Ambroisie (Ambrosia artemisiifolia, )



L'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une Asteraceae annuelle originaire d'Amérique du Nord et introduite en France. Elle doit être abordée comme une plante de reconnaissance et de prévention : le pollen est très allergisant, la plante est envahissante, et la lutte relève du Code de la santé publique et des arrêtés préfectoraux.
Lire la suiteAmbroisie à feuilles d'armoise, Ambroisie annuelle, Ambroisie élevée, Petite herbe à poux, Herbe à poux, Common ragweed, Annual ragweed et Short ragweed
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Répartition mondiale
POWO/WCVP et Trefle traitent l'espèce comme native d'Amérique du Nord et introduite en France. En Europe, EPPO la suit comme plante exotique envahissante, tandis qu'en France le Code de la santé publique la classe parmi les espèces dont la prolifération menace la santé humaine.
- Native2
- Introduite4
- Envahissante2
- États-Unis
- Canada
- Corse
- Australie
- Japon
- Afrique du Nord
- France métropolitaine
- Europe
Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).
Identité
L'ambroisie à feuilles d'armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une espèce acceptée du genre Ambrosia, dans la famille des Asteraceae. POWO/Kew et le WCVP rattachent le nom à Linné, 1753, avec une aire native nord-américaine et une vaste aire d'introduction. 1 2
En français, les noms ambroisie, ambroisie annuelle, ambroisie élevée, ambroisie à feuilles d'armoise et petite herbe à poux apparaissent dans Trefle. Les noms anglais common ragweed, annual ragweed et short ragweed décrivent la même plante dans les sources nord-américaines. 3 4
L'ambroisie n'est pas traitée comme une plante de jardin. En France, son intérêt encyclopédique principal est sanitaire et réglementaire : c'est une exotique envahissante dont le pollen est très allergisant et dont la prolifération doit être prévenue ou combattue. 5 6
Reconnaissance
La plante est annuelle, à germination printanière-estivale, et peut former un buisson de plus d'un mètre lorsque l'espace est disponible. Les plantules portent deux cotylédons arrondis, puis des premières feuilles opposées et découpées. 5
Chez l'adulte, le critère le plus utile est le feuillage : feuilles larges, minces, très découpées, du même vert sur les deux faces. Elles sont souvent opposées à la base puis deviennent plus étroites et alternes vers le sommet. La tige est dressée, velue, verte puis parfois rougeâtre avec l'âge. 5 7
Les fleurs mâles et femelles se trouvent sur la même plante. Les fleurs mâles forment de longs épis terminaux, verdâtres à jaune pâle, qui libèrent le pollen. Les fleurs femelles sont plus discrètes, sous les fleurs mâles, à l'aisselle des feuilles ; après fécondation, elles donnent des akènes. 5 4
Taxonomie et noms
Le repère stable est Ambrosia artemisiifolia L. POWO et WCVP acceptent ce nom et rattachent plusieurs synonymes ou rangs infra-spécifiques au même taxon, dont Ambrosia elatior, Ambrosia paniculata et Ambrosia artemisiifolia var. elatior. 1 2
EPPO utilise le code AMBEL pour Ambrosia artemisiifolia. Ce code est utile dans les bases de données phytosanitaires et de plantes exotiques envahissantes, mais il ne remplace pas le nom botanique complet dans un texte destiné au public. 8
Le mot "ambroisie" peut désigner plusieurs espèces en France, notamment A. artemisiifolia, A. trifida et A. psilostachya, toutes surveillées pour leur enjeu sanitaire. Ici, "ambroisie" sans précision renvoie seulement à A. artemisiifolia. 5 6
Habitat et répartition
L'aire native retenue par WCVP et Trefle couvre l'Amérique du Nord. La France, la Corse et de nombreux territoires européens apparaissent dans les aires d'introduction de POWO/Trefle. 1 3
En France, l'Anses décrit Ambrosia artemisiifolia comme introduite, envahissante et présente notamment dans les vallées du Rhône et de la Loire, dans le Sud-Ouest et dans plusieurs zones à forte infestation. Elle se propage par des activités humaines : sols et semences contaminés, machines agricoles, fauchage, transport de terre ou alimentation animale. 9
Les habitats typiques sont des milieux ouverts et perturbés : cultures de tournesol, soja ou maïs, bords de cours d'eau, bords de route, friches, chantiers et terrains remaniés. NC State la décrit aussi comme une adventice de zones cultivées, routes et paysages ouverts. 9 7
Cycle, pollen et graines
L'ambroisie à feuilles d'armoise se reproduit par graines. Après la germination de printemps, la croissance s'accélère en été ; les épis mâles apparaissent en fin de saison et libèrent un pollen abondant. L'Observatoire situe les symptômes polliniques globalement d'août à octobre, avec un pic souvent en septembre. 5 10
Chaque fleur femelle fécondée donne un akène contenant une graine. L'Observatoire décrit des akènes petits, épineux, qui ne se séparent pas de leur enveloppe et germent au printemps après levée de dormance par le froid hivernal. Cette banque de graines impose une surveillance sur plusieurs saisons. 5
La plante adulte peut mourir avec les premiers froids, mais le problème ne disparaît pas avec elle. Les akènes déjà produits peuvent être déplacés par la terre, les eaux, les roues, les outils, les moissons ou les lots de semences. C'est pourquoi la gestion avant floraison et avant fructification compte davantage qu'une coupe tardive. 9 5
Santé humaine et allergie
Le risque sanitaire central est le pollen. L'Observatoire des ambroisies le décrit comme hautement allergisant : quelques grains par mètre cube d'air peuvent suffire chez les personnes sensibles, avec rhinite, conjonctivite, trachéite, asthme, urticaire ou fatigue. 10
L'Anses estime que 1 à 3,5 millions de personnes seraient allergiques à l'ambroisie en France et associe la plante a des coûts de santé importants. Elle relie aussi l'extension future du problème à l'élargissement des zones infestées et à l'augmentation possible des niveaux de pollen. 9
La toxicité reste prudente : les feuilles ne sont pas classées comme poison alimentaire certain pour les animaux domestiques, car la liste ASPCA consultée ne donne pas de ligne A. artemisiifolia. En revanche, pour l'humain, l'exposition àu pollen justifie un niveau d'alerte élevé, surtout pour les personnes déjà allergiques ou asthmatiques. 10
Réglementation et lutte en France
Le Code de la santé publique classe l'ambroisie à feuilles d'armoise, Ambrosia artemisiifolia L., parmi les espèces dont la prolifération constitue une menace pour la santé humaine. Le même article vise aussi A. psilostachya et A. trifida. 6
Les mesures prévues par l'article D1338-2 couvrent la surveillance, la prévention, la gestion des espaces, la destruction des spécimens dans des conditions évitant dissémination et reproduction, la réduction des émissions de pollens et l'information du public. 11
La mise en œuvre locale passe par les arrêtés préfectoraux. Lorsque la présence est constatée ou susceptible de l'être dans un département, le préfet fixe les modalités ; les propriétaires, locataires, exploitants, gestionnaires ou occupants mettent alors en œuvre les mesures dans le délai défini. 12
En pratique éditoriale, cela interdit de présenter l'ambroisie comme une plante à installer. Les conseils utiles sont la reconnaissance, le signalement, l'intervention avant pollen et graines quand elle est possible sans risque allergique, et le respect des consignes locales. 5 12
Confusions, usages et prudence
La confusion la plus fréquente concerne les armoises. L'Observatoire indique que les armoises communes ou de Verlot ont souvent un revers foliaire plus blanc ou tomenteux, alors que les feuilles d'ambroisie restent à peu près du même vert sur les deux faces. L'armoise annuelle peut aussi tromper, mais elle est généralement plus finement découpée et plus odorante au froissement. 13
La tanaisie commune, les cosmos ornementaux, certains bidens et des jeunes plantes de friches peuvent aussi ressembler à l'ambroisie avant floraison. Après floraison, les longs épis mâles de l'ambroisie, la tige velue et le feuillage vert sur les deux faces donnent des indices plus robustes. 13 5
Dans son aire native, les graines peuvent avoir une valeur pour les oiseaux, et NC State signale que les oiseaux les consomment. En France, ce point ne fonde pas un usage de jardin : l'espèce reste traitée ici comme un risque sanitaire, agricole et réglementaire. 4 9
La comestibilité n'est pas retenue. Trefle ne fournit pas de champ alimentaire exploitable pour l'espèce, et les références retenues privilégient toutes la prévention du pollen, des graines et de la dispersion. Aucune consommation, aucun usage médicinal ni aucune conservation volontaire ne sont donc recommandés. 3 10
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Ambrosia artemisiifolia L.
- Observatoire des ambroisies / FREDON France, Qu'est-ce que l'ambroisie ?
- Observatoire des ambroisies / FREDON France, Les risques pour la santé humaine
- Anses, L'ambroisie, une plante envahissante qui pose problème pour la santé et l'agriculture
- Légifrance, Code de la santé publique, article D1338-1
- Légifrance, Code de la santé publique, article D1338-2
- NC State Extension Gardener Plant Toolbox, Ambrosia artemisiifolia
- EPPO-Q-bank, Ambrosia artemisiifolia AMBEL
Questions fréquentes
L'ambroisie à feuilles d'armoise est-elle toxique ?
Aucun toxicité alimentaire certaine pour chiens, chats ou chevaux. Le risque central et bien sourcé est le pollen très allergisant pour l'humain.
Pourquoi ne pas donner de conseil de plantation ?
Parce que l'espèce est exotique envahissante et réglementée en France. La formulation sert à reconnaître, signaler et limiter la dispersion, pas à encourager la culture.
Quand le pollen pose-t-il le plus de problèmes ?
Les sources sanitaires françaises situent l'émission surtout de fin juillet à début octobre, avec des symptômes souvent marqués en août-septembre selon les années et les régions.
Comment la distinguer d'une armoise ?
Retourner la feuille : les armoises communes ou de Verlot ont souvent un revers plus blanc ou tomenteux, alors que l'ambroisie reste à peu près du même vert sur les deux faces.
Que dit la réglementation française ?
Le Code de la santé publique classe Ambrosia artemisiifolia parmi les espèces dont la prolifération menace la santé humaine. Les arrêtés préfectoraux fixent localement les mesures à appliquer.
Faut-il arracher soi-même une ambroisie ?
Seulement hors période pollinique, en petite quantité, avec gants et si l'on n'est pas allergique. En cas de doute, forte infestation ou terrain hors propriété, il faut signaler et suivre les consignes locales.
Plantes similaires
Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.




