Chèvrefeuille des haies (Lonicera xylosteum, )



Le chèvrefeuille des haies (Lonicera xylosteum), aussi appelé camérisier des haies ou chèvrefeuille à balais, est un arbuste caduc de la famille des Caprifoliaceae, indigène dans presque toute l'Europe jusqu'en Sibérie centrale et au nord-est de la Turquie. Il forme des haies champêtres denses sur sol calcaire, avec des fleurs blanches virant au jaune au printemps et des baies rouges brillantes en été. Son bois, parmi les plus durs d'Europe, lui vaut une épithète latine qui évoque littéralement l'os. Ses baies restent toxiques par ingestion pour l'humain comme pour plusieurs animaux.
Lire la suiteChèvrefeuille à balais, Camérisier des haies, Camérisier, Fly honeysuckle et Dwarf honeysuckle
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Répartition mondiale
POWO/WCVP situe l'aire native de Lonicera xylosteum en Europe, à l'exception du pourtour méditerranéen et de l'extrême nord-est, jusqu'en Sibérie centrale (Altaï) et au nord-est de la Turquie. Introduite comme arbuste ornemental en Amérique du Nord, l'espèce s'y est naturalisée dans plusieurs États du nord-est et du Midwest, où elle est jugée potentiellement envahissante et déconseillée au jardin.
- Native6
- Introduite1
- Envahissante1
- France métropolitaine
- Allemagne
- Pologne
- Royaume-Uni
- Russie (Sibérie occidentale)
- Turquie (nord-est)
- Canada
- États-Unis (nord-est et Midwest)
Hexagones: régions sourcées. Points verts: aire native. Statuts d'après POWO (Kew).
Identité
Le chèvrefeuille des haies (Lonicera xylosteum L., 1753), aussi appelé camérisier des haies ou chèvrefeuille à balais, est un arbuste caduc de la famille des Caprifoliaceae. Son épithète xylosteum assemble le grec xylon (bois) et osteon (os) : une allusion au bois jaunâtre, si dur qu'il servait autrefois à fabriquer chevilles, fuseaux et tuyaux de pipe. 1 2
Haut de 1 à 3 m, parfois 4 m en situation favorable, l'arbuste forme un buisson dense à rameaux tétragonaux gris puis brun-rouge. Ses jeunes tiges sont creuses, un repère qui le distingue net du chèvrefeuille noir (Lonicera nigra), à moelle pleine, et du chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica), une espèce introduite aux feuilles glabres. 3 4
Reconnaissance
Les feuilles opposées, ovales à elliptiques, mesurent 3 à 7 cm de long. Leur revers porte une pilosité dense, alors que le dessus ne montre que quelques poils épars, une différence qui se sent au toucher avant de se voir. 2
D'avril à juin, des fleurs tubulaires bilabiées, longues d'environ 1 à 1,5 cm, s'ouvrent par paires à l'aisselle des feuilles. Blanches à l'éclosion, elles jaunissent en vieillissant : ce dégradé permet de repérer plusieurs générations de fleurs sur un même rameau, au même moment. 3 2
Les fruits sont des baies globuleuses rouge vif et brillantes, de 6 à 8 mm de diamètre, soudées par paires à la base. Une forme plus rare, décrite comme xanthocarpa, produit des baies jaunes plutôt que rouges. 4 3
Taxonomie et noms
Le nom accepté par POWO/WCVP reste Lonicera xylosteum L., 1753, dans la famille des Caprifoliaceae. Sa synonymie recense plusieurs formes et variétés décrites séparément, dont Lonicera xylosteum var. xanthocarpa DC. pour les fruits jaunes, et Lonicera xylosteum f. glabrescens Zabel pour un feuillage plus glabre. 1
D'anciens noms scientifiques, aujourd'hui reclassés en synonymie, incluent Caprifolium xylosteum et Chamaecerasus xylosteum. 2
Les noms français chèvrefeuille des haies, chèvrefeuille à balais et camérisier des haies se recoupent partiellement avec ceux d'autres Lonicera, si bien que le binôme latin reste le repère le plus sûr. Le terme camérisier désigne aussi Lonicera caerulea, une espèce aux baies bleues comestibles : la parenté des noms n'a donc rien à voir avec la toxicité de la présente espèce. 5
Habitat et répartition
L'aire native s'étend de l'Europe, à l'exception du pourtour méditerranéen et de l'extrême nord-est, jusqu'en Sibérie centrale (Altaï) et au nord-est de la Turquie, selon POWO/WCVP. 1 Dans cette aire, l'espèce colonise les haies champêtres, les lisières forestières claires et les fourrés sur sol calcaire, en plaine comme en moyenne montagne. 2
Introduite comme arbuste ornemental en Amérique du Nord, Lonicera xylosteum s'y est naturalisée dans plusieurs États du nord-est et du Midwest. Le Missouri Botanical Garden la classe espèce potentiellement envahissante et déconseille sa plantation dans les jardins de la région. 4
Cycle, écologie et culture
Des mouches assurent l'essentiel de la pollinisation, d'où le nom anglais fly honeysuckle. 4 Les baies rouges nourrissent ensuite les oiseaux, qui dispersent les graines sans risque pour eux, malgré la toxicité du fruit pour l'humain. 2
En culture, l'arbuste tolère la craie, l'argile, le limon et le sable, et pousse aussi bien en plein soleil qu'à mi-ombre. Sa rusticité jusqu'à -20 °C dispense de toute protection hivernale au-delà de la première année de plantation. 3 Le chèvrefeuille des haies se multiplie par bouturage de rameaux herbacés en été ou de bois aoûté en automne ; une taille légère, réalisée juste après la floraison, préserve les boutons de l'année suivante. 3
Usages et risques
Autrefois planté en haie champêtre libre, le chèvrefeuille des haies a perdu la faveur des pépiniéristes : sa croissance vigoureuse, ses drageons et sa valeur ornementale limitée une fois la floraison passée expliquent qu'il soit aujourd'hui rarement recommandé pour une haie taillée, où il exige un entretien disproportionné par rapport à d'autres essences. 2 Le chèvrefeuille des haies reste toutefois apprécié en zone urbaine polluée, où sa tolérance à l'air pollué et aux embruns salés justifie qu'on le conserve. 2
Les baies sont toxiques par ingestion : les saponines qu'elles contiennent provoquent des douleurs thoraciques et des troubles digestifs dès cinq baies avalées, et une intoxication sévère (vomissements, fièvre, sueurs froides) après une trentaine. 2 6 Chez le lapin, une poignée de baies suffit à provoquer une paralysie mortelle ; le même risque touche les chevaux, les lièvres et plusieurs rongeurs. 2
Cultivars et confusions
Aucun cultivar horticole n'est aujourd'hui largement commercialisé pour Lonicera xylosteum, à la différence d'espèces proches comme Lonicera caerulea. La seule variation notable reste la forme à fruits jaunes, cataloguée dans la synonymie WCVP sous le nom xanthocarpa ; elle se rencontre à l'état spontané, rarement en pépinière. 1
Sur le terrain, les rameaux creux distinguent Lonicera xylosteum du chèvrefeuille noir (Lonicera nigra), aux baies noires et à la moelle pleine, et les feuilles glabres trahissent le chèvrefeuille de Tartarie (Lonicera tatarica), une espèce introduite. Un troisième piège guette la seule couleur du fruit : la viorne obier (Viburnum opulus), d'une tout autre famille, porte des baies rouges comparables mais des feuilles lobées très différentes du feuillage ovale du chèvrefeuille des haies. 5
Sources principales
- Plants of the World Online / Kew, Lonicera xylosteum L.
- Royal Horticultural Society, Lonicera xylosteum (fly honeysuckle)
- Missouri Botanical Garden, Lonicera xylosteum
- GBIF, Lonicera xylosteum L. species page
- Integrated Taxonomic Information System (ITIS), Lonicera xylosteum L.
- USDA PLANTS Database, Lonicera xylosteum L. (LOXY)
- FDA Poisonous Plant Database, Lonicera xylosteum entry (archived)
- Wikipédia FR, Chèvrefeuille à balais (Lonicera xylosteum)
- Wikipedie CS, Zimolez obecný (Lonicera xylosteum)
Questions fréquentes
Le chèvrefeuille des haies est-il toxique ?
Oui. Ses baies rouges contiennent des saponines toxiques par ingestion pour l'humain, les chevaux, les lièvres et plusieurs rongeurs. Les premiers signes digestifs apparaissent dès cinq baies avalées, une intoxication sévère étant rapportée après une trentaine.
Comment distinguer le chèvrefeuille des haies du chèvrefeuille noir ?
Les jeunes rameaux du chèvrefeuille des haies sont creux, alors que ceux du chèvrefeuille noir (Lonicera nigra) ont une moelle pleine. La couleur du fruit, rouge contre noir à maturité, reste aussi un repère fiable.
Pourquoi les fleurs changent-elles de couleur ?
Les fleurs du chèvrefeuille des haies s'ouvrent blanches puis jaunissent en vieillissant. Ce dégradé permet souvent de repérer plusieurs générations de fleurs sur un même rameau au même moment.
Le chèvrefeuille des haies est-il envahissant ?
Pas en France, où il est indigène. Introduit comme arbuste ornemental en Amérique du Nord, il s'y est naturalisé dans plusieurs États du nord-est et du Midwest, où il est jugé potentiellement envahissant.
Pourquoi cette espèce est-elle peu recommandée en haie taillée aujourd'hui ?
Sa croissance vigoureuse et ses nombreux drageons demandent un entretien important, alors que sa valeur ornementale reste limitée une fois la floraison de printemps passée. D'autres essences de haie exigent moins d'entretien pour un résultat comparable.
D'où vient le nom xylosteum ?
L'épithète vient du grec xylon (bois) et osteon (os), une allusion au bois jaunâtre et extrêmement dur des vieux rameaux, autrefois façonné en petits objets comme des chevilles ou des fuseaux.
Quel sol convient au chèvrefeuille des haies ?
L'espèce tolère la craie, l'argile, le limon ou le sable, avec une préférence pour un sol bien drainé et un pH neutre à calcaire. Elle supporte aussi la pollution urbaine et les embruns salés.
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Données botaniques compilées à partir de sources de référence (RHS, Kew Gardens, POWO). Le contenu de cette fiche est indicatif et ne remplace pas l'avis d'un botaniste ou d'un vétérinaire en cas de doute sur la toxicité.





