se séparer de la plante. Un seul passage ne suffit jamais : les œufs abrités sous la mère éclosent après le traitement1.

Quel traitement selon le type ?

Aucun produit ne vient à bout de tous les types. UC IPM insiste : il faut connaître la famille de cochenille pour savoir si un traitement se justifie, lequel et à quel moment1. Le tableau croise les méthodes et les types.

MéthodeFarineuseÀ bouclierÀ carapaceRisque pour la plante
Alcool au coton-tigeBonneNon évaluéNon évaluéBrûlure possible : test préalable
Grattage à l'ongle ou à la brosseBonne sur un petit foyerBonne sur un petit foyerBonne sur un petit foyerNul si l'on ménage l'écorce
Savon insecticideSur les jeunes seulementSur les larves mobilesSur les larves mobilesCertaines plantes sensibles
Huile horticoleSur les jeunes seulementBonne au moment des larvesBonne au moment des larvesJamais par forte chaleur ni gel
Auxiliaires (coccinelles, micro-guêpes)Bonne en serre ou vérandaSelon l'espèceSelon l'espèceAucun
Efficacité des méthodes de lutte selon le type de cochenille, d'après UC IPM, Clemson et la RHS.

Sources du tableau : UC IPM pour l'alcool et le retrait à la main des farineuses2, pour l'huile et les auxiliaires1, Clemson pour le savon3, la RHS pour le grattage des coques4. UC IPM ne recommande l'alcool que contre la farineuse : sur les cochenilles à bouclier et à carapace, aucune source consultée ne l'évalue, d'où la mention « non évalué ».

Farineuse : l'alcool d'abord

La cire de la farineuse repousse la plupart des produits de contact, et l'insecte se cache dans les recoins. UC IPM retient donc, pour une petite infestation sur plante d'intérieur, l'alcool tamponné au coton-tige sur chaque amas2.

Bouclier et carapace : gratter, puis viser les larves

La coque protège l'adulte. Grattez les coques visibles, puis traitez à l'huile horticole quand les larves mobiles apparaissent : c'est le moment où elles n'ont pas encore de protection1. La RHS prévient que le retrait à la main ne suffit pas toujours sur une grosse population4, et UC IPM souligne que les cochenilles à bouclier demandent une couverture complète du feuillage, car elles résistent mieux aux produits que les autres1.

Brosse à dents souple frottant des coques brunes bombées le long d'une tige verte, au-dessus d'une feuille de citronnier
Gratter les coques à la brosse souple, sans blesser l'écorce : la ponte abritée dessous devient accessible au passage suivant.

Le traitement naturel, dose par dose

Chaque dose ci-dessous est celle de sa source, sans arrondi maison. Mélangez toujours dans un pulvérisateur propre et testez sur une feuille un à deux jours avant de traiter toute la plante25.

ProduitConcentrationSoit, pour 1 litreUsageSource
Alcool, en tamponnage70 % au plusPur si l'alcool titre 70 %Coton-tige sur chaque amasUC IPM2
Alcool, en pulvérisation10 à 25 % d'alcoolEnviron 150 à 350 ml d'alcool à 70 %, complétés d'eauFoyer étenduUC IPM2
Savon insecticide étiqueté1 à 2 %10 à 20 ml, ou la dose de l'étiquetteLarves mobiles, jeunes farineusesClemson3
Savon noirVariable selon la marqueLa dose de son étiquette, après test sur une feuilleLarves mobiles, jeunes farineusesCSU5
Huile horticole (huile blanche)Selon l'étiquetteSelon l'étiquetteLarves mobiles des cochenilles à bouclier et à carapaceUC IPM1
Doses de référence pour traiter la cochenille, avec leur source.

UC IPM parle d'alcool isopropylique, vendu en pharmacie et en droguerie2. Le volume de la deuxième ligne est un simple calcul : 150 ml d'alcool à 70 % apportent environ 10 % d'alcool dans un litre, 350 ml environ 25 %.

Le savon insecticide du commerce est fait de sels de potassium d'acides gras5, la même famille que le savon noir à la potasse. La dose de 1 à 2 % vaut pour ce savon étiqueté3, pas pour le savon noir, dont la concentration change d'une marque à l'autre. L'université du Colorado rappelle aussi que les mélanges maison n'ont pas été testés comme les produits étiquetés, et déconseille le liquide vaisselle, dont les détergents abîment les plantes5. Préférez un savon vendu comme insecticide, dont l'étiquette donne la dose.

Main retournant une feuille de citronnier en pot pour pulvériser le revers, dans la lumière douce du soir
La pulvérisation vise le revers des feuilles et les tiges, tôt le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil.

Clemson cite parmi les plantes plus sensibles au savon les azalées, bégonias, fuchsias, géraniums et impatiens3 : sur elles, le test préalable n'est pas facultatif.

Le nettoyage au coton-tige

Sur quelques foyers, le geste manuel suffit et ne coûte rien. Au-delà de quelques feuilles, le nombre d'individus rend la méthode irréaliste et la pulvérisation prend le relais.

  1. Testez l'alcool sur une feuille et attendez un à deux jours2.
  2. Isolez la plante des autres le temps de la cure : les larves passent d'une plante à l'autre.
  3. Tamponnez chaque amas au coton-tige imbibé d'alcool, revers des feuilles, aisselles et tiges compris2.
  4. Grattez les coques des cochenilles à bouclier et à carapace à l'ongle ou avec une brosse souple4.
  5. Rincez le feuillage pour enlever miellat et fumagine, comme dans le rinçage du feuillage et le guide pour nettoyer le miellat.
  6. Recommencez chaque semaine jusqu'à ce que plus rien ne réapparaisse2.
Coton-tige imbibé d'alcool appliqué sur un amas blanc cotonneux de cochenilles farineuses, à l'aisselle d'une feuille charnue d'arbre de jade
Le coton-tige imbibé d'alcool se pose sur chaque amas, aisselles et revers des feuilles compris.

Pourquoi gratter ? Le couvercle d'une cochenille à bouclier reste en place même quand l'insecte est mort, et il abrite les œufs. Le retirer expose la ponte au passage suivant et permet de voir ce qui reste vraiment vivant.

Cochenille farineuse en intérieur

En appartement, la farineuse trouve tout ce qu'il lui faut : une chaleur constante et aucun prédateur. Tous ses stades cohabitent toute l'année2. Trois cas demandent un geste à part.

  • Plantes robustes (ficus, palmiers, monstera) : un jet d'eau puissant déloge les colonies exposées, à répéter à quelques jours d'intervalle2. Protégez le terreau avant la douche.
  • Cactus et plantes grasses : les amas se logent entre les épines et au collet. Le coton-tige passe là où le pulvérisateur échoue. UC IPM cite le cactus et l'arbre de jade parmi les plantes d'intérieur les plus souvent atteintes2.
  • Farineuses des racines : certaines espèces vivent dans le terreau et ne se voient qu'au dépotage, sous forme de taches cireuses blanches sur les racines. Elles sont encore plus difficiles à éliminer que celles du feuillage, et UC IPM conseille de se séparer vite des plantes atteintes avant qu'elles ne contaminent les autres2.

La fiche cochenille farineuse décrit ses signes et les plantes qu'elle vise en priorité.

Combien de passages ?

Comptez un passage par semaine, parfois deux, jusqu'à ce que les contrôles ne montrent plus rien. Les produits de contact n'ont aucun effet résiduel : ils ne tuent que ce qu'ils mouillent5. Les larves qui éclosent le lendemain échappent donc au traitement de la veille. Clemson et l'université du Colorado recommandent de renouveler le savon tous les 4 à 7 jours contre les larves de cochenilles35, UC IPM de répéter l'alcool chaque semaine jusqu'à la fin de l'infestation2.

Calendrier des passages sur trois semaines
Jour de chaque nouveau passage après le premier traitement (jour 0), au rythme le plus serré de chaque méthode.
Source : Clemson HGIC et Colorado State University (savon tous les 4 à 7 jours) ; UC IPM (alcool chaque semaine).

Viser la sortie des larves

Dehors, les larves sortent sur une période courte. Pour savoir quand, UC IPM propose un ruban adhésif double face enroulé autour de quelques rameaux infestés et changé chaque semaine : les larves s'y collent en petits points jaunes ou orangés. On traite après le pic de captures, quand leur nombre commence à baisser1. Sur l'olivier, France Olive place le premier traitement contre la cochenille noire au début des éclosions, en juillet6. Sur le laurier-rose, l'INRAE compte trois générations par an de cochenille à bouclier, avec de premières larves en mars-avril7 : chaque sortie est datée sur la page consacrée aux cochenilles du laurier-rose.

Le signe que c'est fini

Écrasez quelques cochenilles : une vivante laisse sortir un liquide, une morte reste sèche. UC IPM conseille ce contrôle avant chaque nouveau traitement. Si la plupart sont mortes ou percées d'un petit trou rond, signe qu'une micro-guêpe les a parasitées, on peut suspendre et surveiller1. Les coques vides restent collées longtemps : elles ne prouvent rien.

Remèdes contestés

Plusieurs recettes qui circulent font plus de mal à la plante qu'à l'insecte.

RemèdeVerdictPourquoi
Vinaigre blancNonAucune source ne le recommande contre la cochenille ; l'acide acétique est vendu comme désherbant de contact8
Liquide vaisselleNonSes détergents peuvent blesser la plante ; les mélanges maison ne sont pas testés5
Alcool à 90° purNonUC IPM limite l'alcool à 70 % et conseille parfois plus dilué2
Huile de neemSeulement un produit étiquetéAction limitée aux jeunes stades2 ; en France, l'azadirachtine, substance active de l'huile de neem, n'est approuvée que dans des produits phytopharmaceutiques listés par l'Anses9, jamais en recette maison
Insecticide systémique (imidaclopride)Interdit en FranceNéonicotinoïde interdit depuis le 1er septembre 2018 pour sa toxicité envers les pollinisateurs10 ; sans effet, de toute façon, sur les cochenilles à bouclier1
Remèdes souvent conseillés contre la cochenille et ce qu'en disent les sources.

Doubler la dose n'accélère rien : Clemson met en garde contre toute concentration supérieure à celle de l'étiquette, qui peut nuire gravement à la plante3.

Lutte biologique

Les cochenilles ont de nombreux ennemis naturels, et UC IPM les juge souvent suffisants dehors pour garder les populations basses1. Un auxiliaire se choisit selon le type de cochenille.

  • Coccinelle destructrice de cochenilles (Cryptolaemus montrouzieri) : une coccinelle australienne dont l'adulte et la larve dévorent les cochenilles11. Elle craint le froid et se lâche surtout en serre et en véranda, quand les sacs d'œufs abondent, car elle en a besoin pour se reproduire2. Sa larve, couverte de cire blanche, ressemble à une grosse farineuse : ne l'écrasez pas.
Petite coccinelle noire à tête et bout des élytres orangés, posée sur une feuille verte
Coccinelle destructrice de cochenilles (Cryptolaemus montrouzieri), lâchée en intérieur contre les farineuses. Photo Holger Casselmann, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.
  • Micro-guêpes parasitoïdes : elles pondent dans la cochenille, qui meurt percée d'un trou de sortie1. Celle vendue contre la farineuse des agrumes ne s'attaque qu'à cette espèce2.
  • Coccinelle noire de 2 mm (Chilocorus nigritus) : contre les diaspines de l'orchidée en serre12.
  • Nématode (Steinernema feltiae) : proposé contre les cochenilles à carapace, à réserver à un vrai problème13.
  • Coccinelle du vedalia (Rodolia cardinalis) : l'ennemie historique de la cochenille australienne14.

Éloignez d'abord les fourmis : elles attaquent les auxiliaires. UC IPM conseille une bande collante sur un manchon autour du tronc ou des appâts près des nids1, comme expliqué dans installer une barrière anti-insectes.

Sauver ou jeter la plante ?

Sur une plante d'intérieur très envahie, jeter peut être le bon choix. UC IPM le dit sans détour : quand l'infestation devient sévère, mieux vaut se séparer de la plante que la traiter encore et encore2. Elle conseille aussi de remplacer une espèce qui revient sans cesse à la cochenille1.

Entre les deux, il y a la taille. Coupez les rameaux les plus colonisés quand ils sont peu nombreux1, selon la taille d'assainissement, puis reprenez le protocole sur ce qui reste. Une plante rare ou ancienne mérite l'effort ; une plante courante couverte de colonies met les autres en danger.

Si vous gardez la plante, vérifiez aussi le pot, le tuteur et la soucoupe : UC IPM recommande de jeter tout support où restent des sacs d'œufs2. Au rempotage, la page rempotage d'urgence explique comment changer le terreau sans abîmer les racines.

Questions fréquentes

Le savon noir tue-t-il les cochenilles ?

Il peut tuer les larves mobiles et les jeunes farineuses qu'il mouille, car les savons agissent seulement par contact, sans effet résiduel5. Sur une cochenille à bouclier adulte, protégée par sa coque, il faut gratter d'abord. Pour la dose, les 1 à 2 % (10 à 20 ml par litre) valent pour un savon insecticide étiqueté, à renouveler tous les 4 à 7 jours3. Le savon noir varie d'une marque à l'autre et n'a pas été testé comme insecticide5 : suivez son étiquette et testez sur une feuille avant.

Quel est le meilleur traitement contre la cochenille ?

Celui qui correspond à son type. Farineuse : alcool au coton-tige2. Bouclier ou carapace : grattage puis huile horticole au moment où les larves sortent1. En serre ou en véranda, les auxiliaires prennent le relais une fois la colonie réduite2.

Quel remède de grand-mère contre les cochenilles ?

Le coton-tige imbibé d'alcool reste le plus fiable des gestes maison : UC IPM le retient pour les petites infestations de farineuses sur plantes d'intérieur2. Le vinaigre blanc, souvent cité, n'est recommandé par aucune source : son acide acétique est vendu comme désherbant de contact8. Le liquide vaisselle peut blesser la plante5.

Comment fabriquer un produit naturel contre les cochenilles ?

Le mélange maison le mieux documenté est l'alcool dilué : UC IPM le pulvérise à 10 à 25 % d'alcool, soit environ 150 à 350 ml d'alcool à 70 % complétés d'eau pour un litre, après un test sur une feuille un à deux jours avant2. Pour le savon, l'université du Colorado rappelle que les recettes maison n'ont pas été testées comme les produits étiquetés et déconseille le liquide vaisselle5 : un savon insecticide à 1 à 2 % reste plus sûr3.

L'alcool à 70° abîme-t-il la plante ?

Il peut brûler certaines feuilles. UC IPM conseille de tester la solution sur une petite partie de la plante un à deux jours avant, et d'utiliser une solution plus diluée si besoin2. Rincez à l'eau claire si les bords des feuilles brunissent3.

Comment se débarrasser définitivement des cochenilles ?

En menant la cure jusqu'au bout, puis en lui fermant la porte. Traitez selon le type, chaque semaine, et écrasez quelques cochenilles avant chaque passage : on arrête quand elles restent sèches1. Ensuite, inspectez chaque nouvelle plante, vérifiez pots et tuteurs, écartez les fourmis et dosez l'azote21. La fiche cochenille détaille ces gestes de prévention.

Pourquoi les cochenilles reviennent-elles après le traitement ?

Parce que les œufs, abrités sous le corps ou le bouclier de la mère, éclosent après le passage, et que les produits de contact n'ont aucun effet résiduel15. Une cure arrêtée dès que la plante semble propre laisse repartir la colonie. D'où la répétition chaque semaine et le contrôle des cochenilles écrasées.

Peut-on utiliser des prédateurs naturels à l'intérieur ?

Oui, surtout en véranda ou dans une grande collection. La coccinelle Cryptolaemus montrouzieri se lâche en serre et en intérieur contre les farineuses, à condition que les sacs d'œufs soient nombreux2. Sur une ou deux plantes, le coton-tige reste plus simple.