Cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana, )



Le cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana), aussi appelé faux-cyprès de Lawson ou Port Orford cedar, est un grand conifère toujours vert de la famille des Cupressaceae, originaire du sud-ouest de l'Oregon et du nord-ouest de la Californie. Introduit en Europe dès 1854, il s'est diversifié en plusieurs centaines de cultivars ornementaux, tandis que ses populations sauvages restent menacées par un champignon pathogène des racines.
Lire la suiteFaux-cyprès de Lawson, Chamaecyparis de Lawson, Port Orford cedar et Lawson's cypress

Répartition mondiale
L'aire native de Chamaecyparis lawsoniana se limite au sud-ouest de l'Oregon et au nord-ouest de la Californie, dans les vallées humides des Klamath Mountains. Introduit en Europe en 1854 par la pépinière Lawson & Son d'Édimbourg, le cyprès de Lawson est ensuite devenu l'un des conifères de haie et de parc les plus plantés du monde tempéré, sans lien avec ses populations sauvages restreintes.
- Native1
- États-Unis
Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).
Identité
Le cyprès de Lawson (Chamaecyparis lawsoniana (A.Murray bis) Oerst., 1864), aussi appelé faux-cyprès de Lawson ou Port Orford cedar, est un grand conifère toujours vert de la famille des Cupressaceae. Le botaniste Andrew Murray l'a décrit une première fois en 1855 sous le nom Cupressus lawsoniana ; l'espèce a rejoint le genre Chamaecyparis en 1864, sous l'autorité qui figure aujourd'hui dans son nom scientifique complet. 1 2
Le nom d'espèce rend hommage à la pépinière Lawson & Son d'Édimbourg, qui a financé la collecte des graines en Oregon et introduit l'arbre en culture dès 1854. Le nom Port Orford cedar, préféré aux États-Unis, désigne exactement le même arbre que le cyprès de Lawson des horticulteurs européens : ce sont deux usages régionaux d'un seul et même nom scientifique. 3
Reconnaissance
Le feuillage reste un repère plus fiable que la silhouette générale, trop proche de celle d'autres conifères de haie : des rameaux aplatis et souples portent des feuilles écailleuses de 3 à 5 mm, disposées en éventails plumeux, souvent teintés de bleu-vert glauque. Froissé, ce feuillage dégage une odeur piquante proche du persil, un test qui suffit à écarter Thuja plicata, à l'odeur plus douce. Sa croissance ajoute un second repère : 20 à 50 ans séparent le semis du port adulte, contre quelques années à peine pour un cyprès de Leyland planté pour la même haie. 4 2
À l'état sauvage, l'arbre atteint couramment 50 m, avec un record mesuré de 81 m en Californie ; en isolé de parc, il dépasse rarement 25 m après plusieurs décennies. L'écorce, gris-argenté puis brun-rougeâtre et fibreuse avec l'âge, peut atteindre 15 à 25 cm d'épaisseur à la base des très vieux sujets, contre 1 à 2 cm chez un arbre de moins de cent ans. 4
Les cônes mâles, rouge sombre au printemps, virent au brun après la libération du pollen ; les cônes femelles, globuleux et verts, mesurent 7 à 14 mm et brunissent à l'automne, six à sept mois après la pollinisation. 4
Taxonomie utile
L'espèce a d'abord été publiée sous le nom Cupressus lawsoniana A.Murray bis en 1855. Le nom scientifique accepté aujourd'hui, Chamaecyparis lawsoniana (A.Murray bis) Oerst., résulte d'une combinaison de 1864. D'autres noms circulent encore dans la littérature ancienne :
- Chamaecyparis lawsonii Parl., variante orthographique de l'épithète
- Retinispora lawsoniana (A.Murray bis) A.V.Bobrov & Melikyan, ancien placement générique
Ce dernier nom rappelle un usage horticole du XIXᵉ siècle qui plaçait certains cyprès dans le genre Retinispora, aujourd'hui abandonné. Le genre Chamaecyparis ne regroupe que cinq espèces acceptées selon Plants of the World Online, à l'inverse d'un genre voisin comme Cupressus, nettement plus fourni : confondre Chamaecyparis lawsoniana avec un autre membre de son propre genre reste donc rare. 1 5
Habitat et répartition
L'aire native se limite au sud-ouest de l'Oregon et au nord-ouest de la Californie, dans les vallées humides des Klamath Mountains, souvent en bordure de cours d'eau et jusqu'à environ 1500 m d'altitude, localement 1700 m dans les monts Siskiyou. 2 4
L'écorce épaisse protège des incendies récurrents et l'espèce se régénère bien sur sol perturbé, mais elle dépend d'une humidité constante du sol : une sécheresse prolongée affaiblit ses défenses racinaires et ouvre la voie au Phytophthora lateralis. Une population ancienne près de Coos Bay, en Oregon, a été détruite par l'exploitation forestière et le feu entre 1867 et 1868, puis de nouveau par le feu et une maladie racinaire en 1936. 3
L'Union internationale pour la conservation de la nature classe l'espèce quasi menacée, en raison du recul continu des populations sauvages face à un pathogène introduit. Hors de son aire native, le cyprès de Lawson reste surtout une essence ornementale plantée en Europe, en Amérique du Nord et en Asie de l'Est. 6
Cycle et reproduction
Espèce monoïque, chaque arbre porte des cônes mâles et femelles séparés sur les mêmes rameaux. La pollinisation a lieu au printemps, portée par le vent ; les cônes femelles mettent six à sept mois à mûrir, du vert au brun violacé, et libèrent alors 2 à 4 graines ailées par écaille. 4
En pépinière, la multiplication de l'espèce type se fait par semis, après une légère stratification froide qui améliore la levée. Les cultivars, sélectionnés pour leur couleur de feuillage ou leur port, se reproduisent uniquement par bouturage ou par greffage, seules méthodes qui garantissent la fidélité du clone. 2
Dans son aire native, l'arbre peut vivre plusieurs siècles : un sujet abattu dans l'Oregon comptait 418 cernes annuels, et un autre relevé sur pied en affichait 1755. Ce sont des durées de vie sans commune mesure avec les haies de cyprès de Lawson taillées en Europe, presque toujours renouvelées bien avant leur maturité biologique. 4
Usages et risques
Le bois, léger mais résistant et imputrescible même après une longue exposition à l'eau de mer, a longtemps porté l'industrie forestière de l'Oregon, jusqu'aux années 1950. Son grain fin, apprécié en lutherie pour les tables d'harmonie de guitare, et son huile parfumée au gingembre, répulsive pour les insectes, en ont aussi fait un bois d'exportation recherché au Japon pour les cercueils, sanctuaires et temples. 4
En horticulture, l'espèce sert surtout de conifère de haie et d'isolé de parc, en plein soleil, sur sol frais et bien drainé, à l'opposé du sol sec et pauvre que réclame une lavande en bordure. Son principal risque n'est pas la toxicité, non documentée pour les animaux ni pour l'humain, mais une maladie : l'oomycète Phytophthora lateralis, introduit accidentellement dans les années 1950, provoque une pourriture racinaire souvent mortelle qui se propage par l'eau, et par la terre transportée sur les pneus et les chaussures. 3 4
Variétés, confusions et plantes proches
Plusieurs centaines de cultivars se distinguent par leur port, leur croissance et la couleur de leur feuillage. Ellwoodii et Ellwood's Gold forment des colonnes étroites, grises ou dorées ; Pembury Blue développe un feuillage bleu-gris soutenu sur un port conique large ; Golden Wonder, colonnaire, peut dépasser 20 m ; Green Globe reste une forme naine arrondie de moins d'un mètre, réservée aux petits jardins. 2
Les confusions fréquentes concernent d'autres conifères à feuillage écailleux :
- Thuja plicata, écorce fine et fibreuse, feuillage plus large et moins piquant à froisser
- Calocedrus decurrens, écorce épaisse orange-brun et feuillage disposé en plans plus massifs
- Cupressus nootkatensis, longtemps confondu sur le marché du bois pour des propriétés voisines
Le feuillage froissé reste un repère plus sûr qu'un simple coup d'œil à l'écorce ou au port : l'odeur piquante du cyprès de Lawson, proche du persil, ne se retrouve pas à l'identique chez ces trois espèces voisines. 4
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Chamaecyparis lawsoniana (A.Murray bis) Oerst.
- Royal Horticultural Society, Chamaecyparis lawsoniana
- NC State Extension, Chamaecyparis lawsoniana (Port Orford Cedar)
- Missouri Botanical Garden, Chamaecyparis lawsoniana
- The Gymnosperm Database, Chamaecyparis lawsoniana description
- INPN / MNHN, Chamaecyparis lawsoniana (A.Murray) Parl., 1866 (cd_nom 90411)
- IUCN Red List of Threatened Species, Chamaecyparis lawsoniana assessment
Questions fréquentes
Le cyprès de Lawson est-il toxique pour les chats ou les chiens ?
Aucune toxicité n'est documentée pour cette espèce chez les chats, les chiens ou l'humain. Le statut reste incertain chez le cheval, faute de données spécifiques publiées.
Pourquoi le feuillage d'une haie de cyprès de Lawson brunit-il par plaques ?
La cause la plus fréquente est une infection par Phytophthora lateralis, un oomycète qui provoque une pourriture racinaire souvent mortelle. La maladie se propage par l'eau et par la terre transportée sur les outils, les bottes ou les pneus.
Comment distinguer le cyprès de Lawson d'un thuya ?
Le repère le plus fiable est l'odeur du feuillage froissé, piquante et proche du persil chez Chamaecyparis lawsoniana, plus douce chez Thuja plicata. L'écorce du thuya est aussi plus fine et moins fibreuse que celle d'un vieux cyprès de Lawson.
Pourquoi l'espèce s'appelle-t-elle Port Orford cedar aux États-Unis et cyprès de Lawson en Europe ?
Ce sont deux usages régionaux du même nom scientifique. Le nom américain rappelle le port de l'Oregon où l'espèce fut documentée, le nom européen honore la pépinière Lawson & Son qui l'a introduite en culture en 1854.
Le cyprès de Lawson est-il menacé à l'état sauvage ?
L'UICN le classe quasi menacé. Ses populations sauvages, naturellement restreintes au sud-ouest de l'Oregon et au nord-ouest de la Californie, reculent face à Phytophthora lateralis, un pathogène introduit accidentellement dans les années 1950.
Quelle taille peut atteindre un cyprès de Lawson adulte ?
À l'état sauvage, l'arbre dépasse couramment 50 m, avec un record mesuré de 81 m en Californie. En isolé de parc ou en haie taillée, il reste presque toujours beaucoup plus petit, entre 12 et 25 m après plusieurs décennies.
Peut-on planter un cyprès de Lawson dans un petit jardin ?
Oui, à condition de choisir un cultivar adapté. Green Globe reste une forme naine de moins d'un mètre, tandis qu'Ellwoodii ou Fletcheri offrent un port colonnaire compact bien plus contenu que l'espèce type.
Plantes similaires
Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.



